DISCOURS DANS UNE REUNION ÉLECTORALE
Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonnet .
10 octobre 1873.
Tout ce que je vois parmi vous me remplit de joie et d'espérance. Honneur au généreux citoyen qui se multiplie pour faire triompher la justice, la liberté, le droit dans l'élection de demain ! Tant d'efforts pour le bien ne seront pas vains.
Vos adversaires se trompent ou vous trompent quand ils parlent de liberté, d'égalité. La première condition du gouvernement de réaction qu'ils pensent nous imposer, c'est l'inégalité ; la seconde est la terreur. Croyez-vous qu'ils puissent faire reculer la France d'un siècle, sans violence? Non, cela leur est impossible. Ils sont condamnés à gouverner par la crainte; il faut
ELECTION REMUSAT. 4ild
qu'ils fassent entrer la terreur et Toppression sous chaque toit. Ils parlent d'ordre et ils sont condamnés à mettre le désordre et la ruine en toutes choses.
Et sur quel droit appuient-ils leur prétention de vous arracher vos droits? Sur leur bon plaisir. Ils ne donnent aucune autre raison, sinon qu'il leur plaît de vous dépouiller de ce que vous possédez légitimement.
Je ne reconnais à personne l'autorité de vous dépouiller des droits que vous avez acquis par quatre-vingts ans de travail. i
Soyez certain que vos droits seront énergiquement défendus. Je dirai aux républicains de l'Assemblée ce que j'ai vu parmi vous. Ils en seront heureux; ce sera pour eux une 'première assurance de la victoire nécessaire de la République sur ses aveugles ennemis.
Élection Rémusat.
Villefronche-dc-Lauragais (Haute-Garonne^.
0 oclobre i873.
Mon cher Calés,
Voilà une heureuse nouvelle. Après la lettre par laquelle M. de Rémusat accepte la candidature, j*espére qu'aucun républicain n'hésitera à voler pour lui. Jamais péril ne fut plus grand. Si la réaction remportait, vous verriez toutes les horreurs de la Terreur blanche.
Je sais bien que l'ancien régime et le droit divin finiraient encore une fois par être étouffés, sous la haine publique, par une révolution vengeresse. Mais quelle mer de sang et de larmes il faudrait encore traverser!
Républicains, patriotes de toutes nuances, évitez à la France de nouvelles calamités.
Votre ami dévoué,
EDGAR OUINET
Kl.KCrK^N KKMl.SAT. i*,7
Villofranchi?, 8 Oflobre 1873.
Cher ancien compagnon d'exil,
Recevez un remerciment pour votre lettre. Elle nous laissait dans une incertitude qui heureusement est dissipée depuis que M. de Rémusat a fait sa déclaration. La conduite de votre comité électoral reçoit , ainsi un éclatant témoignage. Dans une situation pareille, peut-il encore y avoir des dissidents ? Non, je Tespére. Chacun sentira qu'il y va de la vie ou de la mort de la France. Puissé-je voir ici voire victoire! On y travaille activement autour de moi. Nous comptons sur le succès ; il est nécessaire, la France entière l'attend.
Votre affectionné et dévoué,
KDr.AR QUINET.
V'ilhrraiiclie. !•• 10 oclobre l87d.
Monsieur et cher concitoyen,
Voici encore un mot que Ton m'assure n*etre pas inutile. Je me hâte de vous l'adresser pour qu'il puisse paraître demain dans ht Dépêche.
Tout à vous,
EDG.VH QUINET.
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