CASERNEMENT
Dans les places de guerre et dans les filles qui ont une garnison permanente,
Iè service du casernement des troupes cst ; partagé entre les lieutenans de roi , les officiers du génie et les intendans militaires.
Le3 premiers sont chargés de la police militaire des bâtimens occupés par la troupe.
Les officiers du génie sont chargés de la police administrative des bâtimens militaires , conjointement avec l’intendant militaire ; de proposer et de faire exécuter tous les travaux qui ont pour objet la construction, les réparations et l’entretien des bâtimens militaires; de la garde et de la surveillance exclusive des bâtimens militaires non occupés ou sans destination spéciale : de la fourniture et de la conservation des parties de l’ameublement des bâtimens servant au logement des troupes , qui sont placés dans leurs attributions.
Les intendans militaires sont chargés de la police administrative des bâtimens militaires, d’assigner les logemens des corps dans les bâtimens qui leur sont affectés,
de tout ce qui concerne la passation et
l’exécution des baux des bâtimens pris à loyer , <\ défaut de bâlimens militaires : du placement et de k conservation des effets de casernement, autres que ceux d'ameublement, qui sont dansles attributions du génie.
La garde et la conservation des bâti— mens militaires est confiée à des concierges , nommés par le ministre de la guerre et logés près de l'entrée du bâtiment.
Ceservice bien organisé dans les places, ne peut occuper en aucune façon les militaires attachés aux diflférens corps de l’arinée,si l’on en excepte le porte-drapeau, qui est le plus ordinairement chargé du détail du casernement de son régiment et doit être ainsi en rapport avec le génie et l’intendant militaire.
Mais il est des cas où la disposition , la division, l’ameublement etc., d’un batiment devant servir temporairement de caserne soit dirigé par un officier étranger auxcorps spéciaux, ainsi en campagne, un régiment peut être désigné pour occuper une ville pendant un assez long espace
de temps, pour qu’il soit utile de lui donner un casernement régulier, dans un ancien couvent, une grande fabrique ou tout autre bâtiment suceplible de cette destination-
Le militaire chargé de cette opération doit d’abord prendre une connaissance parfaite du bâtiment qui doit servir de logement , et connaître le nombre d’hommes qu’il peut contenir et celui qui doit y être logé, afin de resserrer ou d’élargir les emplacemens.
Si les officiers doivent loger dans la caserne on dans un pavillon attenant, il faut observer autant que possible qu’un capitaine a droit à une chambre et un cabinet, un lieutenant ou sous-lieutenant , une chambre et un cabinet pour deux, l’adjudant-major une chambre et un cabinet, le plus possible à proximité des troupes, l’adjudant sous -officier une chambre dans la caserne.
Les sergens-majors ou maréchaux-deslogis-chels, une chambre â deux lits, ainsi
que pour chaque sergent-major et son fourrier.
Le vaguemestre une chambre. .
Les sergens ou maréchaux-des-logis r une chambre pour ceux de chaque compagnie.
Les caporaux ou brigadier» logent avec les hommes de leur escouade.
Le tambour-major ou trompette-major une chambre.
Les caporaux-tambours , une chambre.
Les tambours et cornets ou trompettes, seront logés avec les soldats de leurs compagnies.
Le maître de musique et les musiciens, deux chambres , celle du maître sert de salle de répétition.
Le maître tailleur, deux chambres dont une servira d’atelier.
Le maître armurier ou éperonnier, idem.
Le maître sellier, idem.
Le maître cordonnier ou bottier, idem.
L’artiste vétérinaire, une chambre et un cabinet pour son aide, ou deux chambres.
11 faut encore, pour uu régiment d’infanterie ou de cavalerie :
Un magasin d’habillement,
Une salle d’enseignement,
Une forge d’armurier.
Pour la cavalerie :
Un magasin de harnachement et une forge de maréchal.
Par escadron :
Un magasin à fourrage et une sellerie.
Il faut avoir soin de ne pas mettre trop d’hommes dans une même chambre ; il est important pour la santé des soldats que leur nombre soit en rapport avec le cube d’air que peut contenir la chambre qui doit les recevoir.
Les chambres les plus saines sont celles qui sont traversées par des courons d’air, ou qui ont des croisées ouvertes vis-à-vis les unes des autres. Il faut , autant que cela est possible, pratiquer des ouvertures quand les chambres sont trop closes.
Supposons que la chambre, tracée sur la planche 19, doive être habitée parla
troupe , elle contiendra cinq lits ou conchettes à une place C.C.C.
Chaque couchette doit être adossée , autant que possible, A un mur, mais sans les toucher.
L’intervalle entre deux couchettes doit être de o.5o au plus.
On établira, à la tête des couchettes, des tablettes pour recevoir le bagage des hommes.
Pour l’infanterie , la tablette D.D. doit avoir o,3a de largeur; elle, est continue au-dessus des lits et de leurs intervalles, et placée à 1.90 du sol; elle est supportée par des corbeaux en fer D. bis, et, à leur défaut, par des consoles ou chevilles en bois.
