‹ Le livre de la fermièreChapitre 14 sur 184 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

« Écrire pour le laboureur >>, a dit un ancien auteur; fréquemment cité, maître Jacques Bujault, « c'est faire raum6ne au pauvre ».

Ces paroles nous venaient à Tesprit au moment de présenter ce livre au public, et nous songions que, vraies à répoque où elles furent écrites, elles ne correspondent plus à la réalité.

De toutes parts, en effet, et grâce au développement progressif des sciences agricoles, mieux connues aujourd'hui, une abondante floraison d'œuvres diverses a jailli. Les hommes les plus compétents ont rivalisé de zèle et de dévouement pour instruire le paysan, l'ancien pauvre devenu millionnaire.

Une lacune existe cependant encore dans cette riche bibliothèque. On a beaucoup et très bien écrit, très savamment et très pratiquement aussi, pour le cultivateur, mais la femme de la campagne, la « maîtresse », n'a pas encore eu sa littérature : le silence établi autour d'elle l'a isolée des autres travailleurs de la terre, la confinant dans la partie purement machinale et quelque peu empirique de son rôle.

Elle a pourtant droit à sa part de lumière et, sans entrer ici dans un exposé détaillé de la tâche de la femme à la campagne, exposé que nos lecteurs trouveront plus loin dans ce volume, — s'ils s'aventurent jusque-là, — nous dirons que celle qui participe si puissamment à la

Page 1