‹ Le livre de guerre ou instruction elementaire sur les differentes parties de l'art de la guerre... par. A. M. PerrotChapitre 23 sur 26 · LAVIS DES PLANS · texte numérisé non relu

LAVIS DES PLANS

Les couleurs que l’on emploie pour le

lavis des plans sont r pl. 27:

A l’encre de la Chine

noir.

B le carmin

r^uge.

C l’indigo

bleue.

D la gomme-gutte

jaune.

La sepia E sera ajoutée avec avantage à ces couleurs premières.

Pour les minutes topographiques, les plans faits à la guerre , et qu^ demandent une exécution très-prompte, on a adopté en France des teintes de convention, qui indiquent la nature du terrain et des cultures. Pour ce lavis, on emploie des couleurs délayées séparément au plus haut degré de forcé qu’elles puissent atteindre, sans cesser d’être liquides; elles sont indiquées ci-dessous; dans la composition des teintes, on a pris pour base ou mesure, la quantité de couleur que contient un pinceau plein; celte quantité a été nommée partie. Ainsi:

Les terres entièrement cultivées sont laissées blanches, des quadrilataires ponctués indiquent les pièces de terres labourées , Jig. i,pl. 27.

Terres labourées pour tes pays de monta nés 9 fig. 2 ,

Une teinte platle brune.

Trois parties de gomme-gutte, une partie de carmin, un quart de partie d’encre de la Chine, et huit parties d’eau.

Vignes , fig. 3.

Brun-rouge.

Une partie de gomme-gutte, une de carmin, un quart de partie d’encre de la Chine, et huit parties d’eau.

Comme cette teinte, quoique beaucoup plus rouge que les précédentes , pourrait, dans quelques cas , se confondre avec elles, on couvre celte teinte de vignes de petits points en quinconce qui indiquent les ceçs et échalas,^. 4.

Prairies , fig. 5.

Vert d’herbè.

Trois parties de gomme-gutte, une partie d’indigo, et hpit à dix parties d’eau.

V ergers , fig. 6.

Vert d’herbe léger, ou terre d’ombfe.

La même teinte que pour les prairies.

Réduite à initié de sont on, ou une partie de vert ci-dessus et cinq à six parties d’eau, la teinte de terre d’ombre est la môme que pour les terres labourées dans les montagnes.

Dans quelques pays, et surtout dans ceux des montagnes, beaucoup de vergers sont labourés; alors on mettra sur le fond de ceux-ci la couleur des terres labourées dans les montagnes; mais pour ceux qui se trouvent aussi labourés dans les pays entièrement cultivés le fond restera blanc.

Friches , fi g. 7.

Panaché de vert pistache et d’aurore léger.

Meme vert que celui des fonds de vergers, auquel on ajoutera un peu de gomme-gutte pour lui donner la couleur pistache ; l’aurore léger est composé d’une partie de gomme-gutte, tfois huitièmes de parties de carmin, et doGze parties d’eau.

Forêts et bois , fig. 8.

Jaune jonquille.

Une partie de gomme gutte, et sept à huit parties d’eau. •

Broussailles, fi g. 9.

Panachés de jaune paille et vert léger.

Le jaune paille, une partie de gommegutte et quatorze <\ seize parties d’eau.

Le’ vert, léger est le même que celui des fonds de vergers auquel on ajoute un peu de bleu.

Bruyères, fig. 10.

Panachés de vert et rose.

Pour le vert, la même teinte que celle des fonds de vergers, à laquelle on ajoute un peu de bleu.

Le rose, une nartie de carmin et douze parties d’eau.

Landes, fig. 1 1 .

Vert olive et aurore. • •

Le vert olive, une partie de gomme gutte, demi-partie de bleu indigo.

Pourl’aurore, une demi-partie de teinte rose ci-dessus, une partie de gomme gutte.

La teinte aurore sert à indiquer les flaques de sables qui se trouvent dans les *

Landes , telles qu’on les voit fi g. a. Ces flaques sont couvertes d’eau pendant l’hiver. ' .

Sables, jig. 12. *

Aurore.

