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Crosnes du Japon

aussi, se sèment en août-septembre, en pépinière. Les plants obtenus sont repiqués dans la seconde quinzaine d'octobre ou, dans les soJs compacts et les climats froids, en février-mars. La récolte a lieu en avril-mai. En semant l'oignon en place, très dru, vers la fin de mai, dans un sol un peu maigre, on obtient, en août, de petits bulbes très recherchés pour les confire au vinaigre.

Dans les jardins, on plante Vail en bordures ou dans de petites planches.

Les caieux ou gousses sont mis en terre de la mi-février au commencement d'avril dans le nord, dès le mois d'octobre dans le midi ; la récolte se fait au début de l'été ou en juillet suivant les régions ; on en hâte le moment en nouant les tiges ensemble quand elles ont atteint tout leur développement. Après arrachage et ressuyage, on forme avec les plantes des bottes ou des chaînes, qu'on suspend dans un local sec.

Véchalote se cultive comme l'ail.

Fig. 154. — Oignon blanc de la Reine.

Légumes herbacés. — Ce sont ceux dont les tiges, l«s feuilles ou les inflorescences constituent les parties comestibles.

Liliacées. — Le poireau entre dans la confection des soupes, est mangé avec les légumes qu'on en retire et peut être aussi accommodé à la façon de Tasperge.

11 a donné naissance aux variétés : long d'hiver de Paris, gros court y gros court de RoueUj monstrueux de Carentan, jaune du Poitou, etc. Les premiers semis se font en mars, M"»e 0 . BussARD. — Le livre de la fermih^e. 26

les suivants en avril ou mai, en pépinière; les plants sont repiqués quand ils atteignent la dimension d'un tuyau de plume. On donne de fréquents arrosages et souvent on butte les plantes. La récolte des poireaux semés en mars commence en septembre ; ceux des semis de mai repiqués en juillet-août, sont arrachés de novembre jusqu'en avril pour la consommation d'hiver. Semé en septembre, directement en place, le poireau long d'hiver donne, en maijuin, des produits qui peuvent rivaliser avec les poireaux de primeur.

La ciboule et la ciboulette (fig. 155) sont deux plantes condimentaires, qui occupent généralement de faibles

Fig. 155. — Ciboulette.

surfaces dans les bordures du potager. On sème ]^ ciboule en place au printemps ; la ciboulette se multiplie par division des touffes .

L'asperge a déserté en grande partie les jardins pour les champs. L'établissement d'une aspergerie demande des soins; il faut choisir un sol parfaitement sain, la plante redoutant l'humidité par-dessus tout, le bien défoncer et le fumer fortement. La plantation des griffes (fig. 156),

qu'on trouve toutes préparées dans le commerce, se fait sur de petites buttes de terre, dans des tranchées de 10 ou 15 cenlimètres de profondeur; elle a lieu en février dans le midi de la France, en mars-avril dans le nord. A l'automne de la première et de la deuxième année, on coupe les tiges de la plante à 15 ou 20 centimètres au-

Fig. Io6. — Griffe d'asperge.

dessus du sol; au printemps et en été, des binages sont donnés au terrain, dans lequel d'ailleurs on poursuit le plus souvent d'autres cultures entre les lignes d'asperges. Fin mars ou au commencement d'avril de la troisième année, on butte les pieds d'asperge; c'est seulement alors que la récolte des turions peut commencer sur les plus vigoureux; on attendra à l'année suivante pour les pieds faibles. Les asperges sont bonnes à cueillir dès que la pointe apparaît au dehors. On les détache du pied à la main, en les déchaussant à la base. Chaque année

on coupe les tiges à l'automne et l'on débutte les pieds, qu'on butte à nouveau au printemps suivant; on donne aussi à la plantation des fumures d'entretien. L'aspergerie n'est en pleine production qu'à la sixième année ; bien conduite, elle peut durer douze à quinze ans au moins.

Crucifères. — Si différents que nos choux cultivés soient par les produits qu'on en tire, ils dérivent tous d'une même espèce.

