‹ Le livre de JobChapitre 1 sur 30 · A. LOISY · texte numérisé non relu

A. LOISY

Professeur èi l'Institut c£itlioliC[ixe de JParis

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AMIENS IMPRIMRRÎK ÏIOUSSEAU-LEHOY

Rue Saint-Fuscien, 18

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étant plutôt de nature à l'obscurcir qu'à en faire valoir la simple et majestueuse beauté.

Le livre de Job, dans la Bible hébraïque, appartient à la série des Hagiographes. La tradition rabbiniqiîe le met tantôt avant, tantôt après les Proverbes : c'est à cette dernière place qu'on le trouve dans les éditions imprimées. Dans la Bible grecque, dite des Septante, Job était classé parmi les livres didactiques ou sapientiaux. Les listes d'Écritures, chez les Pères du IV'' et du V« siècle, le placent communément avant les Psaumes ; ce rang lui a été conservé dans le décret du concile de Trente et dans l'édition officielle de la Vulgate latine : le livre de Job paraît ainsi servir de transition entre les livres historiques et les livres didactiques de l'Ancien Testament. Cependant, le célèbre manuscrit du Vatican et PAlexandrin mettent Job après les Psaumes ; le manuscrit du Sinaï, après l'Ecclésiastique. Saint Augustin, le pape Innocent I", le Décret de Gélase semblent en faire un livre historique, et le mentionnent après les Prophètes, avec Tobie, Judith, Esther, Esdras, les Machabées.

L'hésitation accusée par ces divergences se retrouve chez les commentateurs, lorsqu'ils veulent déterminer le genre littéraire auquel appartient le livre de Job. L'histoire, l'épopée, le drame, le dialogue philosophique ont eu leurs partisans. En fait, Job échappe à toutes les divisions de la littérature classique. On peut y voir une histoire, puisqu'il s'y rencontre des faits; une épopée, puisque ces faits sont merveilleux; un drame, puisque l'intervention de lahvé, après le dialogue de

Job et de ses amis, ressemble pour nous à un coup de théâtre ; un poème philosophique, puisque le livre entier vise la solution d'un problème qui touche à la théodicée, à la psychologie et à la morale. Mais c'est justement parce qu'il y a un peu de tout dans ce livre, qu'il est impossible de le classer dans un genre particulier. L'idée du drame, qui jouit d'une certaine faveur auprès dds exégètes, n'est réalisée que très imparfaitement dans Job. L'ouvrage n'a pas été composé pour la représentation. L'élément essentiel du drame, l'action, ne s'y trouve pas, car les faits dramatiques sont racontés simplement dans le prologue et l'épilogue, en dehors des parties dialoguées, c'est-à-dire des parties scéniques. Si lahvé apparaît, ce n'est pas pour amener le dénoûment de l'histoire, c'est pour argumenter à sa manière et clore la discussion. On a dit que l'évolution des sentiments de Job, depuis sa première plainte jusqu'aux paroles de soumission qu'il prononce après le discours de lahvé, constituent un drame psychologique. Le mot est bien trouvé. Mais encore est-il vrai que l'auteur n'a pas cherché à mettre en relief ce changement intérieur, qu'il n'a pas voulu en tirer parti pour des effets de théâtre, et qu'il l'a rendu à peine sensible ; en sorte que l'expression des sentiments de Job n'a rien de dramatique, si ce n'est dans le sens large où un morceau littéraire quelconque est dit dramatique, parce qu'il traduit avec vigueur une grande idée, une situation émouvante ou un sentiment profond. Laissons donc le livre de Job aller tout seul. N'est il pas assez grand par lui-même, étant ce qu'il est ?

Gomme il offrait peu de ressources à l'enseignement apostolique, le livre de Job n'est presque pas cité dans le Nouveau Testament. Les anciens Pères, qui le li-

tueux, la version des line, dérivée du grec, : l'édification du peude l'allégorie. La traloup plus exacte, ne imême manière. C'est le Grand put trouver 'élienne, dogmatique, tentateurs du moyen r ou répéter les alléiles. Saint Grégoire, Aquin dans son cornmatière.

e inaugure lui-même recherchant principa- ! le suit pas toujours . Il incline à prendre ensemble de proposiiment et dans tous les sorte d'établiruneharcompriseetla science 1 tant que théorie divi' fere, de l'origine et de lustrés, expliqués au ble qui est un livre, ir être entendue dans à être constatée, étussible de l'interpréter l'on suppose a priori les idées d'une philolernes. C'est pourquoi pîgène, saint Jérôme, ertains égards, plus i de noire temps que

saint Thomas d'Aquin et les héritiers i Origène et saint Jérôme sont, à leur façoc critiques ; iis saisissent dans rÉcritur nuances, d'inégalités que les. comment ques ne perçoivent plus ; ils ont aussi textes bibliques et leurs multiples in connaissances qu'on ne rencontre pas ( giens du moyen âge, allachés exclus) texte latin, et peu soucieux de remonter

Nicolas de Lyra au XIV' siècle, la [ gètes calholiques contemporains de la i qui ont écrit depuis, ont, eu recours à 1' terpréter le livre de Job ; mais on ne i de reconnaître qu'une dépendance trop i de la Vuigate les a induits parfois à abi propos le sens de Tonginal, ou bien à i subtils artifices le texte hébreu et la D'autre part, il est certain que l'interpi fique et littérale de notre livre a fait de dans les écoles protestâmes, depuis qi Albert Schultens {1} eut appliqué d'une et méthodique la comparaison des autre tiques, surtout de l'arabe, à l'explicalic breu. Le savant exégète qui a honoré compagnie de Saint- Sulpice, M. Lehir, ces travaux do la critique protestante dans son excellente traduction de Job

Cependant la méthode d'inlerprétatio

(t) Liber Jobi cum mva versione ad kebrseitm tario perpétua (1737).

