‹ Le livre de JobChapitre 26 sur 30 · JOB, XXXIII · texte numérisé non relu

JOB, XXXIII

Et sauver son corps de la destruction (1) ;

Pour préserver sa vie de la fosse,

Et son existence du trait meurtrier.

(Ou bien) il est frappé sur son lit par la maladie,

Ses os sont perpétuellement agités.

Il prend la nourriture en dégoût,

Et ne peut souffrir les mets les plus exquis^

Sa chair disparaît aux regards,

Et ses membres amaigris s'évanouissent.

§a vie approche delà tombe,

Et son existence paraît livrée aux exterminateurs (2).

S'il a pour lui un ange,

Un intercesseur, dans l'innombrable légion (3),

Pour lui apprendre ce qu'il doit faire,

Avoir pitié de lui et dire ^4) :

« Épargne-lui de descendre dans la fosse ; J'ai trouvé la rançon de sa vie (5), »

(Dieu) rajeunit son corps comme un mur qu'on crépit. Et il remplit ses os de moelle (6)5 Sa chair est fraîche comme celle d'un enfant.

Et il revient aux jours de sa jeunesse.

Il prie et Dieu lui est propice ;

Il contemple sa face (1) avec allégresse.

Il annonce aux hommes sa délivrance,

Il la chante, en leur disant:

a J'avais péché et je m'étais écarté de la justice,

(1) Lire avec le grec : nïS'' IIUQ HIAI.

(2) Les anges de la mort.

(3) La société des esprits célestes.

(4) A Dieu.

(5) Il paraît nécessaire, pour le sens et pour le rythme, d'ajouter lus:. Bickell.

(6) Distique conservé dans le grec (BickellJ :

i''p Ssr n''T33 iiNu uTm

(7) La face de Dieu.

JOB, xxxiii,20-xxxiv, 8 1©7

Et Dieu ne m'a pas traité [selon mon péché (1)] ; Il a épargné à mon âme de descendre dans la fosse, Et je vivrai encore pour jouir de la lumière. »

Dieu fait tout cela, Une fois, deux fois pour Vhomme, Afin de ramener son (2) âme de la fosse, Pour Téciairer de la lumière des vivants.

Sois attentif. Job, écoute-moi ; Tais'toi et laisse-moi parler.

Si tu as quelque chose à dire, réponds-moi ; Parle, car je voudrais te trouver juste.

Sinon (3), écoute-moi ; Tais-toi, et je V apprendrai la sagesse.

Puis Élihu reprît la parole et dit :

Sages , écoutez mes paroles, Savants, prêtez-moi Toreilie ; Car V oreille discerne les paroles.

Comme le palais déguste les metSy Tâchons de choisir ce qui est juste.

Voyons entre nous ce qui est bon.

Job a dit : i Je suis innocent, Et Dieu ne me rend pas justice ; En dépit de mon droit, je passe pour menteur, Je suis cruellement frappé sans être coupable. » Y a-t'il vraiment un homme tel que Job, Pour boire le blasphème comme Veau ?

Il va de compagnie avec les artisans d'iniquité, 11 marche avec les hommes pervers ;

(1) Lire avec le grec TINtans. Addition nécessaire pour le sens et pour la mesure.

(2J Grec : « mon âme ».

(3) Si tu n'as rien à dire.

16ft JOB, xxxiv, 9-23

C3ar il a dit : « L'homme ne gagne rien A être en faveur près de Dieu ? »

C est pourquoi,

Hommes de sens, écoutez-moi ;

Loin de Dieu Tinjustice !

Loin du Tout-puissant l'iniquité î

Il traite l'homme selon ses œuvres.

Il rend à chacun ce qu'il mérite.

Certes non, Dieu n'est pas injuste !

Et le Tout-Puissant ne fausse pas le droit.

Qui lui a confié le gouvernement de la terre ? Qui a organisé Tunivers?

S'il ramenait à lui son esprit, Et s'il retirait à lui son souffle, Toute chair expirerait à l'instant.

Et l'homme retournerait à la poussière.

Si tu as de l'intelligence, écoute ceci, Prête Toreille à mes paroles :

Un ennemi du droit pourrait-il gouverner?