Les choux cabus fournissent une pomme lisse, plus ou moins dure, plus ou moins élevée ou aplatie. Les choux

Fig. 157. — Chou cœur de bœuf.

de printemps (choux d'York, pain de sucre, cœur de bœuf (fig. 157), Bacalan, petit Joanet) se sèment en pépinière en août-septembre ; on repique les plants dans une nouvelle pépinière dès qu'ils ont deux ou trois feuilles et on les

met en place, dans un terrain bien fumé, de la minovembre au milieu de décembre. Pendant l'hiver, on les protège, s'il y a lieu, à l'aide d'un peu de litière. Sous les climats froids ou dans les terres humides, la plantation, définitive n'est effectuée parfois qu'au printemps. La récolte se fait du milieu d'avril jusqu'en juin. Pour obtenir des pommes blanches et tendres à l'intérieur, trois semaines ou un mois avant la récolte on les ferme en les liant avec un peu de paille.

Les choux d'automne et d'hiver (choux de Saint-Denis, de Vaugirardj gros Joanet, chou quintal) sont tardifs et donnent des pommes parfois énormes. On les sème de mars en juin pour les récolter à l'arrière-saison. Les plants, obtenus en pépinière, sont repiqués directement en place. Le chou quintal, dont les pommes, de dimensions considérables, servent à faire la choucroute, appartient à la grande culture et se trouve rarement dans les jardins.

Les chouœ de Milan ou choux frisés {de Paris, ordinaire, vancalier de Touraine, des Vertus) se cultivent de la même façon que les choux cabus d'automne. 11 en est encore de même pour les choux à grosses côtes, dont les feuilles présentent des nervures très développées, et pour les choux verts, qui ne pomment pas et dont on consomme les feuilles pendant tout l'hiver.

On sème le chou de Bruxelles {ordinaire, nain ou moyen) enpépinière depuis la fin de février jusqu'en mai. Les plants sont repiqués en pleine terre un mois après le semis. La récolte des petites pommes qui naissent latéralement sur la tige peut commencer en octobre, pour se prolonger pendant tout l'hiver, jusqu'en mars. Ce légume délicat est recherché des gourmets.

L'inflorescence anormale du chou-fleur est une précieuse ressource pour les menus de la ménagère. La culture forcée de cette plante, sur couche et sous châssis, n'est guère à sa place à la ferme. La culture ordinaire, au

contmre, s'y fait non seulement au jardin, mais encore en plein champ dans certaines régions. Pour obtenir des choux-fleurs au printemps, on sème en pépinière vers la jni-septembre ; les plants sont repiqués dès qu'ils ont deux feuilles, hivernes sous cloche ou sous châssis et mis en place en mars. Quand la pomme est formée, pour lui conserver sa blancheur et sa finesse on la recouvre d'une feuille, qu'on renouvelle, puis vers la fin, on rabat

Fig. 158 -- Ghou-fleui* Alleaume nain hàtif.

sur elle les feuilles du tour, qu'on casse à cet effet. La récolte commence en juin. Les choux-fleurs demi-dur de Paris et Lemaitre à pied court se prêtent bien à ce mode de culture. Le Lenormand à pied court convient pour la culture d'été, assez aléatoire si on n'opère de fréquents arrosages. La culture des choux-fleurs d'automne est la plus facile. En dehors des variétés qui précèdent, on fait emploi des choux-fleurs de Chambourcy ^ demi-dur de Saint- BrieuCj nain hâtif de Chalon, dur de Hollande, Les semis ont lieu dans la première quinzaine de juin pour les

variétés demi-dures, quinze ou vingt jours plus tard pour les dures; on repique les plants en place dans la première ou la seconde quinzaine de juillet, pour récolter en septembre-octobre ou en octobre-novembre.

Les choux brocolis diffèrent fort peu des chouxfleurs proprement dits; on les cultive comme ceux-ci, mais en les semant de mars à juillet, pour les récolter depuis le mois de septembre ju '-qu'au printemps ; on les abrite pendant Thiver, en les « ouvrant de feuilles ou de litière.

Le cresson de fontaine est vne plante essentiellement aquatique. Le bassin d'une fontaine, le lit d'un ruisseau peu profond, ou un simple baquet de terre constamment humectée, permettent d'établir une cressonnière, en repiquant, au printemps ou en été, des tiges de la plante sur le sol, qu'on submerge progressivement ensuite.

Le cresson alénois, le cresson de terre viennent avec la plus grande facilité dans les jardins.