(2) Publiée en )S73. On apprend mieux à c( Job dans cette simple traduction faite sur l'hébrei volumes de nos commentaires. V. ce qu'en dit M lÀvre de Job, préface, p. vu.

ir. Jusqu'en ces derniers >tes hésitaient à corriger jans les cas où les fautes ; d'une évidence absolue, nombreuses qui ont été g;rapbie sémitique, la crises procédés et tes a utî- :s parties de la Bible héet en même temps le plus ir la correction du texte tre celui d'un exégfete ca- , bien préparé à cette œule des poèmes hébreux(2).

le Job ne nous est point oui dans les derniers chaéfectuosités que l'on peut t version des Septante. La iant rédigée en vers d'un ! facile de reconnaitre en )se8 ou des omissions aciluation condamnée par le ont été changés par suite isition ou substitution de ; peut être restituée avec d'après les anciennes veritique.

DÛ les fautes se sont pour

i); Hichtungm der Hebrâer, II

nde d. Morgenl, Bd. vi.

ie l'Ancien Testament, p. 202.

ainsi dire entassées, et qui étaient déjà l'époque des Septante, ne peuvent i d'une façon hypothétique. On doit i catégorie la fameuse déclaration de Jo

Je sais que mon vengeur existe, Etqu'jl apparaîtra enfin sur la pou Et après ma peau (?) ils ont lacéra Et de (?) ma chair je verrai Dieu, (Lui?) que je verrai pour moi.

Que mes yeux voient, non ceux d'; Mes reins se consuinent dans mon

Ce dernier vers n'exprime pas comi nér-alement une espérance impatiente de parallèle, il veut être rattaché au pri verset suivant (2) , et l'on doit traduire

Hea reins se consument au dedans de me Parce que vous dites : « Comment le pou

Quant à ce qui précède, deux chose lement certaines : en premier lieu, qu téré; en second lieu, qu'on n'y disait rii tien. Le premier point n'a pas besoin Les écrivains hébreux parlaient queli mes ; mais dans le cas présent, il est teuravoulu se faire comprendre et ■ il n'est plus intelligible. Le second disi vait la clef du passage, est incorrect ai la construction grammaticale ; il n'a

(1) Job, XXI, 25-37.

(3) Le second membre paraît ètve une glose.

grec avant Origène. Bickel!, Carmina 163. Fiel

out ce qu'on a voulu, irès le même texte que )D y a vu depuis : i< Je nie, qu'il est éternel, r sur la terre ma peau i volonté de) Dieu que it je suis instruit pour , et non un autre ; car ion sein. » Il est posl'écartede l'hébreu acïle différent du nàtre, 1, il ait usé de conjecde la guérison de Job ;

il aurait donné à son lus tard. La leçon pri- ! dans certains manus- ;itera mon corps (1) •, )eau. *

plus du sien lorsqu'il termes: « Je sais que er jour, je me îèoerai

de nouveau je serai

chair, je verrai Dieu, eux le contempleront, l'espérance qui repose erprétait généralement ate dans le sens de la rùme aborde le texte malgré le parallélisme, t: « Je ressusciterai de

tîtique : àvïrriias'. 3^ [io'j to ■j). Ancienne Vulgale : re-

' LB LIVRE DE JOB terre >, au lieu de: « Il {Dieu, le veng tiendra sur la terre », et traduisant librei distique, de manière à lui faire exprimer ridée de la résurrection.

Il n'y a en tout cela que des explicatic les d'un texte désespéré. La valeur de i est à déterminer d'aprfes les doctrines géi et l'économie de la discussion qu'il cont; a eu l'idée nette de la résurrection et l'e la vision béatiAque, le livre entier n'a pi Job, lui-même, parlant de sa mort proc haut (2) qu'il entre dans un chemin par sera pas; il déclare que, si l'homme poui était possible que lui-même remontât d entendre proclamer son innocence par Dieu, il ne se plaindrait pas de son état quecettebypothèseconsolanteestpour lu Comment connattrait-il dans notre paSE sait pas dans celui-ci? Que signifient les soulève contre la justice de la Providence que l'éternité contient la véritable sancl vines? N'aurait-il pas d'un seul mot réfutt l'argumentation repose uniquement su Dieu est juste, et, par conséquent, l'hoai toujours heureux en ce monde, le mé malheureux? Tous ceux qui prennent justifier la Providence, les amis de Job lui-même, ne disent rien des récompens' méats éternels. L'épilogue ne parle que ( rels. Rien absolument n'attire l'aLteRtioi

(1) Bijkell, toe. cit.

(2) Job, XVI, 22.

