QUE SERAIT LA FRANCE SANS SES ECRIVAINS
Le romancier Dickens, après avoir passé sa vie à soutenir les faibles et les déshérités, vient d'être enterré glorieusement sous les voûtes de Westminster.
Je souffre de penser que le même écrivain, s*il fût né en France, aurait consumé une partie de ses jours à Sainte-Pélagie, et que ses restes auraient été relégués, avec ceux d'Eugène Sue, dans une terre étrangère.
EDGAR QUINET
( A /'Avenir du Gebs. )
Une heure de vérité.
Vfv laux (Suibsc , mai 1870.
Monsieur et cher concitoven,
Je vous envoie tous mes vœux pour le Progrès des Communes. Oui c'est là le commencement et la lin. Il s'agit de porter la vie publique là où Ton a mis la mort.
Je suis dans un pays où le moindre paysan agit sur la commune, le canton, et prend sa part de discussion dans tous les grands intérêts de l'État.
Pourquoi la France ne pourrait-elle pas, é son tour, faire un pas dans cette voie des peuples civilisés?
Pourquoi sçrait-elle à jamais condamnée à ce degré inférieur où l'habitant des campagnes n'est rien que l'agent muet d'un grand chef qu'il ne connaît pas?
ISli UELHE DK VKKlTt:.
Aidez-nous à sortir de celte condition barbare dont TEurope ne veut plus. Polissez-nous, civilisez-nous. Il est temps que nous devenions des hommes.
Partout la civilisation grandit autour de nous avec la liberté et la dignité humaine. La France seule ne restera pas comme un point noir sur la carte du monde social.
Ne nous accoutumons pas à cette nuit morale qui nous enveloppe.
Luttons jusqu*à notre dernier jour contre notre vieil ennemi, le pouvoir absolu, quels que soient les noms nouveaux qu'il se donne.
Nos temps nous ont appris qu'il y a quelque chose de pis que le despotisme déclaré, c'est le mensonge de la liberté prise et acceptée pour masque.
Vous allez entrer dans le combat. Ne laissons pas fausser nos armes. Ce que nous demandons, c'est une heure de vérité.
EDGAR QUINET
(Au Phogrks des Communes.)
Aiix Paysans (1).