Composées, — L'artichaut {fig. 159) est peu rustique, il redoute les froids et l'excès d'humidité de l'hiver. On le multiplie quelquefois par semis, le plus souvent par plantation d'œilletons, bourgeons développés à la base des plantes. L'œillelonnage, qui a pour but de supprimer les bourgeons trop nombreux, — on n'en laisse généralement que deux par pied, — fournit les plants. 11 se fait habituellement de mars à mai, parfois à l'automne dans l'ouest et le midi. Les œilletons moyens sont les meilleurs ; on les plante en terre riche et fraîche. Les pieds qui proviennent des plantations d'automne donnent une première récolte en juin-juillet suivant, ceux nés des œilletons de printemps ne commencent à produire qu'en septembre-octobre. Dès l'apparition des premiers froids, on coupe les tiges et les feuilles de l'artichaut et on le butte sans couvrir le cœur. On le débutte au printemps suivant, en février-mars, pour laisser la plante se développer librement. L'artichaut est vivace et, conve-

nablement soigné, peut fournir pendant quatre ^ans des récoltes satisfaisantes.

L'artichaut gros vert de Laon, Tartichaut camus de Bretagne et V artichaut vert de Provence se partagent les diverses régions de la France.

Le cardon ne diffère de Fartichaut qu'en ce queues

Fig. 159. — Artichaut.

capitules ou tètes sont beaucoup plus petits et épineux, les feuilles, au contraire, plus grandes, avec une large nervure centrale qui constitue la partie comestible. On le sème en mai et, quand il est suffisamment développé, vers le début de septembre, on en rapproche les feuilles, qu'on lie avec de la paille, pour faire blanchir le cœur. La récolte a lieu une vingtaine' de jours après la ligature, pour la consommation immédiate.

r;est également à la famille des Composées qu'appartiennent nos principales salades. Les laitues pommées et

les laitues romaines se distinguent par la pomme, arrondie chez les laitues, allongée chez les romaines, et par la consistance des feuilles. Pour les unes et les autres, il existe des variétés de printemps, d'été et d'hiver. Les premières (laitues crêpe, gotte, Georges, romaines verte et grise maraîchères) sont précoces et se prêtent bien à la culture forcée sur couche. Les variétés d'été (laitues blonde d'été, palatine, brune paresseuse, Merveille des quatre saisons, romaines blonde maraîchère, brunes anglaises) ont la propriété de monter moins rapidement à graine;

Fig. 160. — Laitue rouge d'hiver.

celles d'hiver (laitues grosse blonde d'hiver, de la Passion, rouge d'hiver (fig. 160), romaines verte et rouge d'hiver) àont rustiques. Il faut aux laitues des terres saines et des arrosage fréquents. On les sème soit sur couche usée, soit en pleine terre, du printemps à l'automne ; les [plants issus des premiers et des derniers semis doivent être abrités de cloches ou de châssis, on les soumet à deux repiquages ; ceux des semis de pleine terre n'en subissent qu'un seul.

La chicorée frisée et la chicorée scarole, qui s'en distingue par ses feuilles larges et peu découpées, appartiennent à la même espèce botanique. Citons, parmi les

variétés de la première, les chicorées fine d'été (fig. 161) ou chicorée d'Italie^ de Rouen, de Meaux, de Picpus, de

Fig. 161. — Chicorée frisée fine d'élé.

Ru/feCydela. seconde, les scaroles verte maraîchère (fig. 162), grosse de Limay, à feuille de laitue ou "scarole blonde. Sur

Fig. 162. — Scarole verte maraîchère.

couche chaude, la chicorée se sème de janvier en mars; on repique les plants sur une couche de même nature

quand ils ont trois ou quatre feuilles. La récolte a lieu trois mois après le semis. Pour la culture de pleine terre, les plants sont obtenus par semis, exécutés en avril ou mai sur couche à l'air libre, ou en pleine terre en juinjuillet. On les repique en place quand ils ont dix ou quinze centimètres. Arroser fréquemment pour prévenir la montée à graine.

Semée clair en juin-juillet, en'pleine terre, la scarole est repiquée en place 20 à 25 jours plus tard. On fait blanchir le cœur des chicorées et des scaroles en les liant quand elles sont suffisamment développées.