(3) JoùjXIV, i2-20.

on profiter de ce que le texte est itat pour y introduire une idée s du livre, une idée qui rend ce t contradictoire à lui-même? Ce incipes de la plus saine critique.

rsuadé que Dieu reconnaîtra un e vengera des soupçons injustes pas néanmoins que cette mania justice divine se produise bienenir la mort, il voudrait graver m de sa conscience, pour qu'elle 1 où Dieu viendra rendre témoi- Job n'exprimerait pas un pareil ter en personne à sa réhabilîta-

se tiendra « sur la poussière », le la terre où Job sera enseveli, mniateurs. Quant aux détails du lire qu'il verrait Dieu dans une isemble du discours suppose le it compte de ce qui vient ensuite:

'ous entendre dire : De quoi l'acst porté à croire que les mots:

t, et (que) mes yeux voient, non ,ent à l'innocence de Job, innommuniquer la certitude à autrui.

e interprétation. Les Septante

dans l'endroit le plus altéré, le traduit par: « on a mutilé », ou 1 singulier; et ils ne lisaient pas:

: du Tout-Puissant. » En s'aïdant :t du sens général qui est établi t reconstituer hypothéliquemeut

LE LIVRE DE JOB Je le sais.moQ vengeur existe, Et plus tard il se tiendra sur la p( Mon témoin attend que tout cela i Et Dieu verra (i} mon Innocence Que je vois pour moi, Que mes yeux perçoivent, non ci

Quoi que l'on pense dos corrections j de rorig;inaI était à peu près celui qui vi

Le nombre des mots, des membres vers entiers qui ont disparu est assez ( omissions qui méritent plus particuliè gnalées sont celles qui proviennent, àc suppression volontaire. Ainsi l'on trom sion d'une tirade où Job critique le goi Providence (4), cette simple formule:

qui est-ce? » Le vers est trop court, obt lèle. Job disait sans doute équlvalemmc rive dans le monde a une cause, quelqu sable, n Et si ce n'est pas Lui (Dieu), q Ces propos auront été trouvés trop h méticuleux en aura supprimé la plus gi il en a laissé encore assez pour qu'on reste.

On rencontre quelques additions ac ou bouts de phrases égarés qui déconc

{fj Ve'âckar édUivj, iu lieu de i-i'iï;cori Bickell), naqefà zot, Vmfsarai (nwD, au lieu d( niffn) iécliTé Etoh.

(2) Il reconnallra et proclamepa mon innocei

(3) On verra plus loin que ce dernier distiqu être pas au livre primitif, bien qu'il ait existé que Job fût traduit en grec. L'interpolateur ava rection î II est impossible de le savoir.

(4) Job, IX, 24.

locutions répétées machinardes copistes distraits. D'auentent le caractère de gloses Telle est la réflexion prosaïpur de l'impur? PersoDoe», 8 dont elle détruit la liaison, développée dans la Vulgate, rendre pur ce qui a été conçu pas toi seul? «

anie par son étendue, sinon lans la réponse de Job au der-

Le contenu de ce morceau thèse que Job entreprend de en soit fort altéré d'un bout orrompu que tout le reste du vers ne sont pas deux à deux, émeut à la règle suivie parirs. EnEin, la couleur du style ;3). Le fuit de l'interpolation c. Nous avons là un fragment a marche des affaires de ce t à un écrit philosophique du

d'un autre auteur et probaépoque. Peut-être cet écrit

quand le fragment a été ini qu'il en soit de ce de^rnier ]ue l'interpolation a été faite i inoffensif à un i

[ickell, op. cit. 185.

i interpolé sont allées se loger plus sans doute par suite de la disposi- <ù se Qt l'interpolation. ~

ment que Ton aura jugé trop hardi, el dont il seulement le début et la conclusion (1).

Il y a, dans le livre de Job, quelques exempl ou de membres de phrase accidenlellement t Divers passages dont los critiques modernes suspecté l'authenticité, parce qu'ils n'ont auc avec leur contexte et dérangent la marche n poème, sont probablement hors de leur placi dire que la fia du livre nous est parvenue dan -désordre, comme si certains morceaux, écrit place, entre les colonnes et dans les marges crits d'où procède la recension traditionnel avaient été recopiés sans soin et insérés au h la suite du texte.

Dans la réponse de Job au troisième disco dad, on trouve un long développement (2) qu par ailleurs tous les signes de l'authenticité ne peut être mis dans la bouche de Job, la trois amis y étant soutenue delà même façoi leurs discours. Si l'on écarte ce morceau, le ( Job recouvre son unité ; la description de la s dont on a contesté l'aulhenticité parce qu'eli amenée logiquement dans le texte actuel, esl d'une façon naturelle; le document transpos< ponible, soit qu'il représente la fin du discoi dad, évidemment incomplet dans l'étal préseï soit qu'il appartienne à un troisième discour par Sophar, et dont le commencement aura L'artifice du dialogue consistant simplement les amis de Job prennent la parole à tour de

(1} Bickell, loc. cit.

(2) Job, XXVII, 8-10, !3-23.

(3) Job, .\xvm.

jours dans le même ordre, il est invraisemblable que me reprise et qu'il ait itres ; mais il est possiatïèremeat.

ui terminait le dernier Tusquée par trois distiu long développement létails de sa vie auté-

deacriptioo du crocot n'ont pu être logique- ;ré tous les efforts des rs. Le texte, avec de ipale est autorisée par

idue?

loi présent 7

ur me provoquer ;

1 face?

contre moi,

ous les cieux !

vains discours,

i raisons.

