JOB, XXX
Les jours d'infortune m'ont saisi.
La nuit transperce mes os et les coosume;
Les maux qui me rongent ne dorment pas.
Par une force toute puissante, mon vêtement
lime serre comme le col de ma tunique (1),
(Dieu) m'a jeté dans la boue (2);
J'ai l'aspect de la poussière et de la cendre.
Je crie vers toi, et tu nem'écoutes ptis,
Je me tiens là, et tu ne me regardes pas (3) ;
Tu es devenu pour moi un ennemi implacable.
Tu m'attaques avec toute la force de ta main ; Tu m'enlèves dans la tempête, lu m'emportes (4), Et tu m'anéantis dans l'ouragan.
Je le sais, tu me conduis à la mort.
Au rendez-vous de tous les vivants.
Mais peut-on, lorsqu'on tombe, n'étendre pas la Lorsqu'on périt, ne pas crier au secours (Ô) ? Ne pleurais-je pas avec les opprimés ?
Mon âme n'avait-elle pas compassion des pauvres ? J'attendais le bonheur et le malheur est venu, J'espérais la lumière et les ténèbres sont arrivées, Mes entrailles bouillonnent incessamment (6) ; Les^ours de malheur m'ont assailli.
(1) L'habit de dessus. Job est serré dans sa robe à. eau formation de ses membres (7).
{2) Distique omis dans le grec.
(3) Suppléer lanégatîon. Vers omis dans le grec.
(i) Vers omis dans te grec.
(5) Lire TV nS (Bickell). Le v. suivant appartient | chapitre XXXI.
{6) Passages omis dans le grec.
144 JOB, XXX, 28-xxxi, 9
Je marche tout en deuil, sans soleil ; Je me lève devant les gens en poussant des cris. Je suis devenu le frère des chacals Et le compagnon des autruches.
Ma peau se noircit et tombe, Et mes os sont brûlés parla fièvre.
Ma guitare ne rend plus que des sons plaintifs Et mon hautbois que des accords funèbres.
J'avais fait un pacte avec mes yeux :
Je n'aurais pas voulu regarder une jeune fille, Quellepart Dieu me ferait-il d'en haut Et quel sort le Tout-Puissant m' enverrait-il dea deux ? La ruine n'est-elle pas réservée au pervers^ Et Vinfortune aux artisans d'iniquité ?
Est-ce que Dieu ne voit point mes démarches, Et ne compte point tous mes pas (1) ?
Si j'ai marché avec les fourbes (2), Et si mon pied a couru après la fraude.
Que Dieu me pèse dans de justes balances Et il reconnaîtra que je suis innocent.
Si mes pas se sont écartés du droit chemin.
Si mon cœur a suivi mes yeux.
Et si une souillure s'est attachée à mes mains, Que je sème et qu'un autre mange, Que mes plants soient déracinés !
Si mon cœur a été séduit par une femme, Et si j'ai fait le guet à la porte de mon voisin,
(1) Ce senties considérations que Job faisait avant ses malheurs, pour s'affermir dans le bien. Tout ce passage manquait dans les Septante.
(2) Lire K*1U IJVD DST.