A la chicorée sauvage se rattachent les produits dits vetite chicorée, barbe 'de capucin, et witloof, La petite chicorée s'obtient en semant très dru, d'avril à juin, en planche ou en bordure ; les feuilles sont coupées au fur et à mesure des besoins. On peut les étioler en répandant sur les pieds quelques centimètres de paille ou de feuilles. Pour la production de la barbe de capucin, on se sert également de la chicorée sauvage ordinaire, de la chicorée améliorée et de la chicorée à grosse racine. On les sème d'avril à juin dans une terre profondément ameublie; arrachées à la fourche d'octobre à février, les plantes à racines droites et fines sont mises en bottes, qu'on dresse sur une couche ou qu'on place latéralement, les racines à l'intérieur, dans une meule formée de sable ou de terreau et disposée en cave obscure. On obtient ainsi des plantes étiolées, à feuilles blanches, tendîmes et de faible amertume.

La witloof, improprement appelée endive, se présente sous la forme d'une pomme très allongée, compacte, d'un blanc jaunâtre. On se sert, pour la produire, des plantes vigoureuses de la chicorée à grosse racine de Bruxelles, qu'on étiole comme la barbe de capucin, ou bien en les repiquant en fosse et en les recouvrant de terre ou de sable.

Le pissenlit ordinaire et le pissenlit amélioré sont semés

en place en mars-avriL Pour étioler les pieds, on les couvre de terre ou simplement de pots de jardin renversés.

Chénopodées, — On connaît deux races d*^pinard, l'une à graine piquante ou cornue [épinard commun, épinard d'Angleterre) (fig. 163), Fautre à graine ronde (f^pmards de

Fig. 163. — Épinard d'Angleterre.

Hollande, de Flandre, de Viroflay, de Catillon, etc.). On sème l'épinard dans une terre riche en engrais azotés, soit au printemps, de février à fin mai, soit, de préférence, à Tautomne. On commence à cueillir les feuilles quand elles ont de huit à dix centimètres de longueur. La récolte se prolonge, avec les semis d'automne, de septembre jusqu'en avril.

La poirée (fig. 164) ou heite [poirée commune, poirée à cardes) appartient à la même espèce que la betterave. On la

sème d'avril à juin; on éclaircit ensuite et on arrose pendant l'été. Les pétioles charnus des feuilles de la bette constituent un mets très délicat.

Ombellifères. — Les variétés de céleri sont nombreuses ; indiquons parmi les meilleures le céleri plein blanCj le céleri doré ou céleri Chemin, le céleri Pascal (fig. 165), etc.. . Le céleri est peu rustique ; il ne supporte les rigueurs de l'hiver que convenablement abrité. Il lui faut, d'autre

Fig. 164. — Poirée.

part, un terrain frais et des arrosages fréquents. Le céleri de primeur provient de semis faits sur couche chaude en janvier-février, ou sur couche tiède en mars. Du milieu d'avril à la fin de mai, les semis ont lieu en pleine terre. Quand les pieds sont presque complètement développés, d'octobre à mars pour les semis de pleine terre, on les fait blanchir en les recouvrant de paille ou de feuilles, ou en les buttant après les avoir liés. La récolte a lieu environ trois semaines après le buttage.

On réserve au persil et au cerfeuil de petites surfaces en terrain frais et ombragé ; on les sème de février M'a* 0. BussARD. — Le livre de la fermière. 27

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jusqu'en août-septembre. Les variétés frisées sont très décoratives et présentent Tavantage de ne pouvoir être

Fig. 1«5. — Gélen Pascal.

taniondAies avec la petite ciguë, dont Tingestion accidentelle a provoqué de nombreux empoisonnements.

Polygonées, — V^œiik réussit dans tous les sols non calcaires. Elle est U^ès rustique. On la cultive le plus souvent "en bordure^ la multiplication se fait en marsavril par semis ou par division des touffes. Une pLaia talion d'oseille peut fournir 4es récoltes satisfaisantes peodan t trois oa quatâ% ans.

VaJéi-isnées. — La mâche commune ou doucette tient

une place importante parmi les salades. On la sème de la lin d'août jusqu'en octobre.

Labiées. — Le th^m est une plante vivaoe; on distingue le thym frcmçms, très aromatique, et le thym cUlemand ou thym (Thiier, plus développé. La multiplication se fait en mars-avril, par éclats de pied, beaucoup plus rarement par semis.

Beaucoup d'autres labiées sont employées à titre de condiments : la sarriette, les sauges, la mélisse, les marjolaines, etc.

Légumes fruits. — On en consomme les fruits ou les graines.