>mmencement du disson discours en jetant

?, ou aprèa XXXF, 3. L'hyi aussi des chances de pro-

^nt double emploi avec Job^ t que le discours de labvé

une sorte de défi à l'Éternel. La nuée soi lahvé dans ses Qancs apparait tout h cou mandait à plaider avec Dieu, mais avec de sa majesté redoutable, est saisi d' premiers mots que lahvé prononce sont comprendre à Job la folie de ses prétentii dans le cas précédent, bien que l'hypoth position accidentelle soit la plus proba demander si l'insertion des discours d'E pour quelque chose dans la désorganisai Le discours de lahvé se trouve maii en deux tronçons, et la description des é maux, Béhémoth elLévialhan, l'hippop codite, se trouve séparée des autres même genre par un fragment de dialo et Job. (1) Après avoir fait le portrait d demande à Job s'il a quelque chose i s'humilie, déclare qu'il n'a rien à din terminé , on attend la conclusion pratiqi sion, l'épilogue de l'histoire. Or on Ut o

Alors lahvé répondit à Job du sein de la

Geins tes reins comme un homme ;

Je t'interrogerai pour que tu m'instruise;

La formule d'introduction et les deux sont visiblement empruntés au commei cours (2), et l'on ne voit pas le motif de Viennent après cela sept distiques où h Job s'il veut avoir raison contre Dieu,

n'ait pas commencé de la même fa^on dans les i qui oQtcontribué à la formation du livre actuel.

(i) Jot. XL. Mi

(2) Job XXXVIII, 1-3

e divine, et le met eo demeure de manifester roir. Celte allocution est fort déplacée après : aveu que Job est censé avoir fait plus haut; re part; elle n'a pas été composée pour înlrolescription de l'hippopotame, avec laquelle elle a rapport. Les critiques modernes qui, pour ion même, ont émis des doutes au sujet de ce pellent le second discours de lahvé, auraient iner de plus près le morceau qui sert d'exorde ours et ils n'auraient pas manqué d'y recoale péroraison. Mais la péroraison est justement anque dans le texte actuel: lahvé se tait aprks ^^it le crocodile ; il ne dit pas un mot pour tirer sien de son discours et amener la rétractation jftlui-ci parle en effet après lahvé. Chose cu- 'ois vers empruntées au discours de Dieu se rés dans sa réponse (1). On a supposé que Job, , ne savait plus ce qu'il disait. Mais puisque 1 ne l'empêchait pas de parler en vers, elle ne sait pas sans doute d'observer la loi du paralqui est violée outrageusement par l'interpolat il s'agit.

toutes les vraisemblances, la description de )tame a été écrite pour faire suite à la descripl'aigle. Après la description du crocodile, on ïéroraison dont nous venons de parler. Puis it amende honorable (2). Si l'on remet ces

L1I, 3 : ( Quel est celui-ci, qui obscurcît la Providence de savoir? ï et 4 : n Écoute et je parlerai, je vais t'interr que tu m'instruises, » Répétition, avec quelques de XXXVIII. 2-3

iJob. XXXIX, tire XL, 1-3,8-14; XL, 3-6; XLU. â-6, en 'interpolation indiquée dans la note précédente. XL, 6-7 élition accidentelle de XXXVII], i, 3. XLI, 1-4 est à in- XXXVIII,! (ou 27). Il convient, d'observerque XL, 1-14

LE LIVRE DE JOB i?

passages à leur place, le discours de lahvé recouvre son unité ; la réponse de Job devient intelligible ; toute la fin du livre présente un développement logique. L'ordre ainsi obtenu n'est pas artiriciel ni fondé sur de pures hypothèses; caria confusion actuelle des derniers chapitres ne peut en aucune façon remonter à l'auteur, et les transpositions évidentes, les répétitions inexplicables qu'on y rencontre, sont, du moins en grande partie, des accidents de transcription, des bévues de scribe, occasionnés sans doute par les remaniements successifs que le livre a subi», et par une disposition particulière du texte dans le manuscrit d'où procèdent le Job des Septante et celui de la tradition massorétique.

Le Job des Septante est une des parties les moias réussies de l'ancienne version grecque. L'interprète s'est souvent méprîssur le sensde l'original, dansles passages qui ne sont pas toutàfaitclairs.Ilfautobserver, d'ailleurs, que le texte des éditions modernes et celui des manuscrits ne représentent pas la version primitive, maïs cette version interpolée par Origène, avec des morceaux de Théodotion, dans les nombreux passages où le grec ne contenait pas tout ce qu'on lit maintenant dans l'hébreu. Ces omissions se rencoDtraieat surtout dans la dernière moitié du livre, c'est-à-dire dans les parties les plus difficiles el les plus altérées de l'œuvre primitive, et dans le discours d'Élîhu. Tantôt un seul vers a été laissé de côté, tantôt plusieurs. On admet volontiers que le plus grand nombre des lacunes est imputable au traducteur, qui ne serait pas fait scrupule d'abréger l'original. On a dit aussi qu'ilavait omis plusieurs passages

de l'hébreu correspond à XXXIX, 31-35, XL, 1-9 de la Vulgale. De même, le premier verset de XLI dana l'hébreu est dans la Vulgal« le dernier de XL; par conséquent, XLI, 1 de la version correspond à XLI, 2 de l'hébreu, et ainsi de suite.

s, dans le discours ui ne présentent comme les morl'un remaniement . version des Sopépoque, dans les nt plus acceptable grec présente un le grec ont plutôt an, M. Bickell (i) rre primitif de Job

lérangent souvent ne pas se presser jner le vieux texte asposilions qui se ^ eures à la version de lecture, la vertçons qui permetireu traditionnel, dite scrupuleuse, sobre et concise .s. Dans ' quelques iduits plus libre- Irevoir. Ainsi, les e roi (2), et l'on ce. Certains traits t du crocodile (3)

tituer le texte primi* I parti de la version P. Ciasca, daus les

ententt Daminî, quod

portent à croire que l'on voyait déjà d dans Léviathan des êtres surnaturels, tiques ou démons. Deux additions îmf étendue, sinon par leurcoatenu, le dm de Job (1), au commencement, et la triarche (2), à la âa du livre, semblen lalions faites après coup dans la versio

fecit ut iltudatur ab angelis ejus. Ascende prxruplum fecit gandium quadrupedibits in tm draconem [Léviathan) in hamo...Saginanlur \ tiuntur eum Phœnicum génies. Et omnesnavt portabunt corium caudœ ejm et in navibas pii Pactum ad itiudendum ab angelis meù. Ane Comparer ces données avec ce que le IV» livi suiv.) raconte sur le même sujet. Dea idées a aussi dans le livre d'Hénoch, LX. Peutrëtre avec une interprétalion erronée d'Êz. XXIX, 8,

