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Une tente contient quinze fantassins où
huit cavaliers.
Les tentes sont disposées en files perpendiculaires au front de bandière , et comme l’on campe par compagnie, tant dans l’infanterie que dans la cavalerie, chaque compagnie de fusiliers ou de cavaliers se forme en une ou deux files.
On prend, pour longueur du front de chaque bataillon ou escadron, l’étendue de la ligue de bataille, ayant aussi l’atten- .tion de laisser en chaque cour Tinteiwalle d’usage. >
- «Un bataillon de 964 hommes ;a par ^exemple, étant composé de huit compa- -gnies, chacune de 117, sous-officiers et soldats, son campement par demi-compagnies, pl . 17* fig. 5 , consiste en seize files de quatre tentes V si ie campement se fait par compagnie, il y aura alors huit files seulement. », , ' ! :r- . ••
«Dans le premier cas, on. aura deux files simples formant les deux flancs, et sept files doubles qui sont établies entre
des deux premières ; dans le second , il j aura deux files simples et trois files doubles. Ces files doubles ou jumelles ont une ruelle qui les sépare, et qui n’a que la largeur indispensable et égale à celle qui ; sépare aussi les tentes entre elles. »
• On cherche, par cet arrangement, à conserver le plus de largeur possible aux grandes rues où doivent se rassembler les troupes avant de se porter sur le front.
« Il est facile de déterminer la largeur des grandes rues; en observant qu’il suffit, pour cela, de retrancher de la longueur du front de bataillon la somme des largeurs des tentes, réunie à celle des largeurs des petites ruelles; le reste, divisé par le nombre de rues que l’on doit r ovoir, -donnera l’ouvertnre de chacune. 1 • » •
Si l’on veut couper par demi-compagnie -un bataillon de 964 hommes, on observera que la largeur de la tente est de 3.90,' l’ouverture des petites rues de a mètres, que la séparation entre deux bataillons est de 16 mètres, on obtiendra fa-
cilement la largeur des grandes rues. Dans* le plus grand nombre de cas, on donne* aux grandes rues une largeur de 10 à i 5 mètres.
On peut resserrer la position en diminuant plus ou moins la largeur des rues.
Si, au contraire, on veut étendre le front' de bataille, et combattre sur deux rangs, ce qui exige moitié en sus du développement en front de bandière, on augmentera la largeur des rues.
Pour le campement d’un escadron , il fout observer que les files ayant un mètre de front, si l’escadron a 48 files, son front a 48 mètres, et pour camper par quart d’escadron, il y aura quatre files (fig. 4 ?
pl. 17) de trois tentes chacune , une tente devant servir é huit cavaliers.
Quant à la profondeur du camp, elle varie d’après la force des compagnies, qui oblige à employer plus ou moins de tentes dans la file.
Pour tracer un camp, on détermine lefront de bandière avec des jalons ou per*-
ches plautées de distance en distance sur la même ligne. On divise cette ligne par parties égales au nombre des corps qui doivent camper, en tenant compte des intervalles qui doivent les séparer.
Quelquefois on n’a pas la possibilité de développer le camp sur une ligne droite,' alors ou donnera à l’intervalle qui se trouve à la brisure une étendue telle que les files ne puissent pas se rencontrer, ni se gêuer en convergeant vers le fond du camp. :
Dans le cas où le terrain ne permettrait pas de se développer sur une ligne, on pourrait en établir plusieurs, en ayant soin qu’il se trouve un intervalle de 5oo mètres; entre le front de l’une et celui de l’autre.
«L’artillerie et ses parcs se placent ordinairement à a ou 3oo mètres en arrière des autres lignes , et à-peu-près vis-à-vis des centres, et les troupes du génie, avec leur parc, s’alignent sur les établissemens de l’artillerie. Le quartier-général et l’étatmajor sont placés à 3 ou 4oo mètres en arrière du camp, ou dans quelque village à
portée, et vers ^e ceotre, si cela est posv sible. ; ...
Dans le campement de l’infanterie ,
Les faisceaux d’armes sont alignés à g mètres en avant;
Les cuisines sont placées à 12 mètres environ en arrière des tentes des soldats; ■
Les adjudants, les sous-officiers et les ouvriers, etc., campent sur un même alignement à i 5 mètres en arrière des cuisines;
Les lieutenans et sous-lieulenans çam-
pent à i 5 mètres en arrière du rang précédent, et vis-à-vis de leurs compagnies ;
Les capitaines campent à i 5 mètres des lieutenans et sous-l ; eutenans.
La ligne de l’état-major du régiment sera en arrière de celle des capitaines, à distance de 20 mètres , et les officiers se placeront comme il suit :
Le colonel vis-à-vis du centre du régiment , ayant à sa droite et à sa gauche le major, le trésorier, le chirurgien;
Les chefs debataillon vis-à-vis le centre de chaque bataillon, ayant à droite l'adjudant-major;
Les drapeaux seront au centre de chaque bataillon, à demi-distance du front au faisceau d’armes;
Le chevalet du piquet à gauche d'un bataillon qui est seul, au centre du régiment, s’il y a deux ou quatre bataillons, et à gauche du second bataillon s'il y en a trois.
