SCÈNE IX
Mad. DE PREVAL, JULIE, MARGUE- RITE, JEANNETON, MARIETTE.
ji"ie yjj PREVAL, d'un Ion sévère, à Julie — Eli bien! mademoiselle, tou-
jours à faire des cabrioles! N'avez-vous donc pas assez couru tout aujourd'hui dans le jardin? Fi! vous devriez avoii honte. Je n'ai point connu d'enfant du voire âge si dissipé. {Elle aperçoit Marguerite, (fui s'est un peti éloignée par respect. ) Hé ! hé , n'est-ce pas Marguerite?
MARGUERITE, s'avançaut d'un air respectueux. — Oui, madame, c'est moi.
Vous ne trouverez pas mauvais que je sois venue voir vos filles?
M™" DE PREVAL. — Comment donc!
c'est une véritable fête pour nous. Tu sais bien que je te gronde toujours de ne pas venir assez souvent. Voilà sans doute tes filles, les sœurs de lait des miennes. Connue elles sont grandes et robustes I Cela doit te faire bien du plaisir?
MARGUERITE. — Oh! oui , madame; et puis ce sont de braves enfans , sans les flatter.
M™* OE PREVAL, Ics caressaiit. — Avezvous déjà vu vos sœurs ? Comme Léonor sera contente! autant que moi, j'en suis sûre.
MARGUERITE, aVCC Ull SOUpir. — VOUS
avez eu toujours tant de bonté pour moi, madame , tant de bonté...
M™" DE PREVAL. — Qu'aS-tU dOUC,
Marguerite? Tu ne me parais pas joyeuse? Est-ce que l'on t'aurait manqué chez moi? (Elle regarde Julie.) C'est cette petile fille qui t'aura joué quelque tour.
JULIE. — Moi, maman! Ma bonne nourrice peut vous dire si je ne lui ai pas fait toutes sortes d'amitiés.
M™" DE PREVAL. — Je uc tc crois pas d'un mauvais naturel; mais c'est que, sans y penser , tu lui auras dit quelque chose de désobligeant. Je connais ton caractère.
MARGUERITE. — Oh! uc la grondcz pas, madame, je vous en prie. Nous n'avons pas à nous en plaindre; tant s'en faut! (Elle soupire.)
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M""' DE PREVAL. — AlIoDs, Marguerite, je veux absolument savoir ce que tu as sur le cœur. Est-ce qu'on ne t'aurait pas reçue comme je le désire? Oui , je m'en doute; c'est Julie qui t'aura fâchée: tu cherches vainement à l'excuser. {A Julie.) Quoi donc I mademoiselle, n'apprendrezvous jamais de votre sœur , à être attentive et polie? Oh ! Léonor? je suis bien sûre qu'elle aura été transportée de joie de votre arrivée, qu'elle aura comblé de caresses sa Jeanneton . Voyez-vous? la voici qui revient. Elle ne peut pas vous quitter.