[1) Ce discours est rattaclié à Job. il, 9 : Tei Urjeeto, dixit illi itxor sua : Quousqtie sm exspecto parvo (xp'ivûv hi [i™p<iv) susfinews sp exterminata est memoria tua a terra, filii et fili et gemilus, guos frustra portavi cum labore ; t\ mium sedes, pemoctans sub divo ; et ego obi loco in loeum et de domo in domum, exspeetam requiem agam laborum et gmnituttm qui me aliquod verbumin Dominum, elmorere. Anciei

(î) Après Job. XLII, 17, on lit dans le grec denne Vulgate latine : Scriptum est autem ret his quos Dominus suîcitabit. Hic interpreiatt de syriaco libro in terra quidem habitasse (i finibus Idumxx et Arabie, et eral eiantea noi vxorem arabissam, genuilque filium, cui no autetn ipse filîus quidem Zarx, de Esau HHis Bosram {Bosra, Bossora) ; ila ut sit quintus ai reges qui regnaverunt in Edom, ùi qua et ipse r Balac/iiius Boor, et nomen civitatis ejus Denno Jobab, qui Bocabur Job ;posthunGAsom, quier regione; post hune Adad, /llius Barad gui cas Saab, et nomen civitatis ejus Oetkem, Qui at amici, Eliphas em /itiis Esau, Themanorum n

Les imperfections de celte version passèrent naturellement, en s'aggravant, dans l'ancienne Vulgate latine, traduite sur le grec. Saint Jérôme s'était occupé d'endonnerune édition correcte ouplutôt une édition complétée suivantla mélhodectle texte grec d 'Origfene(l)-La Vulgate ainsi interpolée devenait, comme legrechexaplaire, une espèce de mosaïque chargée de petites pièces rapportées et mal jointes à l'œuvre primitive. On altérait la version sans autre profit qu'une conformité purement matérielle avec l'hébreu. Cet inconvénient n'avait pas échappé à saint Jérôme, qui s'en est prévalu pour autoriser sa propre version (2).

La nouvelle Vulgate, prise dans son ensemble, est assurément d'une valeur bien supérieure à celle des

tyrannus, Sophar, Minxorum rex. La plus grande partie de celle noU est empruntée à Gen. XXXIII, 3t-36 (c£r. I Chron. I, 43-46). On admet volontiers que le livre syriaque dont il est question au commencement serait un ancien targura ou paraphrase araméenne- Origène pensait que l'auteur de l'addition avait voulu désigner ainsi la langue originale du livre de Job, et tel paratt-ètre, en effet, le sens du grec.

()) BeatumJob, qui apud Lalinos jacebat in stercore etvermibus scatP.bat enorum, iniegrwn immaculatumque gaudete. Qaomodo enim probatione atque Victoria duplicHer universa ei sunt ?vddita : ila ego in litigua nostra [audacter loquor) feci eum habere qux amiserat. Trxf. I' 171 Job. On trouve le texte révisé par S. Jérôme, dans Migne, Patrol. lat , t. 29.

(2) Discant igitur obtrectatores mei reciperein tolo quod in parlibvs susceperunt, aut inlerpretalionem meam cum aslericis suis radere. Neque enim /ieri polest ut quos pltira intermisisse peripexerint, non eosdem etiam in quibusdam errasse fateantur, pnecipue in Job : eut SE ea qux sub astericis addita sunt subtraxeris, pars maxima vo- Imninis detruncabitur, et hoc dumtaxal apud Grxcos. Cxterum apitd Latinos, ante eam translationem quam sub astericis et obelis nuper edidimus, septingenti fenne aut octingenti versus {il s'agit de stiques, lignes, et non de nos versets,' désuni ; ut decurtatus et laceratus corrosusque liber fœditatem sui publiée tegentibus prxbeat. Prxf. U' in Job.

LE LIVRE DE JOB Septante et de l'ancienne Vulgate. Ces suffisamment exacte etâdële du texte 1 neL Saint Jérôme lui-même reconnaît clairement le sens de certains passages ne laisse pas de les traduire, ilenrésul talion de ces passages est conjecturale, particulières que présente le livre de Jo) dre à ce que la version présente dans les nombre d'inexactitudes. Userait fastid le catalogue. D'ordinaire le sens gêné été bien compris, alors même que la sig taina mots n'a pas été rendue exacteme Dans les passages obscurs ou altéré!

de saint Jérôme n'ont pas toujours été procèdent moins d'une connaissance i:

traduire, que de jugements a priori, ei idées du temps où vivait le traducteur des allusions qui se rapportent, dans h teur, à quelque légende mythologique; de leur sens pour être appliquées au même, certains traits des descriptions de Léviathan (3). Lesens doctrinal de p!

a été développé (4). Il est arrivé même a introduit, dans tel ou tel endroit, des i

[i)Bxcautemtyartslatio nullumde veleribus ■ ted ex ipto hebraico arabicoque sermone et intero nanc sensus,nttnc simulutrumqueresonabit... M gentiam hujm voluminis. Lyddaium quemdam pi HehrxQs prtmiu haberi pufabatur, nônparvis re jtu doctrina an aUquid prolecerint, tiescio, hoc tttisse me interpretari, nisi quod ante inteilexen

{2) V. Job. XXVI. 12-13.

