GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
Nous ne considérons ici la géographie physique que sous les rapports qui la rendent utile aux opérations de la guerre ; ainsi nous ne nous occuperons pas des causes ou des révolutions naturelles qui Ont déterminé les formes actuelles des
continens, mais nous décrirons ces formes telles qu’elles se présentent à nos yeux.
Deux grands accidens principaux doivent fixer l’attention , les élévations de terrain et les cours d’eaux, parce qu’ils offrent ou des positions avantageuses, ou des difficultés dangereuses pour la station ou la marche des armées.
On peut diviser la surface d’un pays ou d’une contrée en bassins , et cette division
est la seule qui convienne à la géographie physique.
Un bassin naturel a ordinairement une surface de forme alongée. On le désigne par le nom du cours d’eau principal qui le traverse , et qui se perd dans une mer : on dit le bassin de la Seine, le bassin du Rhône.
Un bassin se compose d’un fleuve ou d’une grande rivière et de tous ses affluens, rivières et ruisseaux. Il est limité par les points qui se trouvent au-delà et plus haut que les sources de tous ces affluens, et qui les séparent d’autres cours d’eaux se dirigeant dans un sens contraire.
La réunion de tous ces points A. B. C.
D. E. F. G. H. I., planche I ie , forme donc la limite du bassin et est appelée ligne de
partage . . ‘ ,
La ligne de partage des bassins est quelquefois une chaîne de montagnes ou de collines, mais souvent aussi elle est formée par un soulèvement de terrain presqu’imperceptible. Elle n’est interrompue
que par la mer dans laquelle le cours d’eau principal a son embouchure, aux points J et R, de la planche I, par exemple , qui sont le plus ordinairement des Caps.
Un bassin principal se divise en bassins secondaires qui contiennent les aflluens, et ces derniers se subdivisent en autant de petits bassins qu’il y a de cours d’eaux ou de ruisseaux dans la contrée qu’ils embrassent, puisque tous ces cours d’eaux sont toujours séparés les uns des autres par des lignes de partage.