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Rouleau de jardin

dans un local spécial, souvent une petite cabane placée dans le jardin même ou à proximité.

Culture potagère.

Elle a, nous J 'avons vu, la plus grande importance à la ferme et c'est celle qui réclame, de la part de la fermière, la surveillance la plus assidue. Nous allons passer rapidement en revue les principaux légumes, en les classant d'après la nature des produits qu'ils fournissent et leurs affinités botaniques.

Nous indiquerons, pour chacun d'eux, quelques-unes des meilleures variétés.

Légumes tubéreux, — On classe sous cette désignation les légumes dont on consomme les parties souterraines : racines, rhizomes, tubercules ou bulbes.

Il faut aux plantes de celte catégorie des sols labourés profondément.

Crucifères. — Le navet et la rave, — qui n'est qu'un navet à racine courte et arrondie, — présentent de très nombreuses variétés, blanches, jaunes, rouges, grises ou noires, tendres ou sèches. Parmi les meilleures figurent les navets des Vertus, long et rond, le navet des Vertus marteau (iig. 147), le navet blanc plat hâtif, le navet jaune long, le navet rouge plat hâtif, le navet noir long d'Alsace, Il faut leur réserver des terres fraîches et bien fumées. Au jardin, on sème le navet en pleine terre, soit de mars à fin mai, soit, de préférence, en juillet-août.

Biner les planches, arroser copieusement pendant les chaleurs.

Récolter avant complet développement, pour avoir des racines tendres.

Lespetits radis, ronds, demi-longs ou longs, se font quelquefois sur couche dans des laitues, carottes, etc. En pleine terre, on les sème de février jusqu'à la fin d'octobre, pour récolter les plus hâtifs au bout d'un mois, les autres après cinq à six semaines.

Les gros radis d'été se sèment de mars en août. On récolte après six semaines ou deux mois. Ceux d'hiver — noir long, noir rond, etc., — semés de mai jusqu'à la fin de juillet, dans une terre un peu forte de préférence^ demandent trois mois pour atteindre leur développement normal. Arrachés en octobre-novembre, ils se conservent bien en cave pendant l'hiver.

Le renflement, blanc ou violet, du chou-rave (fig. 148)^

Fig. 147. — Navel des Vertus marteau.

formé à la base de la tige de ce chou, est un légume délicat, très apprécié dans Test de la France et les pays voisins, mais trop peu connu dans beaucoup de nos départements. C'est une excellente ressource pour Thiver, car il se prête fort bien à la conservation. On le consomme dans les soupes, cuit à l'eau ou sauté. Le chou-rave se sème en pépinière, de mars afin juin, pour le repiquer, en terre fraîche et meuble, un mois ou six semaines après, et ré-

Fi^. 148. — ^Chou-rave.

colter, avant complet développement, deux mois plus tard.

Dans le chou-navety ce n'est plus la tige, mais la racine qui se renfle. Le rutabaga, très cultivé en Bretagne, sur-^ tout comme plante fourragère, est un chou-navet jaune. Les climats humides, les terres fortes et fraîches conviennent au chou-navet. On le sème le plus souvent en place, au printemps, pour le récolter à l'automne.

La racine du raifort, à saveur brûlante, est employée comme condiment, avec les viandes. La plante est vivace ; on la multiplie par tronçons de racines, qu'on plante au printemps.

Ombell itères. — On connaît toute l'importance culinaire de la carotte.

Il en existe de très nombreuses variétés ; les rouges sont de beaucoup les plus recherchées, les jaunes viennent ensuite, les blanches n'ont de valeur que pour le bétail. Citons, parmi les meilleures : pour la primeur, la

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Fig. 149. — Carolle rouge courle de Hollande.

carotte rouge à forcer parisienne et la carotte grelot, pour la pleine terre, la carotte courte de Hollande [fi^. 149), la carotte rouge demi-longue nantaise, h^ carotte rouge longue. La carotte s'accommode dès sols les plus divers, mais, dans les terrains caillouteux ou trop compacts, dans ceux aussi qui ont reçu récemment des fumiers pailleux, elle devient fourchue et durcit. Lui réserver, de préférence, des terres fraîches et profondes.

La culture forcée de la carotte se fait sur couche tiède,

sous châssis; on récolte d'avril en juin, trois mois et demi à quatre mois après le semis. En pleine terre, on répand la graine, préalablement persillée, de la fin de février Jusqu'en septembre, avec interruption pendant les fortes chaleurs, du 15 juillet au 15 août; les semis d'aoOt-

septembre ne s'adressent qu'à des variétés hâtives, carotte Grelot notamment, qu'on conserve l'hiver sous une couverture de feuilles ou de litière.

La récolte commence trois mois et demi à quatre mois après le semis, sans trop attendre pour éviter que les carottes se fendent ; elle se prolonge pendant près d'un mois, en arrachant successivement les racines les plus avancées. Pour la consommation d'hiver, on conserve de préférence les carottes demi -Ion gués récoltées en octobre-novembre ; débarrassées de leurs feuilles, on les rentre en cave saine, à l'abri des gelées; souvent on les y dispose en meules recouvertes de sable

Le céleri-rave (fig. 150), issu du céleri ordinaire, présente une racine charnue, que l'on mange cuite ou crue comme hors-d'œuvre ; c'est un légume peu connu dans nos campagnes. 11 lui faut des terres fraîches, riches en

Fig. 150. — Céleri-rave.

terreau. Semé sur couche tiède, en mars-avril, on le repique ensuite sur une nouvelle couche, pour le mettre définitivement en place vers le milieu de mai. La récolle a lieu en octobre. •

La racine du cerfeuil tubéreux, semblable à une petite carotte blanche, a une saveur sucrée et aromatique. La plante est d'une culture trop délicate pour trouver place au jardin de la ferme.