{3) Job, XL, 28 (hébr. XLI, 1}; XLI, i6.{hébr Cf. Ep. 22, ad Euslochium {P. 1. 22, 401).

(4) Par exemple, Job, XIV, 4, supr. cit.

ieat pas dans l'oen elles-mêmes, m ecclésiastique, mputer à Tauteur ' compte que dans l'examen critique

tait d'une parfaite ce problème : que Liisque l'homme de monde, autant et ttait présenté sous Job, étranger à la t si célèbres pour nce. Dieu, pour es hommes, Satan, avir ses enfants, et e maladie. Job ne Trois de ses amis, aah et Sophar de Leur visite donne iroblème qui vient rès clairement que re et non un châti- » lui-même ne s'en discussion possible iment expliquer ce

Le sens primitif de ces ut les explications coq-

LE LIVRE DE JOB qui lui arrive, car il a toujours pensé doit atteindre seulement le méchant ; d amis, raisonnant d'après le même prii sent coupable. Le débat s'engage donc de malentendu qui ne sera jamais compli Au début, Job se plaint de sa destinéi Dieu. Mais, ses amis lui donnant à ent£ même lui disant en face qu'il a mérité i teste, il nie que le malheur soit toujours '. péché, que le juste soit toujours heurei toujours malheureux, et, en soutenant c laisse pas de tenir des propos hardis Providence. Par trois fois, les amis prei à tour de rôle, et Job répondait à chacui cussion, pour devenir de plus en plus ^ pas : les amis ne voulaient pas abando cipe, et Job refusait de s'avouer coupable.

il en appelait à Dieu même, défiant en q ciel de le prendre en défaut. Alors, lahv imposait silence à Job, en lui disant : I créature? comment oses-tu critiquer la Créateur ? Job s'humiliait ; les amis i d'avoir défendu maladroitement la Pr rentrait en possession de sa félicité prem sait longtemps. La conclusion résultant était qu'il ne faut pas examiner curieusi de Dieu, parce que l'homme est incapabi prendre ; et l'on restait sur celte impres en ce monde finit par tourner à bien aiment et pratiquent la justice.

Cette économie si régulière est mainti par les discours d'Elihu, personnage iac gue et à l'épilogue, et qui a la prétentio solution théorique de la question inutil

par Job et ses amis. Voici, du reste, l'analyse plus détaillée du livre de Job, tel que la tradition nous Ta transmis.

Après le prologue (ch. I-II), dont le contenu vient d'être indiqué, Job éclate en plaintes amères :

Job (III). — A souffrir ce que je souffre, mieux vaudrait pour moi n'avoir jamais existé.

Éliphaz (I V-V). — Tu souffres, mais pourquoi perdre courage ? Je sais par une révélation que Dieu a horreur du péché : c'est pour cela qu'il punit les coupables. A ta place, je lui demanderais pardon, et je serais sauvé.

JoB (VI- VII). — Comment ne me plaindrais-je pas dans l'excès de mes souffrances ? Et voilà que, par surcroît, vous me soupçonnez de crime ! Prouvez que je suis coupable. Sans doute, mon langage est violent ; mais je me meurs et ne puis retenir le cri de ma souffrance. Si encore Dieu voulait me laisser mourir en paix !

BiLDAD (VIII). — Tu n'as pas le droit d'accuser Dieu. Tu es coupable, puisque tu es puni. Demande pardon. La tradition des anciens nous apprend que le méchant ne dure pas, et que l'innocent n'est pas abandonné.

Job (IX-X). — Je ne nie pas que Dieu soit juste. Ce n'est pas un homme comme moi qui pourrait disputer contre lui. Je serais sûr d'avoir tort, tout en ayant droit. Et pourtant, j'ai droit! Oui ! Dieu fait périr Tinnocent comme le coupable, et il n^y a pas de justice sur la terre. Aussi bien n'ai-je plus d'espoir. Si je pouvais parler à Dieu comme à un mortel, je lui dirais : Pourquoi m'as-tu créé ? mieux valait pour moi n'exister pas ; laisse-moi du moins mourir tranquille !

SopHAR (XI). — Certes, il serait bon que Dieu parlât pour confondre ton audace. Tu verrais que tu as reçu ce que tu méritais. Tu n'as d'autre ressource que le repentir.

Job (XII-XIV). — Faut-il que vous m'i Hais, c'est la coutume : aux malheun Après tout, je sais aussi bien que voua puissance de Dieu, et ce n'est pas à vous Pour vous constituer les avocats de défendez bien mal. Que ne puis-je traiter lui! Pourquoi m'accabler? lui dirais-je.

mérite pas que tu t'occupes de lui. Son fragile, si tfit terminée ! £t quand il mf toujours. Si l'on revenait de l'enfer s pourrais espérer que ta faveur me serait i Mais c'est là une supposition chimériqut

Les trois amis ont parlé ; Job leur a r si l'on veut, le premier acte du dialo^ acte :

Élip[iaz(XV). — Ton langage est inj et ton emportement ne signifie rien. To diront que le méchant est maltraité par D le mérite.