Deux parties de gomme-gutte, 3 quarts de parties de carmin, et dix parties d’eau.

Cette teinte étant devenue sèche et dans toute la force, on la délaiera avec quatre ou cinq parties d’eau, et l’on s'en servira pour renforcer les bancs de sable, en l’adoucissant vers le milieu, et pour pointiller les lignes de sable.

Vase, Boue ,fig. i3.

Une partie de gomme-gutte, un tiers de partie d’encre de la Chine, un peu.de carmin et de bleu, ( à la pointe du pin- # ceàu seulement ); et 20 à 24 parties d’eau.

On fera de même pour la vase que pour les sables, mais on ne pointillera pas.

Terres humides, Jig. i4*

Panachés horizontalement, de vert et de bleu.

% Le même vert que celui des prairies et

pour le bleu, une parlée d’indigo , et huit à dix parties d’eau.

Marais , fig. i5.

Vect d’herbe et bleu léger.

Le môme vert que ci-dessus, le bleu:

léger, une partie d’indigo et dix-huit à vingt parties d’eau.

Les flaques d’eau , après la teinte plate indiquée ci-dessus, seront ondulées horizontalement,, avec le bleu décrit pour les terres humides. - f

Étangs , rivières , fleuves, lacs.

Bleu léger.

Comme ci-dessus, une parlie d'indigo et dix-huit à vingt parties d’eau. »

Après avoif mis la teinta plate bleu léger dans les étangs, les rivières, les fleuves et les lacs, on renforcera les bords du côté de l’ombre avec une teinte bleue, deux parties d’indigo, dix-huit parties d’eau, qu’on appliquera, le long des bords, d’une largeur convenable à l’étendtie de l’objet, et qu’on adoucira vers le milieu.

On fera la même opération le long des-

bords du coté du j^ur, avec une teinte A peu près à moitié plus faible, plus étroite, et également fondue vers le milieu.

Les étangs, fig. 16, seront ondulés horizontalement, plus fort du côté de l’ombre, et légèrement du côté du jour.

Les fleuves , rivières et les lacs , fig. 17, seront filés avec du bleu , une partie d’indigo et dix-huit parties d’eau , le long et parallèlement à leurs bords, en diminuant de force Tes filets et en les écartant davantage , à mesure qu’on s’éloigne des bords vers le milieu, pour le côté de l’ombre; celui 'du jour sera filé de même avec une teinte plus légère.

. Mers. Vert d’eau, fig. 18.

Une partie d’indigo, et demi-partie de gomme gutte, et vingt à vingt-quatre parties d’eau.

Après la teinte plate, on renforcera aussi les bords de la côte par une même teinte plus forte; une partie d’indigo, demi-partie de gomme - gutte et dix-huit à vingt parties d’eau , et d’une largeur d’environ

un centimètre, en observant de ne pas l’appliquer tout contre le bord, mais à une distance d’un millimètre , et on l’adoucira vers le large ensuite pour imiter lesvagues. On fera avec cette même teinte des sillons courts et tremblés, un peu courbés et cependant parallèles à la côte, en les diminuant de force, et en les écartant à mesure qu’on s’éloignera de la côte vers le large.

Notre planche 27 indique les teintes conventionnelles, et peut servir de modèle pour les composer; car un peu de pratique apprendra à les faire semblables, sans employer les quantités indiquées ci-dessus, et qu’il est difficile de bien diviser.

Cette méthode de rendre une carte intelligible est la plus expéditive et la plus claire ; mais comme il y a des cas où l’on n’a pas de couleurs à sa disposition, alors on dessinera les forains elles cultures à la plume, largement et avec légèreté. Les figures des planches, 26‘et 28, indiquent

cette manière, qui est aussi très-expéditive. . ■

Nous croyons cependant utile d’entrer dans quelques détails sur le dessin à la plume de la topographie.

Quoique les plumes de corbeau soient les plus généralement employées, il faut prendre l’habitude de se servir de bouts d’ailes, que l’on trouve partout, et qui peuvent être taillés très-fins.

