‹ Le livre de l'amitiéChapitre 17 sur 22 · AVENIR · texte numérisé non relu

AVENIR

De notre amour qu'adviendra-t-il ?

Doit-il périr ce beau mirage, Comme se flétrit un pistil, Comme se dissipe un nuage ?

Et le poète s'en ira Lumineux, par-dessus la foule, Comme sur l'ardent Sahara Les vapeurs d'or que l'éther roule.

Et tu chercheras un abri Dans la famille et dans le calme.

Ne demandant — ô mon chéri !

Qu'un peu de l'ombre de ma palme.

Et de ces jours prestigieux, De ces soirs voilés et languides Où tes yeux disaient à mes veux L'étrangeté d'aveux timides,

De ce printemps, de cet été, Floraison d'âmes et de roses !

O Mvrtil, que doit-il rester, Que doit-il rester de ces choses ?

Des baisers — éternels parfums, Du bonheur — oiseau qui s'effare, C'est beaucoup. Myrtil, car les uns Sont si doux et l'autre est si rare.

Que d'espoirs fauchés!... Les noirs scepticismes Et les dégoûts noirs vont fondre sur nous : Soudain qu'un rayon flamboie en vos prismes, Amour, Amitié... je tombe à genoux.

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