Job (XVI-XVII). — En vérité, ce qu^ n'est pas nouveau, et je voudrais biei fussent intervertis, que vous fussiez à ms la vôtre. Je tiendrais bien aussi mon r< teur. Hélas I ces plaintes que vous bl&mi geut guère, et je ne gagnerais rien non nir. Je reste rebuté des hommes, abaii brisé de corps et d'&me. Cependaat, j'ei témoin, je suis innocent. Trahi par les h pelle k mon Créateur. Je n'ai du reste i et mon espoir, c'est la tombe.

BiLDAD {XVIII). — Pourquoi veux-tu est bien certain que l'impie est ch&tié di et dans ses descendants, en consé crimes.

3urs outrageants !

regarde pas. Mais Etrémité ; ne vous lis qu'il reconnaiûr; et voilà pourrestât gravée sur de sa justice. Ce tir,

is insultes ; mais ! des méchants est ses, et bientôt ils

r ! Ne voyez-vous lants ils sont dans [u'onles aitexteriTs enfants ; mais La souffrance de 'quoi vous mêler ittend les bons et ifais les méchants j vous le prétenie et même après

ob définissent très on prend de leur u'ils continuent à e à travers leurs te de plus en plus.

es, et, en dernier t bien critiqué la )cher dans le troi-

ille les fruits de ) divers méfaits :

LE LIVRE DE JOB Toil^ pourquoi tu es aujourd'hui disant que Dieu est indifférent aux c tu suis les errements des impies qi sévèrement punis. Tu ferais mieu:

mence de ton juge, afin qu'il ait pit

Job (XXIII-XXIV), — Yous voul pable : Maïs que ne puls-je rencont Il n'aurait rien à me reprocher. Se pas m'entendre. Son parti est pn:

Après cela, Job entamait la questio tice providentielle dans la distribut maux. Nous avons vu que la plus développement a été supprimée à ca Job disait en substance : Puisque d'où vient que nous assistons c exploits honteux et aux triompher justice ne s'exerce pas comme voui n'en voit pas trace dans le monde. Il toute réfutation.

BiLDAD (XXV-XXVII, 8-iO, 13-23 il être pur devant Dieu ? Dieu est ji justice par le châtiment qu'il inâigt applaudissent tous les honnêtes gei

Job (XXVI-XXVII, 1-7, 11-12 ; Voilà qui est bien dit I Mais je n'ign Dieu est grand. Il sait tout ; il peut nous une idée de sa puissance. £fa ce Dieu qui me refuse justice, jam coupable ! Maintenant je vais à mi quer la Providence. La sagesse p Dieu seul, qui la possède depuis li monde. Quant à l'homme, la sages à craindre Dieu et à éviter le Je l'avais, et il fut an temps où j

t honoré ; mais j'élais ma félicité durerait nni, méprisé, affligé Dieu ae m'écoute pas.

ien à me reprocher :

e, charitable, désintérancune envers mes ingers, prêt & recon- , pourquoi aujourd'hui lier mot est celui-ci :

ne chose à me repro-

loulre pas encore. On 'ange : « Ici finissent t en prose, assez gaumment, les trois amis ihu, nouveau persone, se f&cha contre Job, ens de Dieu, et contre at pas bien réfuté. Ce 'attribuer la fonction !s autres.

li gardé le silence juss plus âgés que moi.

ité que vous ne répon- !st pourquoi je prends ti alité.

:on égal : si tu as une produire sans crainte, te punit sans raison et is fort pour ne pas te iniëres de parler, d'a- 'éloignent du péché et Tel, par exemple, est

frappé de maladie : un ange intercède rît et remercie Dieu qui l'a épargné, i ses fautes.

Tu dis aussi que tu es frappé sans que Dieu est injusle. Dieu ne peut ps maître du monde ne peut pas manquf lui qui juge tout, et ses arrêts s'exécut comme sur les individus. En accusant tu as mérité la continuation de ton ch Tu dis encore qu'il ne te sert à rien che. En vérité, que tu sois innocent n'importe pas à Dieu, mais à toi. Tu t ne t'écoute pas ; mais (es récriminatio prières. Attends humblement la décii Juge.

Dieu n'est pas indifférent aux affai Il veille sur les justes. Les malheurs sont des avertissements qui les inviter mêmes pour examiner, reconndtre fautes. S'ils sont dociles à cette leçon, jours dans le bonheur. Quand on n'a onpérit. Ainsi succombent les impies, est pour les justes une introduction i ce qu'elle sera pour toi, si tu le veu:

de perdre patience et de te souhaiter] Songe à ce qu'est Dieu. Au lieu i convient de le louer. Vois la puissam tomber la pluie, qui gouverne les nu!

porte lafoudre, qui a pour vois le ton le froid manifestent son pouvoir. L ment de sajustice et de sa bonté, Asfaul pour comprendre et gouverner t Pauvres mortels que nous sommes, révérer sa majesté.

30 L£ LIVRB DE JOB

Ainsi le discours d'Élihu s'annonce, se développe et finit comme la conclusion de toute la dispute. Cependant lahvé, que Ton n'attend plus, fait son apparition et reprend le débat au point où Job Ta laissé.