Pour la cavalerie, on place au-dessous de cette tablette ( réduite à o.a4 de largeur) et à 1.40 du sol, une seconde tablette de o.3a de largeur, et discontinue dans l’intervalle des couchettes.
Dans l’espace qui sépare deux lits sont scellées dans le mur, à i.?5 du sol, deux
chevilles à butin, en fer J., ou en bois, avec bouton R., pour accrocher les sabres et les gibernes. Sous la tablette, on rive des clous à crochets, I, quatre ou six par hommes, pour y placer les souliers, la semelle en dehors.
Les brides sont accrochées ù des barres ou tringles poriaut des chevilles ou des crochets en ter. '
• Les bottes sont accrochées, au-dessous des brides, à d’autres barres ou tringles portant également des chevilles ou des crochets en fer.
Les porte-brides et porte-bottes doivent être placés, autant que possible, sur les côtés de la chambre où il n’y a pas de couchettes.
Dans chaque chambre il y aura un porte-arme E , place , si cela est possible , près de la porte d’entrée, afin que les hommes puissent prendre leurs fusils en sortant; il sera élevé à 1.00 au moins aodessus du sol, et établi de manière à tenir les armes dans une position verticale, et
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légèrement penchées en avant : chaque mètre courant contient dix fusils.
Il est fourni, dans chaque chambrée, à raison de seize hommes de l'effectif, une table de deux mètres G, et de 0.70 de largeur.
Deux bancs H. H., aussi de deux mètres, une planche à pain F., de deux mètjres de longueur sur 0.60 de largeur, élevée à deux mètres au-dessus du sol, et supportée par les barres ou tirans de bois et de fer F. bis. .
Dans les chambres de sous-officiers, un double rang de tablettes, uu porte-arme pour dix fusils, et un développement de tablettes qu’on accorde pour vingt hommes.
Il doit être établi , dans chaque quartier et caserne , lorsque les localités le permettent, et toujours au rez-de-chaussée, des cuisines séparées, munies de fourneaux d’un modèle déterminé, et modifié d’après le chauffage employé dans les diverses contrées.
Tons les autres logemens , magasins et ateliers seront disposés le mieux que le permettront les localités (îj.
Les corps- de-garde sont garnis de lits de camp, tables, bancs, tablettes, planches à pain, planches à consigne et portearmes , en. raison du nombre d’hommes qu’ils doivent contenir.
• Des Ecuries .
Les écuries sont disposées de manière que , lorsque les chevaux ont la tête au mur, le jour 11e leur vienne pas de côté; les baies des fenêtres sont fermées par des croisées, garnies d’un double châssis à vitres pour l’hiver et à canevas pour l’été.
Les portes et fenêtres des écuries doivent toujours être ouvertes, excepté dans les grands froids ou dans les grandes chaleurs, quand le soleil pourra y pénétrer.
Il est fourni une chaîne à chaque porte,
(1) Voir, pour plus de détail, le réglement sur le casernement des troupes, du 2».', août 1824.
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et des anneaux de pansage sont attachés en dehors des écuries.
Il est accordé 1.00 courant de mangeoire pour chaque cheval. .
La mangeoire doit être éloignée de o. i 5 du mur, et le chevron bas qui forme le râtelier de o.io, afin que la poussière du foin et de la paille puisse tomber à terre.
L’écartement du chevron du haut doit être à 0.40 dans œuvre du mur contre lequel est appuyé le râtelier.
Les mangeoires sont garnies par-devant en forte tôle, et supportent aussi des anneaux de pansage.
Les écuries à deux rangs ne peuvent avoir moins de 8 . 3 o de large et moins de 3 . 5 o du sol au plancher. Ces dimensions seront portées à 5 mètres sous plancher et à 10 mètres de largeur dans œuvre lorsque les localités le permettront.
Voici le détail des ustensiles d’écuries :
Civières, deux par escadron ;
Seaux, quatre idem ;
Baquets, deux idem ;
Augets, deux iderri;
Vannettes, deux idem;
Mesures h avoine, deux idem ;
Coffres à avoine sur des dés en pierre, et munis d’un cadenas, un par escadron
Barres, billots, d’après la capacité de l’écurie;
Planche à consignes, une par écurie;
Planchettes pour inscrire les noms des chevaux.
Chaque grenier à foin doit être divisé, autant que faire se peut, par escadron.
Dans tous les quartiers de cavalerie sont établis, lorsque l’étendue et la distribution des bâtimens s’y prêtent , trois écuriesinfirmeries séparées : une pour les chevaux attaqués de maladies contagieuses, et une pour ceux attaqués de maladies non contagieuses, et une pour les chevaux blessés ou éclopés.
Les fumiers ne doivent jamais être déposés près des portes , ni appuyés aux murs des écuries ; ils doivent être enlevés au moins tous les huit jours
Lorsque les localités le permettent, cha-
que escadron doit avoir une sellerie séparée, voisine de l’écurie occupée par les chevaux dudit escadron : les selles et harnachemens y sont placés sur des porteselles à chapiteaux , à raison de quatre selles par montant ; mais , lorsqu’il est possible d’établir des selleries dans les corri- ' dors et surles paliers d’escaliers, il devient inutile de fournir des locaux particuliers pour cet objet.