Il n'y aura qu'une garde du camp par règitnenl, elle sera placée à 140 mètres en avant des faisceaux, vis-à-vis le centre.
Les tente» des prisonniers ou hommes en punition sont à a mètres en arrière de la garde du camp.
Les latrines pour les sous-officiers et soldats seront vis-à-vis du centre de chaque bataillon , à 1 10 mètres en avant des faisceaux.
Les latrines des officiers serontaussi visà-vis du centre de chaque bataillon; mais
à 3 o mètres en arrière de la ligne de l’étatmajor.
Dans le campement de la cavalerie, il y aura une grande rue pour un demi-escadron ou un escadron, elle aura au moins 12 mètres, afin que l’on puisse y mettre les chevaux au piquet.
Les tentes des sous-officiers seront alignées à 6 mètres en arrière du camp des cavaliers, l’ouverture faisant face au camp.
Il y aura entre deux tentes une distance suffisante (5 à 6“ ) pour y établir le fourrage , et de l’avant-dernière à la dernière cette distance sera double.
Les faisceaux d’armes seront alignés à 9 mètres en avant du front de bandière.
Les cuisines seront alignées à i 4 mètres en arrière des sous-officiers.
Le brigadier-trompette, les chefs ouvriers , etc. , seront à 16 mètres en arrière des cuisines.
Les lieutenans et sous-Iieutenans seront à ifi mètres du rang précédent.
Les adjudans seront vis-à-vis du centre du régiment, dans la ligne précédente.
Les capitaines s'aligneront, à 16 mètres en arrière du lieutenant et sous-lieutenant.
L’état-major du régiment sera à ao mètres en arrière de la ligne des capitaines, savoir:
Le colonel vis-à-vis le centre du régiment, ayant à sa droite et à sa gauche le major, le trésorier et le chirurgien.
Les chefs d’escadron au centre de leurs escadrons, ayant à droite l’adjudantmajor.
La garde de poüce et les prisonniers seront au centre, à demi-distance du front aux faisceaux.
Les étendards seront placés entre la garde de poliee et les faisceaux.
Le chevalet du piquet sera à gauche des étendards, §ur la ligne des faisceaux.
Les latrines des cavaliers seront en avant du centre des escadrons, à 70 mètres :
celles des officiers en arrière du camp, ù 36 mètres vis-à-vis le centre.
Un exercice utile aux militaires, est de supposer un corps quelconque, plus ou moins fort, en commençant par les moins nombreux, et d’établir sur du papier un camp, tantôt sur une étendue donnée, tantôt sur un autre. En s’aidant des figures, il acquerra assez promptement l’habitude de cet arrangement , et pourra ensuite établir facilement les mêmes traces * sur le terrain.
Les camps des bataillons et escadrons se tracent au moyen de trois cordeaux, qui sont fournis aux troupes en même temps que tous les autres objets qui servent au campement, et que, d’après l’usage que l’on en fait, on a appelés le cordeau du front, le cordeau de profondeur et la cordeau perpendiculaire.
« Le cordeau de front est égal en longueur au front du corps , par le moyen de petites pièces d’étoffes de différentes couleurs; on indique sur le cordeau des par-, ties égales au front des tentes, des grandes et petites rues; de manière qu’en tendant
le cordeau sur le front, et plantant de petits piquets aux points de divisions, on a de suite le tracé détaillé du front de bandière, aux points qui correspondent aux milieux des fils des tentes, il est bon de mettre des piquets qui soient distingués des autres, ces points étant les plus importants. 9
• Le cordeau de profondeur est divisé aussi comme le cordeau de front, et ses marques indiquent également les encoignures des tentes, ainsi que leur milieu, dans le sens de la profondeur du camp ; mais il faut le placer sur les axes dès files de tentes, et pour cela fixer à l’avance les directions de ces axes, à l’aide du cordeau de perpendiculaire. »
« Le cordeau de perpendiculaire est un petit équipage, fait de quatre morceaux de corde, dont trois forment un triangle* et dont la quatrième partage la figure endeux triangles égaux, fig. 3, pt. 18. Le côté A B se place sur le front de bandière, en faisant correspondre le milieu E de
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A B, au point où devra se trouver l’extrémité de la première tente d’une file ; un homme tenant l’anneau C, tend les cordes AC, B C ; de sorte que la direction E C est celle de la perpendiculaire ou de l’axe d’une file de tentes. »
Le cordeau de profondeur sert à rapporter et piqueter les divisions et les ali— gnemens des faisceaux, des cuisines, etc., qui sont parallèles au front et qui s’obtiennent en rapportant sur les parallèles, les distances de ces alignemens, au front de bandière et à la queue des tentes des troupes.