Iahvé (XXXVIII — XLI). — Que signifient ces propos insensés? Réponds, si tu peux, aux interrogations que je vais te poser. Est-ce toi qui as créé le monde, fondé la terre, séparé la mer du continent, creusé l'enfer, réglé la succession du jour et de la nuit, préparé dans les cieux les réservoirs de la neige, de la grêle, des vents et de la pluie? Est-ce toi qui fais marcher les astres, qui conduis les orages et qui arroses la terre? Est-ce toi qui veilles sur les créatures et qui leur as donné leurs instincts? Auraistu été capable de créer des animaux tels que le chamois, Tonagre, le buffle, l'autruche, le cheval, Taigle,

rhippopotame, le crocodile? Veux-tu censurer celui

qui a fait tout cela, avoir raison contre Dieu? Il faudrait pour cela que tu fusses le Créateur.

Job (XL, 3-S; XLII, 2-6). — Il est vrai. J'ai parlé comme un ignorant. J'accepte mon sort.

Vient ensuite l'épilogue. Iahvé reproche aux trois amis de n'avoir point parlé de lui comme il fallait. Mais il leur pardonne en considération de Job, qui offre pour eux un sacrifice. Job lui-même est récompensé de sa charité envers ses amis. Ses parentsetconnaissances reviennent à lui. Sa fortune lui est rendue en double. Il a sept fils et trois filles, les plus belles du monde. Il meurt plein de jours.

Plusieurs des objections soulevées par la critique moderne contre l'unité et l'intégrité du livre de Job ont été écartées précédemment par la reconstitution du texte. Mais les arguments que Ton a fait valoir contre l'authenticité des discours d'Elihu gardent toute leur force.

Le prologue, qui introduit la discussion^ et l'épilogue^

qui en est la conclusion, ignorent Élihu. Le prologue ne l'annonce pas, bien qu'il fasse connaître d'avance tous les autres interlocuteurs. L'épilogue ne dit rien de lui, bien que tous ceux qui ont pris part à la dispute reçoivent finalement de lahvé l'éloge où le blâme qu'ils ont mérité. Personne ne lui a parlé ; personne ne lui répond. Son discours est amené par une notice supplémentaire, écrite d'un style languissant et gêné. Qn dirait que l'auteur a hésité, cherchant le moyen de rattacher une pièce nouvelle aux discours antérieurs. Ces phrases^ qui ont Pair d'une suture mal jointe, ne rappellent en rien le tour aisé, vivant, sobre, original, du prologue et de l'épilogue. Eu égard à l'ensemble, à l'économie générale de la discussion, à la structure du livre, le discours d'Elihu ne tient à rien et offre l'apparence d'un morceau rapporté. Il empêche le discours de lahvé de venir à sa place naturelle et marquée, après le dernier discours de Job. Rien ne sert de dire qu'Élihu n*est pas nommé dans le prologue, parce qu'il ne venait pas de si loin que les autres, car après tout, il venait de chez lui, comme les trois amis ; ou bien parce qu'il appartenait à leur suite, car il n'est en aucune façon leur subordonné ; ou encore parce qu'il est arrivé après eux, car il déclare qu'il a entendu toute la dispute, et, par conséquent, il était présent dès le commencement ; ou enfin parce que le prologue dit seulement ce qui est indispensable à l'intelligence de la discussion et que l'auteur a réservé la notice d'Élihu pour le moment où il entre en scène, car l'économie si régulière du poème exigeait qu'on mentionnât d'abord tous les personnages qui allaient prendre part au débat. L'auteur, en présentant les trois amis de Job, n'a pas l'air de soupçonner l'existence d'un quatrième visiteur, et l'on n'explique pas pourquoi le préambule des discours d'Élihu est si long, si enchevê*-

(ré, au lieu d'avoir la ferme concision qui caractérise les parties en prose du livre primitif. On n'explique pas dalé dans l'épilogue, J comme leaautrea aent vrai; ou bien, ilé d'interlocuteur ment avec les trois . au point de vue ne, a eu le tort de ) doute fort embaramis étaient plus Élihun'eat pas un lare nettement des lul; il se croit bien .rlé avant lui : sa leur. Supposé que î, il faudra encore îr pourquoi lahvé issait de parler à

livre, les discours articulier. Ce nous avant d'entrer en irises qu'il va dire lis amis et Job luidre, cherchant ses cette précision ad- 'on remarque dans ;st lâche, vague et lions dans les disprès l'antre : on diste. Les autres inse répondent mue s'adresser à eux,

raisonne tout seul sur ce qu'ils ont dit.

style eldu procédé littéraire, très sens devient palpable quand on essaie de riche de pensées et d'images, Élihu est clair que les autres personnages du i concis, plus verbeux, plus vulgaire de facile à suivre. L'auteur a certaines ex sont propres, des locutions qu'il affecti plus grande partie de son vocabulaire i le reste du livre. Il fallait bien qu'il p de l'œuvre primitive et qu'il s'ea pén compléter. On peut constater qu'il y a 1 emprunts et qu'il s'est même inspiré lahvé, comme s'il ne craignait pas d'e ou comme s'il avait voulu y substitue vrage. Les partisans de l'unité du llvr est vrai, que l'auteur de Job, variant les personnages qu'il met en scène, è style en rapport avec son âge, son car gine : style traînant, surtout au début [ un novice qui hésite à se produire devi style prétentieux, parce qu'Élihu a f( idées, et qu'il n'a pas l'expérience de matsaat, parce qu'ÉHhu appartient à la de Buz. En réalité, ce discoureur, q dire aux vieillards qu'ils n'y eutendenl tout l'air timide; ses prétentions marc; le désir de rectifier ce qui a été dit ï leur expression réitérée, qui est du pli n'a pu être imaginée comme trait de noble esprit qui a conçu les harangue!

amis, le discours de lahvé. Si les an trait de couleur locale, des particu genre devraient exister dans les dis

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