Les montagnes seront traitées par des hachures, à la plume ou au crayon, comme nous l’avons indiqué à l’article des lignes de plus grandes pentes dans le figuré du terrain, pl. 26, fig. 6. 7 et 8.

Les ombres portées des roches sont indiquées par des hachures courtes, et plus ou moins serrées et larges, suivant que les anfractuosités sont profondes et opposées aux rayons lumineux.

Les terres labourées sont couvertes de sillons ou lignes interrompues, en pointes alongées et un peu tremblées. Une trop grande régularité serait défavorable à l’ef-

fet général de la carte, et lui donnerait de la dureté.

Les côtés de la pièce deterre labourée opposés au jour seront forcés par un double trait, fig. i, pl. 28 et 24» pl. 26.

Un pointillé irrégulier, représentant les herbages et quelques arbres et arbustes en plans, indiqueront les friches , fig. 2.

Pour les bruyères , fig. 3, 011 fera d’abord un pointillé régulier, et ensuite on chargera irrégulièrement quelques parties qui se détacheront ainsi sur le fond.

XJn pointillé uni couvrira les prairies , 6g. 4- • ' .

Les landes auront la même disposition que dans le lavis; les flaques de sables en points fins et serrés de plus en plus,,ù mesure qu’il s’approchent des côtés ombrés les parties de verdure en points un peu alongés, et aussi forcés du côté de l’ombre, pour leur donner le relief convenable ; fig. 5.

Forêts et bois. C’est le même feuillé et la même disposition de masses que nousavons

indiqués atix premiers élémens du dessin topographique, pag. 228 et fig. 1 9 et 2 » , ainsi que ceux qui se trouvent pl. 28, fig. 6.

Les arbres isolés se font comme les petites touffes de bois; il faut que l’ombre portée en soit un peu détachée pour leur dojaner plus de relief , fig. 6.

Les vergers , les vignes et houblons se font comme les arbres détachés, mais rangés en quinconce, fig. 25 , pl. 26./?^. 4 5/^27.

Jardins , se traitent comme les terres labourées, mais plus finement.

Les fleuves , rivières 'et lacs seront filés à la plume, fig. 7 et 8.

- Les étangs seront hachés horizontalement, avec finesse et légèreté; on doublera les tailles du côté de l’ombre , et on jettera irrégulièrement quelques entre-tailles sur la surface , fig. 9.

Dans les marais les parties de verdure sont d’abord couvertes de pointillé comme « les prairies; on les relève d’une manière un peu ferme par -des traits et de petites

tailles verticales, qui les erilètent au-dessus des eaux , fig. 10.

Les eaux doivent être hachées comme celles des étangs ; on y ajoutera quelques herbages, fig. 10.

Un travail moins tranché et plus doux -v indiquera les terres humides.

Les parties de terrains inondés seront traitées, pour tous les détails, comme iî est dit ci-dessus ; mais ces détails, plus légèrement exprimés, seront recouverts par,

un filé semblable à celui des lacs.

Les sables seront représenté^ par un pointillé rond, fin et serré, surtout sur les bords opposés au jour, fig. 27, pi; 26

Les massifs de maisons seront touchés obliquement £t finement, fig. 1 1. Cepen- • danbil vaut mieux, quand cela est possible , les couvrir d’unç teinte rouge, forcée du côté de l’ombre, fig, 12.

Dans les cartes militaires, il est imper* tant d’employer des couleurs tranchantes pour indiquer d’une manière claire et

frappante les Corps de troupes. fc bleu de cobalt ou la cendre bleue , le minium, la cendre verte , sont des couleurs convenables, fig. l3.

îîous n’insistërons pas beaucoup sur les signes Conventionnels adoptés pour les cartes militaires , on les retiÿidra facile^ * » ment. Les plus importans sont :

lies tours, fig. 14 ; ferme, fig. i5; au- » berge, fig. 16; cabaret, fig. 17; moulin à vent, fig. 18 et 19; point trigonoïnétrique fig. 20; église isolée, fig. 21 ; télégraphe, fig.* 22; pyramide, fig. 25 ; fanal, fig. 24 jftort; fig. 25 ; bataille gagnée, fig. . 26; perdue^ fig. 27; combat, fig. 28;

parc d’artillerie , fig. 29; parc du génie, fig. 3o; parc du charroi , fig. 3 1 ; de vivre, 3a; redoute, fig. 33 ; batterie , fig. 34; f ,é > fig. 35; bac, fig. 36; pont de? bateaux, fig. 37 ; pont de pierres , fig. 3&; ligne de marche, fig. . 39 ; retranchement, ég. 4o.

