‹ Le livre de guerre ou instruction elementaire sur les differentes parties de l'art de la guerre... par. A. M. PerrotChapitre 3 sur 26 · DES EAUX · texte numérisé non relu

DES EAUX

La ligne de plus grande pente d’un grand bassin naturel est le lit du principal cours d’eau (F.-L. , pl. I.), on lui donne le nom de Thalweg. Les autres lignes de plus grande pente viennent concourir vers celleci et se rencontrent toujours ou plutôt s’osculent sur le thalweg.

Un cours d’eau en reçoit d’autres sur la rive droite et sur la rive gauche. On les

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nomme ses premiers afjl tiens, ou ses afflue ns du premier ordre.

Les affluens en reçoivent à leur tour de moins considérables qu’eux, qui sont des affluens du second ordre ; les affluens du second ordre reçoivent les affluens du troisième ordre, ceux du troisième en reçoivent du quatrième, et ainsi de suite jusqu’aux plus petits ruisseaux.

Un affluent d’un ordre quelconque est doue toujours le thalweg d’un bassin particulier.

L’ensemble d’un grand bassin naturel ainsi déterminé, examinons ses détails :

Sources . Les sources ou fontaines sont formées par ^accumulation de l’eau infiltrée sur le sommet des montagnes ou sur la surface des plateaux; cette eau sortie plus ordinairement par une ouverture pratiquée sur le versant ou la pente d’une colline ou d’un rocher.

Les sources sont, jaillissantes, chaudes ou froides, naturelles ou minérales , intermittentes ou périodiques.

Ruisseaux. Ils sont formés par les eaux des sources, des glaciers ou des torrens, ils offrent un volume d’eau peu considérable, un cours d’une médiocre étendue , et peu de pente. Ils fournissent un moteur puissant aux usines de tout genre, et peuvent être employés avantageusement pour l’inondation de quelques parties de terrains, et pour défendre l’approche de quelques ouvrages militaires.

Torrens. Cours d’eaux peu étendus et toujours rapides, formant quelquefois des cascades. Ils sont produits par des crues subites, remplacées souvent par une sécheresse absolue ; ils s’élargissent dans les plaines et y forment des amas considérables de sédimens et de galets qu’ils ont détachés des lieux élevés.

Dans les pays montagneux, les rivières sont presque toujours des torrens.

Rivières. Les ruisseaux et les torrens se réunissent dans un bassin commun, leurs eaux se confondent et coulent dans un seul lit qui prend le nom de rivière.

On ne donne le nom de rivière qu’aux cours d’eaux assez considérables pour servir au flottage ou à la navigation.

Une rivière se jette d^ns une autre rivière ou dans un fleuve..

Le point où se réunissent deux rivières, ou une rivière et un fleuve est -appelé

confluent. ■ ,

Fleuve . Un fleuve est un grand cours

d’eau formé par la réunion de plusieurs rivières, il se perd dans la mer par une embouchure. /

Les fleuves ou les rivières ont plusieurs parties qu’il est important de déterminer et d’observer.

Le Lit est la partie la plus basse du bassin qui contient le cours d’eau , les deux côtés du lit sont nommés Rives ou Bords ( Rive droite et rive gauche en partant de la source ).

Les rives sont basses et unies, et alors le cours d’eau est sujet à des débordcmens ; elles sont abruptes ou escarpées et s’appellent Berges.

Pentes. La pente des cours d’eaux varie beaucoup, non-seulement dans leur étendue, mais souvent dans des espaces trèscourts : elle est subordonnée à la forme et à la nature du terrain. Celte pente détermine les eaux à couler des parties élevées vers les parties basses ; quelquefois elle n’existe pas, et cependant le courant n’est pas ralenti d’une manière sensible ; ce qui estdû à la pression que les eauxexercent, à l’impulsion donnée à la masse par les pentes supérieures, et au terrain moins élevé des parties inférieures; l’on peut dire en principe , que l’inclinaison moyenne de la pente générale du terrain , détermine la vitesse moyenne du courant. . . .

La rapidité des cours d’eau a beaucoup d’influence sur les opérations militaires , soit qu’on doive effectuer un passage sur des barques, soit qu’on doive établir des ponts provisoires. Il faut aussi observer les profondeurs du lit qui sont très-variables, suivant les localités.

Cataractes et cascades . Les eaux courantes

s’élancent quelquefois des terrains élevés sur des terrains inférieurs. Si la chute appartient à un ruisseau ou à une petite rivière, c’est une cascade ; si elle provient d’un^-graud cours d’eau ou d’un fleuve , c’est une cataracte ou un saut. Ces accidens naturels offrent des obstacles à la navigation, et peuvent, daus certains cas, protéger des positions militaires.

Rapides. Un terrain fortement incliné détermine une grande vitesse dans le cours d’une rivière, et sur un espace plus ou moins étendu. Ces accidens peuvent aussi être employés avantageusement dans plusieurs cas. Ils offrent un obstacle le plus souvent insurmontable à la navigation.

Débordemens. Des causes nombreuses augmentent ou diminuent le volume des eaux courantes , et les font sortir quelquefois tout à coup de leur lit.

Ces crues sont produites par des plqies abondantes, par la fonte des neiges, et quelquefois par des orages. Elles sont périodiques ou irrégulières. 11 e3t important.

quand on explore militairement un pays , de connaître les causes et les époques des débordemens.

Gués, On trouve , dans beaucoup de points de certains cours d’eau , des endroits où leurs lits ont peu de profondeur, soit à cause de leur élargissement , soit à cause du peu de rapidité des eaux, soit enfin par la formation de bancs de sables, qui permettent d’effectuer le passage des rivières sans le secours de ponts ou de barques. La connaissance de la situation et de la nature des gués est de la plus grande importance pour les. opérations de la guerre.

Lacs . On a donné le nom de lacs à des amas d’eau non courante , réunis dans de petits bassins isolés au milieu des terres.

Us ont en général plus de longueur que de largeur (N. PI. I.).

Etangs. Ils ne diffèrent des lacs que parce qu’ils doivent, le plus souvent, leur existence aux travaux des hommes, et qu’ils ont moins d’étendue.

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Leur forme est communément triangulaire, et ils se trouvent sur des cours d’eau peu considérables. (O. PI. I.)

Marais. Amas d’eau stagnante, peu profonde, qui s’évapore en entier, ou presque en entier, à des époques de l’année, et dont le fond ne se dessèche presque jamais complètement. Il y croît des roseaux et autres hauts herbages.

Les lacs, les étangs et les marais peuvent- souvent servir de retranchement ou de points d’appui pour des positions militaires.

Au lieu de se servir des lignes de partage pour diviser la surface d’une contrée, on pourrait prendre les grands cours d’eaux ou thalweg. On aurait alors, au lieu de bassins , des masses dont le centre serait une chaîne de montagnes, ou un plateau élevé s’abaissant de tous côtés, et ayant le plus communément la forme d’une presqu’île.

Cette division peut être employée avec avantage , lorsqu’il s’agit de la description

(l’un terrain de peu d’étendue sur lequel doit être établie quelque position militaire. Les cours d’eau peuvent être considérés alors comme des fossés et des lignes dé défense.

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