Le Juste-Puissant peut-il commettre l'iniquité ? Lui qui dit au roi : « Vaurien ! »

Aux princes : « Scélérats I » Qui n'a pas de préférences pour les grands.

Et ne regarde pas le riche plus que le pauvre, Parce qu'ils sont tous Vœuvre de ses mains.

Ils meurent subitement au milieu de la nuit.

Les peuples sont bouleversés et périssent ; Le puissant disparaît sans qu'une main (1) le saisisse. Car les yeux de Dieu surveillent les voies de l'homme Et il voit tous ses pas.

Point d'obscurité ni de ténèbres Où les artisans d'iniquité se puissent cacher I // n'a pas besoin de regarder un homme deux fois

(1) Une main d'homme.

JOB, xxxiv, 24-36 169

Pour le traduire devant son tribunal.

Il abat les puissants sans examen,

Et il en met d'autres à leur place;

Car il connaît leurs actions :

Avant que la nuit soit passée ^ il les brise,

[Sa colère] épouvante les méchants (i);

Il les frappe sous les yeux de la foule,

Parce qu'ils se sont éloignés de lui,

Et qu'ils n'ont pas voulu connaître ses voies.

Faisant monter vers lui le cri du pauvre ^

Lui faisant entendre le cri des malheureux. *

5'// accorde la paix, qui le blâmera ?

SHl cache sa face, qui le verra ?

[Il veille] ,

Sur les nations et sur chaque homme,

De façon que l'impie ne règne pas.

Qu'il ne soit pas un piège pour le peuple,

Convient-il de dire à Dieu :

« Tai porté la peine sans avoir conscience de Viniquilé, Apprends-moi ce que je ne vois pas ; Si j'ai fait le malyje ne recommencerai pas ? » Prendra-t-il ton avis pour te punir ?

Tu es sans respect (2) [pour les voies de Dieu] , Car tu cherches des détours (3), et non pas moi : Dis donc ce que tu sais !

Les gens sensés me répondront, Et tout homme sage qui m'aura entendu (dira) : a Job n'a pas parlé selon la science, Et ses discours ne sont pas selon la raison.

Eh bien! que Job continue à être éprouvé, A cause de ses réponses qui sont d'un pervers !

(1) Vere incomplet. Restitution conjecturale.

(2) Même observation.

(3) Littéralement : « tu choisis », tu expliques la conduite de Dieu par des raisons nouvelles et inadmissibles.

i70 JOB, XXXIV, 38- XXXV, 13

Car il met le comble à son péché (1),

En multipliant ses discours contre Dieu. »

Puis Elihu reprit la parole et dit :

Penses-tu que tu aies raison De te dire juste aux dépens de Dieu ? Tu dis : Qu'y gagné-je (2) ?

Quel avantage trouvé-je à ne pas pécher ? »

Je vais te répondre, Ainsi qu'à tes amis.

Considère les cièux et regarde :

Vois de combien les nuées te dépassent en hauteur!

Si tu pèches, quel tort lui (3) fais-tu?

Si tes fautes se multiplient, en quoi peux-tu lui nuire ?

Si tu es juste, quel avantage lui procures-tu,

Ft quel bien reçoit-il de ta main ?

C'est toi mortel que ton iniquité regarde ;

C'est à toi, fils de Vhomme que ta justice importe.

On gémit sous la violence de Voppression, On crie sous la main des puissants ; Mais l'on ne dit pas : « Où est Dieu, mon créateur, Qui amène les chants de joie dans la nuit (4); Qui nous instruit de préférence aux bêtes de la terre Et qui nous rend sages, de préférence aux oiseaux du On crie donc, sans être exaucé, [ciel (5). »

Sous la tyrannie des méchants.

Dieu n'écoule pas les discours frivoles,

(1) Suit un vers superflu et peu intelligible.

(2) A être juste.

(3) A Dieu.

(4) Qui fait succéder le honneur à l'adversité (?). Le grec lisait (( les veilles » niïD.

(5) Peut-être : « Qui nous instruit par les bêtes de la terre

Et nous enseigne la sagesse par les oiseaux du

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