Cbénopodées. — La betterave^ si importante en grande culture, n'offre qu'un intérêt secondaire au potager ; elle n'entre directement dans l'alimentation de l'homme que sous la forme de hors-d' œuvre ou de salade. La betterave rouge grosse, la betterave crapaudine, la betterave rouge plate d'Egypte, les betteraves rouge et jaune de Castelnaudary sont parmi les variétés les plus connues. Semer la betterave en mars, avril ou mai, dans une planche copieusement fumée d'avance, en enterrant les graines en lignes, à 35 ou 40 centimètres d'écartement. L'arrachage a lieu de juillet à octobre. Les racines, décolletées, se gardent aisément en cave, dans du sable sec ou de la sciure de bois.

Solanées, — La pomme de terre n'a pas son équivalent pour la table du citadin, et moins encore pour celle du cultivateur. Si toutes les variétés, au nombre de plusieurs milliers, qu'elle a fournies, peuvent être également employées à la nourriture de l'homme, il en est de moins appréciées pour cet usage, qu'on réserve plus spécialement à l'industrie ou au bétail. Nous avons indiqué précédemment (Voy. Hygiène de l'alimentation, p. 90) les caractères et la valeur culinaire de nos variétés les plus connues. Ces variétés se classent en jaunes rondes, jaunes longues, rouges rondes, rouges longues et violettes. Celles qui servent à la grande consommation : Chave, Lesquin, Quarantaine de la Halle, Saucisse rouge, Quarantaine violette. Magnum bonum appartiennent à la culture champêtre et doivent être exclues du jardin, qu'elles encom-

breraient inutilement ; seules, à la rigueur, peuvent y trouver place, s'il est assez grand, des variétés plus précoces et plus délicates, moins productives aussi : Marjolin hâtive, Feuille d'ortie, Marjolin Têtard, Victor, Royale, Belle de Fontenay, qui donneront de bonne heure des pommes de terre nouvelles de qualité supérieure. Encore ces variétés, pour l'obtention de produits de saison, peuvent-elles être cultivées en dehors du jardin, qu'il vaut mieux réserver à des légumes plus véritablement horticoles.

Si l'on veut avoir des pommes de terre hâtées, on plantera un peu tôt, à bonne exposition, des tubercules

Fig. 151. — Clayette à pommes de terre.

préalablement germes à la lumière, par l'exposition sur des clayettes semblables à celles de la figure 151. Ce sont, évidemment, les variétés les plus précoces que l'on choisira pour cette culture. Dans de bonnes conditions, avec la plantation de printemps, elles mûrissent au commencement de juin dans le centre de la France; les variétés les plus tardives, au contraire, ne sont mûres qu'à la Qn d'octobre.

En les égermant comme nous l'indiquons plus loin, les pommes de terre peuvent être conservées pendant tout l'hiver, jusqu'en mai-juin.

Composées, —Le topinambour liwe à la consommation

des tubercules sucrés dont la saveur rappelle celle des fonds d'artichaut. Appréciés pour la nourriture du bétail, on les délaisse volontiers pour la table, à tort, à notre avis, car ils fournissent des mets assez fins. La durée de végétation de la plante, qui occupe le terrain du printemps à l'automne, et la difficulté d'en débarrasser le sol, la font généralement proscrire du jardin. Quelques tubercules, plantés en mai's-avril dans un coin quelconque, permettent de récolter des produits de novembre à mars, en les arrachant au fur et à mesure des besoins.

Les racines du salsifis blanc (lig. 152) et de la scorsonère ou salsifis noir se mangent cuites, et leurs feuilles peuvent être utilisées en salade.

On les sème au printemps, de mars à mai, dans des terres riches et fraîches, pour les récolter depuis octobre jusqu'à la fin de l'hiver. Si des pieds montent dans le cours de l'été, couper les tiges florales dès leur apparition, pour permettre

Fig. 152. — SalsiBs.

à la racine de se développer et de rester tendre.

Labiées, — L'introduction en France du crosnes du

Japon ou stachys tubéreux (fig. 153) ne remonte qu'à 1882.

Plante très voisine de notre épiaire commune, il donne des

chapelets de petits tubercules assez recherchés, qu'on

consomme cuits à l'eau, frits ou en salade. On le multiplie

par tubercules séparés, qu'on plante, en mars, à 30 ou

40 centimètres d'écartement.

11 est très rustique et réussit dans presque tous les sols.

On arrache les tubercules au fur et à mesure des

besoins, depuis la fin d'octobre.

Liliacées. — Nous devons à cette famille botanique

des plantes potagères importantes et nombreuses.

Le bulbe de Voignon tient une place énorme dans l'art culinaire.

On multiplie la plante par semis, en terre saine fumée assez longtemps à l'avance.

Dans le centre et le nord de la France, les oignons blanc rond dur de Hollande, jaune paille des Vertus, jaune de Danvers, rouge foncé, etc., et les oignons de couleur en général sont semés de la fin de février jusqu'au milieu d'avril. Tantôt on les laisse en place, tantôt on les repique, surtout dans les terres argileuses fraîches, pour avoir de plus gros bulbes. L'oignon est mûr en juin-juillet dans le midi de la France, en août-septembre dans la région de Paris.

Dans les jardins du nord, les variétés hâtives d'oignons blancs : oignon de la Reine (fig. 54), hâtif de Paris, hâtif de Valence, etc., et, dans l'ouest et le midi, les autres variétés

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