La topographie finie et soignée ne peut trouver place ici; c’est un art particulier

qui demande des exercices préalables, et principalement l’étude du paysage à l’aquarelle. Cependant quand on desfèine avec facilite etpureté à la plume, quand on a acquis une habitude convenable à l’emploi des couleurs et de Ijjur mélange, on peut facilement parvenir à finir une carte topographique, et faire des dessus de luxe ( 1 ).

» ''It

Des échelles. *

11 est important de mettre en rapport une carte militaire avec l’objet auquel elle est destinée , c’est-à-dirc non-seulement la purger de détails inutiles et étrangers à son objet, mais encore de la construire sur une échelle convenable..

Si l’on fait un plan de place forte, d’un .

fort ou posté de guerre, de travaux de

(i) On trouve chez M. Levavasseur, libraire, JPq|

iais-Royal , et chez Hautecœur - Martinet, rue du Coq- Saint -Honoré, un tableau , Modèle de topographie, peu- A.-iJ. Peu rot, qui donne des exemples de toutes les parties d’un plan*.

tranchée , de camp fortifié, de fortifications passagères, de batterie, etc. on emploiera une échelle de 1/2000, ou 1 centimètre pour 20 mètres.

Pour les places de ville et de leurs environs,* pour lés «opérations d’attaque et de défense , le tracé des camps, etc., i/ 5 ooo

ou un centimètre pour 5 o mètres.

» vï

Pour la topographie complète d’unpays,

les détails d’ûne frontière , la carte des marches, les itinéraires, les positions retranchées, etc. a/ioooo^ou 1 centimètre pour 100 mètres.

Pour une carte de reconnaissance d’un pays en temps de guerre , les plans de bataille, combats et armées,* la topographie des places a un myriamètre de distance, la carte d’investissement et castramétation d’une armée entièref 1/20000, ou«t èentimètre pour 200 mètres.

* Pour lestCarte^Peusemble de places et de leurs dépendances, tels que Jorts, lignes, canaux, descriptions d’opération

dans le voisinage de quelque place i/ 5 jpooo ou 1 centimètre pour 5 oo mètres.

Pour une carte d’une partie de frontières contenant plusieurs places, un arrondissement, (des opérations de guerre qu’on y propose ou exécute, etc. 1/100000, ou un centimètre pour 1000 mètres ou 1 kilomètre. • * # -

Pour la. carte d’une division militaire,

d’une province , d’un département, de la marche des armées sur une contrée ,

i/2doooo, ou i centimètre pour 2000 mètres, ou 2 kilomètres.

Pour la carte d’une partie de frontière v comprenant phraeurs divisions.militaires:

canevas des triangles pour les opérations géodésiques. , V

i/ 5 ooooo, ou 1 centimètre pour 5 ooo mètres un demi-myramètre.

P^iir une carte d’une grande partie de , frontière de deux états voisins, des lignes de places fortes, des opérations défensives et offensives des armées, proposées ou

exécutées sur cette frontière.

i/ioooooo ou i centimètre pour ïoooo mètres dû 1 myriamètre.

Pour une carte d’ensemble ‘des frontières des états voisins, des lignes des plaoes de guerre opposées, des «opérations et communication des armées dans le pays ennemi. ,

• i /a odoooo ou jin centimètre pour 20000 mètres ou 2 myriamètres. • . .

Pour les cartes d’une ou plusieurs parties du globe , relatives aux opérations ngililaires ou commerpiales qui les 'embrassent, aux .moyens de défendre ou at£ laquer les colonies, à leurs positions et îeqrs communications.

i/ 5 oooooô oq 1 centimètre pour 5 oooo mètres ou 5 myriamètres. ^

Page 1