V. 4. Tu es mon ministre (4) pour l’bternite. C’est la suite
(4) Chald. Tu es le prince du siecle futur, ce qui donnebienle sens du mol cohen, quoique pas exactement celui du mot aVii/S. 11s ont pris le b pour marque du g£n. et le mot ably dans le sens qu’il avait regu depuis. Comparer cependant tj 13K P^re de l’dternit6,dans Isa'ie ix, 5.
PSAUME CX
« Selon 1’ordre de Melchisedech. »
5 0 Jehova, Adonai est a ta droite.
II a brise les rois au jour de sa colere.
naturelle des versets precedents. Jehova assis sur les Cherubins dans le saint des saints, Jehova dont les pieds reposent sur l’arche comme sur le marche-pied de son trone fait asseoir k sa droite son Christ, considere selon sa nature humaine, et lui donne part aux honneurs de la divinite. C’est de 1&, du temple b^ti sur la montagne de Sion, qu’il doit etendre sa puissance sur tous ceux qui le hai'ssent : son peuple vient done au temple pour l’adorer et se consacrer & lui avec tous ses biens. Dieu lui donne une jeunesse eternelle, et jure qu’il l’etablit son representant, et l’unique mediateur par lequel il veut gouverner le monde et se communiquer aux hommes, pour toute l’eternite. Le mot cohen en arabe signifie proprement, un delegue, un charge d’affaires, un procureur, et il a le meme sens en hebreu, avec cette difference que les Hebreux ne l’emploient d’ordinaire que pour le delegue de Jehova, et celui qu’il charge de ses affaires vis-a-vis des hommes. Cependant on trouve, meme en hebreu, plusieurs exemples du contraire. Ainsi dans les livres des Rois, les enfants de David sont appeles cohanim e’est-h-dire, vice-rots, les premiers apres lui, selon l’exacte substitution
qu’on lit dans ce meme verset, aux Paralip. Yoyez-en plusieurs autres exemples dans le dictionnaire deGesenius, ouce sens est confirme par les paraphrases chaldaiques. Comment apres cela Gesenius a-t-il pu nier que le verbe arabe cahana ait le sens de ministravit. Est-ce que le grand-visir n’est pas le premier ministre du souverain?
Or, Dieu a deux classes de ministres, les pretres et les rois. Le mot cohen s’applique surtout aux premiers qui sont plus specialement ses ministres. Le pretre est le ministre de Dieu non-seulement en tant qu’il offre des sacrifices, mais aussi en ce qu’au nom de Dieu il gouverne les peuples, et exerce sur eux une autorite spirituelle. Mais applique au Christ, il doit 6tre
PSAUME CX
6 II juge les peuples; il jonchela terrede cadavres.
II ecrase la tete de ses ennemis par toute l’etendue
de l’univers.
7 II boira dans la vole, de l’eau d’un torrent,
Et c’est pour cela qu’il elevera la tete.
pris dans toute son etendue, comme le prouve tout 1’ensembie du Psaume, et les mots qui suivent immediatement, a la manure de Melchisedechi lequel etait pretre et roi tout ensemble.
V. 5. On peut douter siAdonai doitetre entendu de Jehova ou de son Christ. Cependant, comme au commencement du psaume le Christ regoitl’ordre de sieger k la droite de Jehova, qu’il y est designe par le mot Adorn, mon Seigneur (seigneur de David), et Jehova, toujours par ce seul nom, qu’il est certain par d’autres psaumes que les divers noms de Dieu sont donnes au Christ, qu’en ce psaume meme il est represente comme recevant les honneurs divins, et qu’enfin le dernier verset, qui n’est que la suite de celui-ci, a pour sujetle Christ, il est bien plus naturel de supposer qu’Adonai se rapporte au Messie ; il y a ainsi plus de suite et de liaison dans le psaume. Et en effet tous les verbes qui suivent expriment des idees familieres aux prophetes, qui nous depeignent le Christ comme un conquerant et un vainqueur plein de gloire.
7. On a donne au dernier V. un sens bien mesquin, en supposant qu’il y avait une allusion au fait de Gedeon et h la manibre dont il distingua les soldats qui devaient le suivre au combat et a la victoire. 11 nous parait evident que le vrai sens est celui des Peres et de tous les anciens interpretes qui y voient une prophetie des souffrances du Messie, cause de s gloire Ce mot ne signifie nullement postea comme il
faudrait le traduire dans l’autre sens, mais propterea.
NOTE SUR LE TRAllE DE M. LE HIR.