Le cordeau métrique est employé quand le cordeau de front ne peut servir à cause de variation dans la ligne de bataille; on mesure avec le terrain et on le divise convenablement. 1
Les équipages étant placés en avant du front des troupes qui doivent camper, chaque chambrée détache deux oü trois hommes pour aller chercher les lentes; I On assemble de suite le mât, les liens
et le faîte , L’on passe la toile par dessus
la traverse ; et plaçant le pied du mât au point indiqué par la grande fiche, il faut attendre, dans cette position, le signal di* roulement qui se fait au moment de dresser toutes les tentes;; alors on élève le mât, en dirigeant le faîte sur l’axe de la . é|e; ,et étendant la toile avec soin, il ne reste plus qu’à, chasser, les piquets ; .et..à . creuser la.pigP^.'ji .un. .. • r-,
Les tentes des hommes en punition ( sont tendues par les sous-officiers de la garde du camp:, auxquels elles sont apportées parla compagnie dont c’est le tour«, ; ;
Pour lever le çaçpp, il faut au ^.ignal donné arracl^r Les .piquets, SOulpiYOi' le mât, déboîter les ;}iens et débarrasser la -toile de la terre attachée au bas. On ahat à la fin du roulement, l’on ôte le mât et le ; foîtfç.» pool* lier en deux la toile la rou- Jerv : en.y enfermant, les couvertures »jS’Uy .ema,;,du reste, rassemblant les bpis.et piquets, le tout est porté aux voiture»; de»
^equipegest * »•!, ■
Baraques.
Quand on manque de tentes, ou qu’un corps d’armée doit occuper long-temps la même position, on loge les soldats dans des baraques.
On donne au camp des baraques la même disposition qu’à celui des tentes.
Une baraque doit être construite de la manière suivante :
Quatre poteaux d’angles assemblés par le haut, par de petites poutrelles, sur le milieu des petits côtés, deux autres poteaux plus élevés pour soutenir le laitage.
Le tout est fermé par des voliges en bois mince, posées à recouvrement, de manière à ne laisser pénétrer ni eau ni vent dans la baraque.
Elle doit avoir les dimensions suivantes.
Pour 16 hommes:
Largeur. .• 5 “,oo c
Longueur. . . :i "6 ,00 -
Hauteur des côtés. . . 2 ,00 *
Hauteur sous le faîtage. . 4 >oo
Grosseur des bois, de. . o ,08 à 0 , 12 e Pour huit hommes :
Largeur. #| 5 ,oo
Longueur. .. . , . .4 >5o . . j Hauteur des côtés. . . î ,5ô
Hauteur de faîte. . . . 5, oo
Quand on manque de planches convenables pour fermer la baraque, on peut employer des claies de branchages, que l’on enduit de terre grasse mêlée de paille.
Dans les terrains secs, on peut creuser le logement, laissant une petite rampe vis-à-vis la porte pour y descendre ; il n’y a alors que le toit en saillies.
La fig. i, pl. i 8 , est le modèle de l’une des baraques construites devant Metz peu- j dant les grands travaux de cette place.
Elle est assemblée sur quatre seuils ou pièces basses; aux quatre angles s’élèvent quatre poteaux, au milieu deux autres poteaux soutenant le faîte : les pignons sont formés par quatre chevrons qui portent le toit. .
ZV.zfi.
Les planches se recouvrent Tune sur l’autre d’environ 8 centimètres.
Les pièces qui entrent dans cette construction sont :
a. Les grands seuils.
b. Les petits seuils.
c. Les poteaux faîtiers.
d. Les poteaux d’angles.
f. Entre-toises.
g. Chevrons.
h. Le revêtement en planches.
k. Le revêtement en planches des côtés.
l. Les planches de la toiture, uh. La porte.
n. Écharpes à la porte.
o. Pentures.
p. Loquet.
r. Lit de camp.
s. Gite sous le chevet.
t. Gite sous le pied.
u. Quatre poteaux sous les gîtes, x. Planches de lit de camp.
Avec un peu d’intelligence, le manque de matériaux n’empêchera pas de cons-
truiredes baraques; on trouvera toujours quelques ressources, quelques moyens de suppléer aux objets qu’il ne serait pas possible de se procurer.
Dans nos dernières grandes campagnes, on n’a pas fait usage de tentes : les armées ont presque toujours bivouaqué. Quelques branchages, de la paille, des planches, servent alors seulement pour abriter la tête du soldat, on allume des feux, deux, trois ou quatre par compagnie.
Si l’on a un peu de temps, on fait des huttes qui ont une forme déterminée par les matériaux qui servent à les construire , et par le goût des hommes qui les font.
On suit encore, pour la disposition des bivouacs, celle du campement ordinaire, en étendant un peu davantage le front.