Légumineuses. — Les pois à écosser fournissent à la consommation des grains verts {petits pois) ou secs, ces derniers le plus souvent utilisés sous la forme de pois cassés. Dans les pois mangetout, dont la gousse est dépourvue de la membrane dure, parcheminée qui revêt les autres, cette gousse tout entière est utilisée, avec les grains jeunes qu'elle renferme. Chacune de ces catégories comprend des variétés naines, demi-naines ou à rames suivant la hauteur des plantes. On classe aussi les pois à écosser en variétés à grains ronds ou ridés, blancs ou verts. Parmi les variétés naines de pois à écosser, nous citerons les pois trè^ hâtif à châssis, hâtif d'Annonay, Orgueil du marché, serpette nain blanc, serpette nain vert, Merveille d'Amérique. Les pois de Clamart demi-nain. Plein le panier ou Fillbasket, Hoi des serpettes, ridé nain blanc et ridé nain vert sont au nombre des variétés demi-naines les plus connues. Les variétés à mroes comprennent les pois Prince Albert, Caraetacus, Michaux ordinaire ou de la Sainte-Catherine ^ deClaauwt, Express, Téiéphovie, etc.. Les pois sans pcrehemin nain hâiif breton, sans parchemin, de quarante jotars^ beurre., fondant de Saint-Désirat, etc... (igur^it parmi les mangeiouL

Dans les régions méridionales, on sème les pois à l'au-

tomne, en septembre-octobre, et Ton obtient des petits pois hâtifs dès la fin de février. Dans le nord de la France, à l'exception du pois de la Sainte-Catherine, qu'on confie parfois au sol en novembre, c'est généralement au

Fig. 166. — Pois.

printemps qu'on sème les pois, de février jusqu'en juin pour la récolte des grains verts, en mars-avril pour celle des grains secs. Les variétés naines se soutiennent d'ellesmêmes, les autres doivent être ramées avec des branchages. La récolte des pois verts se fait au fur et à mesure du développement des gousses; elle doit être fréquente si l'on veut que la production se prolonge.

Les pois mangetout sont cueillis à moitié de leur développement. Pour l'obtention des grains secs, on arrache les pieds à complète malurité.

La /Sève réclame beaucoup de fraîcheur. Dans le midi, on la sème en septembre-octobre, pour en récolter les gousses de mars à mai ; sous le climat de Paris, les semis se font en février-mars. Les grains frais sont récoltés quand ils ont atteint à peu près les trois quarts de leur volume normal.

Pour le haricot comme pour le pois, la production des

Fig. 167. — Haricot flageolet d'Élampes.

grains secs se fait surtout en plein champ ; celle des haricots verts seule appartient au jardinage. Les haricots Bagnolet, noir de Belgique parmi les variétés naines. Sabre parmi celles à rames, s'y prêtent bien ; beaucoup d'autres d'ailleurs peuvent être employées. On consomme souvent frais les grains des haricots flageolets (fîg. 167), ChevrieTy etc. Un nombre considérable de variétés à gousse parcheminée fournissent aussi des grains secs. Enfin, dans les mangetout (haricots Prédome, beurre, Princesse,etc.) on consomme la gousse avec les grains jeunes.

474 LE JARDirC DE LA FKRMË.

Plante sensible au fi*oid^ ie haricot se sème lard, en avril dans le midi, depuis le milieu de mai dans le nord de la France. On rame les grandes yariétés. Les premiers haricots veiis ou aiguilles sont récoltés deux mois et demi ou trois mois après le semis; la cueillette doit se faire tous les deux ou trots jours pour que la production se prolonge. La récolte des grains frais commence dix à quinxe jours plus tard ; celle des gi^izts secs a lieu quand les gousses jaunissent. Les haricots se con^nrent mieux en gousses qu'égrenés.

Solanées. — L'art culinaire fait grand emploi des fruits acidulés de la tomate. Cette plante a donné naissance à une foule de variétés ; celles à fruits rouges, plus ou moins côtelés, sont les plus nombreuses et les plus appréciées : tomates rouge grosse^ rouge hâtive, rouge naine hâtive, Chemin, Champion, Perfection. Plante méridionale, la tomate est exigeante sous le rapport de la chaleur. Dans le nord de ia France, elle ne saurait venir sans le secours des couches, qu'on utilise d'ailleurs aussi pour elle dans le midi. En culture ordinaire, on la sème sur couche chaude, sous châssis ou sous cloches, en janvierfévrier dans le midi de la France, dans le courant de mars sous le climat de Paris. Tiws semaines ou un mois plus tard on repique les plants sur une. nouvelle couche ; on les met en place, en pleine terre, dans le courant de mai. 11 est nécessaire de soutenir la tomate en la tuteurant ou en la palissant (fig. 16^); on la soumet aussi à une taille appropriée au climat ou à la variété. La récolte des fruits commence vers le milieu de juin dans le midi, à la tin de juillet ou en août dans le nord ; on les cueille successivement au fur et à mesure de la maturité* Les fruits un peu verts peuvent achever de mûrir sur un lit de paille et sous châssis.

