SECOND DISCOURS DE BILDAD. XVIII
Apres s’etre plaint du peu de cas qu’on fait de ses premiers avis, il repete ce qu’il avait deja dit, que
11. Expression pittoresque. L’esperance est, en effet, la plus douce, la plus ancienne, et ordinaireruent la plus ferme possession de Thomme.
16. prorsus, omnino. Comparez dans l’Eccli. xvm, 1 : qui vivit in ceternum creavit omnia simul (id est, prorsus omnia). TitrnN si prorsus, d H, si, comme il taut en convenir.
l’impie est toujours malheureux sur la terre. Ce discours ne differe du premier de cet interlocuteur, qu’en ce qu’il n’est tempere par aucune espece de consolations ni de promesses.
TRA DUCTION
XVIII, 1 Bildad le suhite prit la parole et clit :
% Quand mettrez-vous un terme a ces discours? Veuillez reflecliir, alors nous parlerons.
3 Pourquoi passons-nous pour des brutes,
Pour des etres immondes a vos yeux.
4 Toi qui te d6chires dans ta colere,
Est-ce que pour toi la terre sera desertee,
Et les rochers transposes de leur place?
5 Oui, la lumiere des mechants s’eclipsera Et la flamme de son foyer ne luira plus.
G Le jour s’obscurcira dans sa tente ;
Sa lampe s' eteindra pres de lui.
7 Ses pas fastueux sont entraves ;
Ses conseils le precipitent.
3. ijipuj ; nous ne voyons aucune raison de nous ecarter du sens connu du verbe rqio, conjugue quelquefois comnie
noio • Le sens « 6tre stupide, » auquel s’arretent plusieurs
traducteurs raodernes, n’est point justifie par des exemples.
6. La lumiere, et en particulier la lampe, sont des symboles du bonheur. La flamme du foyer et la lampe figurent plus particulierement le bonheur domestique, les joies de la vie privee.
8 Ses pieds le jettent dans des rets;
II les pose sur une trappe.
9 Le filet saisit ses talons;
II est serre dans des nceuds.
1 0 Les lacs etaient caches sous terre,
Le piege dans son sender.
\ 1 De toutes parts les terreurs l’assiegent;
Elies le poursuivent de tres-pres.
1 2 Son iniquite est beantc devant lui ;
La ruine se dresse a ses cotes.
1 3 La peau de ses membres est devoree,
Ses membres sont devores par le premier-ne de la mort.
8. H33.UL litt. une claie, un treillis, au’on pose sur une fosse
et qu’on recouvre de feuillage, afin que les betes feroces, marchant dessus, y tombent.
k ses pieds, pour signifier derriere lui , sur ses
talons. Comme on dit vYa, devant lui.
tt ;
12. Autr. : « Ses forces sont epuisees par la faim. » Le parallelisme favorise le sens que j’ai suivi. fij* est tout a la fois Viniquite et le clidtiment de l’iniquite.
Cet endroit rappelle la parole du Seigneur h Gain (Gen., iv, 7) : « Si tu fais mal, le peche est k ta porte (comme un lion), accroupi (pret i te devorer). »
13. Je conserve au mot yiy sa signification propre. L’interlocuteur, faisant allusion a la maladie de Job, nous en peint
, les progres. Elle devore d’abord la peau, et puis les membres entiers. Le premier-ne de la mort, c’est-a-dire la maladie la plus cruelle. Les Arabes nt la meme image. Us appellent les
maladies, (dies de la mort. .LxJ] Cf. Schultens.
14 Tous ses appuis sont enleves de sa tente.
La mort le conduit au Roi des terreurs.
1 5 Elle habite dans sa tente, qui n’est plus sienne ;
Le souffre pleut sur sa demeure.
16 En bas, sa racine se desseche;
En haut, ses rameaux sont coupes.
17 Sa memoire perit de la terre;
Son nom ne retentit plus au dehors.
1 8 II est pousse de la lumiere dans les tenebres,
Et banni de la face du globe.
1 9 II n’a point de fils, point de lignee dans sa tribu ; Aucun survivant dans sa maison.
20 Les peuples de I’Occident sont stupefaits de sa
chute,
Et ceux de l’Orient sont saisis d’epouvante.
21 Telles sont les demeures de l’impie,
Telle la place de Thomme qui meconnait Dieu.
14-15. Les interpretes sont fort en peine pour assigner le sujet des verhes YWi’Fb fbttfrv La plupart y voient des im-
personnels. Ce qui peut 6tre vrai du premier, mais non du second, puisqu’il est evident qu’on ne peut faire habiter en un lieu qu’un sujet determine. Pour cviter cet inconvenient, quelques-uns ont donne pour sujet au verbe
l’expression Vyibani et c’est ainsi que M. Renan a traduit :
« L’etranger habitera dans sa tente. * Ce sens ne me parait pas admissible. L’expression ih iSna* consideree soit en elle-
m6me, soit dans son rapport b la forme feminine du verbe auquelon le donne pour sujet, ne pourrait etre qu’au neutrc, jamais au masculin.