L'aubergine est aujourd'hui à peu près exclusivement confinée dans les cultures méridionales ; elle se cultive comme la tomate. C'est encore le même mode de culture

CULTUa.ES POTA.SÈaES.

qu'on applique au piment, dont les variétés se classent en deux catégories^ les unes à fmils minces, à saTevr brûlante (piments roiige long y de Cay^eniie, du Çhiti), les

Fig'. 168. — TooMte rou^ naine MUve palissée.

autres à fruits courts, assez volumineux, présentant une saveur douce (piments gros carré dottx, doux d'Amérique^ doux d'Espagne),

Caearbitaeées. — Les très nombreuses variétés de melons se classent en deux groupes : 1° les canlahups, k fruits sphériques côtelés, verroqueux (f antalowps PrescM (iig. i69), noir des Carme», d'Atger, de Bellegarde, de Vaueimej etc.) ; 2* les melom brodé», dont la forme est variable et la surface plus ou moins recouverte de lignes sinueuseSy parfois même presque complètement lisse (melons de Cavaillon, de Ronfleur, maraîcher ou commun, iucrin de Tours, dAntibes, etc.). La culture du melon est assez délicate ; il lui faut le secours de la chaleur artificielle. En cultui*e fotxée, on peut obtenir des melons dès le mois d'avril ou de mai ; c'est

un luxe qui n'est pas de mise à la ferme. La culture ordinaire s'y comprend mieux, bien que, dans le nord de la France, les procédés qu'elle emploie soient sensiblement les mêmes. Les premiei-s semis se font en mars, sur couche chaude ; les plants, repiqués une première fois sur la même couche, sont mis en place sur couche sourde trois semaines environ après le semis. On taille le melon, assez généralement en coupant la tige au-dessus

Fig. 169. — Meloa Cantaloup PrescoU.

des deux feuilles de labase, puis successivement au-dessus de 3 ou de 4 feuilles chacune des ramifications qui naissent ensuite. On ne laisse qu'un melon par pied, quelquefois un second ou regain quand le premier est suffisamment développé. Pendant les journées chaudes de Tété, les melons peuvent rester à l'air libre sans cloche ni châssis ; les abris redeviennent nécessaires dès les premiers jours froids.

Dans le midi de la France, la culture du melon se fait en pleine terre ; on sème sur couche et l'on repique les plants dans des trous remplis de fumier, quelquefois même le semis a lieu directement en place ; la taille est aussi

très rudimentairé et l*on peut garder deux ou trois fruits par pied.

Un bon melon bien mûr, régal des gourmets, se reconnaît à son poids, à sa couleur, aux fissures qu'il présente près de la queue, à l'odeur agréable qu'il dégage, même au son mat qu'il rend lorsqu'on le choque avec le doigt.

Le concombre fournit des fruits à complet développement, qu'on utilise de différentes façons (concombres

Fig. 170. — Concombres à cornichons.

blanc hâtif f blanc long parisien, blanc gros y vei^t long ordinaire y vert long parisien, vert long maraîcher, etc.), ou des fruits cueillis très jeunes, comme cornichons (fig. 170) (plus spécialement concombres vert petit de Paris, fin de Meaux, amélioré de Bovrbonne, vert gros), La culture forcée se fait sur couche, à peu près comme celle du melon. Les semis de pleine terre, sans abri, sont la règle dans le midi pour la production du concombre. Dans le centre et le nord de la France, les variétés à cornichons se sèment en place au commencement de mai ; à la même époque, on met en place les plants

478 LEL J1U»X DE Ll FCBSIE.

des gros concombres proveDant d un semis sur couche tiède.

Semé en avril ou mai, suivant les régions, en pleine terre ou sur buttes recouvrant des trous de 0*,50 de diamètre remplis de fumier, le potiron est soumis à une taille qui ne lui laisse qu'un seul fruit pour les grosses

Fig. 171\. — Poldronâ gris de Boulogne.

variétés (potirons jaune giros, blanc gros, vert gros, gris de Bouline {fig. 171), rou;^ vif d'Étsmpes)^ trois ou quatre pour les giraumem, davantage encore pourries petites courges. On récolte les fruits à Tautorane.

Les cilrouUles fournissent de médiocres légumes. La culture en est des plus simples.

Rosacées. — Les fraisiers sont des plantes rustiques ; ils résistent au froid comme à la sécheresse et^ dans

CULTURES POTlGtRES. 479

le nord de la b'raDce, ne réclament aucnn arrosag^e. Le fraisier des qiiatr&-9ai$ons on perpétuel (fraises ftpUf de. Meaws, MU de Montt*&uge, lanus, Gilbert^ améliorée DarUy GaiUon) peut être reproduit par semis faits en ami, mai ou juin. Repiqués en pépinière an bout de six semaines, les plants sont mis en place soit en septembi-c-

Fig, 172. — l'ittd de fraisier avec coulant.

odoère, soit en mars de l'année suivante. On le multipRc aussi par fUets ou coûtants {iig. 172), qui s'enracinent aux nœuds. Chaque rosette ainsi obtenue fournit un pfani, qu'on repique en pépinière en juillet et qu'on traite ensuite comme ceux de semis. Des binages sont donnés à la plantation.

L& récolte des fruits commence au début de nrai dans le midi, vers le milieu de juin dan« le centre de la France; die subit un temps d'arrêt pendant les fortes chaleurs, en juillet-août, puis reprend pour ne se terminer qu'en octobre.

Les fraisiers à gros fruits ou ftaisiers hybrides se multiplient exclusivement par coulants dans la culture ordinaire. Par le semis, les variétés ne se reproduisent pas intégralement avec leurs caractères propres. Les coulants sont repiqués en pépinière et mis en place comme dans le cas du fraisier des quatre-saisons.

Les variétés de grosses fraises sont innombrables; parmi les plus connues figurent : Docteur Morèi*e, Vicomtesse Héricart de Thury (fig. 173), ou plus simplement Ricard^ Jucunda, Marguerite Lebretan, Noble, Éléanor, Sir Joseph-Paxton.

En général les fraisiers à gros fruits ne produisent qu'une fois dans Tannée, ils ne remontent pas.

Quelques-uns : Saint-Joseph^ Jeanne-d'ArCy la Constante féconde, font exception. La récolte commence dès la lin d'avril dans le midi, avec les variétés précoces, au début de juin seulement dans le nord.

Une plantation de fraisiers peut fournir pendant trois ans des récoltes satisfaisantes. Dans l'intervalle , on lui donne des binages et l'on supprime les filets et les hampes florales chaque année, après la cueillette des fruits.

Champignons, — La culture du champignon de couche est possible partout où l'on dispose de fumier de cheval et d'un local abrité pour recevoir les meules. Le fumier subit une préparation spéciale, mise en tas et abatages, destinée à provoquer une fermentation qu'on arrête à point. On le dispose ensuite en meules de 0™,60 de hauteur, avec pareille largeur à la base et une longueur indéterminée. Dans la très petite production, les meules

Fig. 173. — Fraise Héricart de Thury.

ARBORICULTURE FRUITIÈRE

portatives, cemme celle que représente la figure 174, sont assez commodes. Ces meules sont lardées avec des galettes de blanc {mises ou lardons) qui renferment le mycélium du champignon. Trois semaines après le lardage, on effectue le goptage, qui consiste à recouvrir les meules d'une couche de 2 centimètres environ de

Fig. 174. — Petite meule portative.

terre légère. Les champignons apparaissent trois semaines ou un mois plus tard. On doit les récolter lorsqu'ils sont, jeunes; les vieux champignons sont désagréables à consommer et très indigestes.

Arboriculture fruitière

Nous ne pouvons donner ici que des notions très sommaires concernant cet important sujet.

Multiplication des arbres fruitiers, — Greffage, — La multiplication des arbres fruitiers a lieu par semis, par bouturage j c'est-à-dire par plantation d'un rameau aérien coupé, la bouture (fig. 175 et 176), ou par marcottage, en faisant enraciner un rameau qu'on ne détache qu'ensuite du pied-mère (fig. 177).

Le greffage est encore un mode de multiplication. 11 consiste à implanter un greffon, c'est-à-dire une portion du végétal à reproduire : œil, bourgeon ou rameau, sur

LB ilRDlN DE Lk rCRNB.

on végétal différent appelé sujet,, qui ralîmeaie'et lui

sert de supp4>ri.

Les sujets venus de graines sobI désignés sous le nom

de smuageûfts ou de fruncs.

L'ensemble dia sojel et du greffMi juxtaposé constitue la greffe.

Par le greffage on conserve intactes les bonnes variétés, on améliore la qualité des fruits, on augmente la fertilité des arbres, &fi les transforme ou on les restaure. Les plantes de même genre botanique, parfois seulement de même famille, sont les seules qu'on puisse greffer entre elles.

On comfpteenvircMi deux cents types de greffes^

qu'on classe en trois sections.

\^ Les greffes par approche (fig. 178) et par rameau non

Fig. 17». — Bouture à crossette.

Fig. 176. — B«ur ture à talon.

Fig. 177. — Maicjttage.

détaché, qu'on utilise surfout pour les végétaux d^ornement ;

ABBOBIOJLTURE FRUITIÈaE. 493

2^ Les greffes pmr rmneiÊM àéiaché : en fente iimpie (lig. 179), en fente double y en fente anglaise y en incmstatiatty en c&wtonne (fig. 480), etc.;

3^ Les greffes par œil ou bourgeon détaché : en écmssen (tig. 181), en fittte ou en sifflet (fig. 182).

Fig. 17S. — Greffe par »pproebc.

Les conditions à remplir pour assurer le succès d'une greffe sont les suivantes : choisir un greffon jeune et 5*iR — le plus souvent on emploie des scions d'un an, — sur un arbre vigoureux et fertile ; faire coïncider aussi largement que possible les parties les plus vivantes, les couches génératrices, du sujet et du greffon, qu'on main-

lient en contact par une ligature (on conserve un œil au moins à lun et à l'autre pour servir d'appel de sève) ; soustraire les plaies à l'action de l'air par un engluement approprié.

L'opération doit être rapidement conduite ; on l'exécute à l'aide du greffoir et de la scie à greffer.

Fig. 179. — Greffe en fente.

Fig. 180. — Greffe en couronne.

Plantation des arbres fruitiers. — La mise en place des arbres, en vue de leur croissance définitive, se fait le plus souvent, au jardin, à l'âge d'un an. Le poirier de plein vent ou de verger n'est planté que quand il a sept ou huit ans.

Les arbres, choisis chez un bon pépiniériste ou convenablement préparés et greffés, sontplantés à l'automne, en novembre le plus généralement, quelquefois en février-mars dans les terres froides du nord. On les arrache avec soin, on

ARBORICULTURE FRUITIÈRE

habille leurs racines et on les dispose dans un trou ouvert sur l'emplacement qu'ils doivent occuper. Le trou sera assez grand pour que les racines s'y trouvent à l'aise, et d'une profondeur telle qu'il n'y ait que 6 à 8 centimètres de terre au-dessus des racines les plus superficielles ; le bourrelet de la greffe ne doit jamais être enterré, autrement le greffon pourrait s'affranchir. On jette un peu de terre sur les jeunes racines, puis on comble le trou, en mettant au fond la terre la plus fine et sans tasser trop.

Les terres à sous-sol humide ne conviennent pas aux arbres fruitiers. Ceux-ci se trouvent bien des fumures à action prolongée.

Taille des arbres fruitiers. — On taille les arbres fruitiers dnas le but de leur donner une forme favorable à la fois au mode de culture adopté, en espalier ou en plein vent, et à leur bonne végétation, et surtout propice à la fructification.

La taille doit dé terminer un bon équilibre des branches en partant de ce principe que l'extrémité des rameaux, le sommet végétatif est la partie où la végétation se poursuit avec le plus d'activité.

La taille d'hiver comprend différentes opérations. Vémondage, Yélagage, Vécimage s'appliquent à des arbres déjà formés pour les débarrasser du bois mort, supprimer les branches mal placées ou provoquer la formation d'une ramification nouvelle. Le rabattage consiste à couper la branche près du point d'attache, ou la tige près du sol.

Les arbres âgés peuvent être soumis au rapprochement , au ravalement, au recépage. On dresse les arbres en diri-

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