‹ Le livre de la fermièreChapitre 147 sur 184 · Incision anniriaîre · texte numérisé non relu

Incision anniriaîre

ARBOUICULTURE FBOITIÈHE.

jardin de la ferme. On se sert, pour la taille des arbres, du sécateur (fig. 184), de la serpette et de la scie (fig. 185).

Soins de culture et entretien DES arbres fruitiers. — Les soins de culture consistent dans l'ameublisse ment superficiel du sol par un labeur au trident après la taille, Tenfouissement d'engrais s'il y a lieu, le paillage du terrain au printemps, des binages pendant Tété.

Les soins d'entretien comportent la lutte contre les parasites animaux ou végétaux, notamment la destruction des chenilles et des insectes nuisibles, le chaulage du tronc et des grosses branches, qui les écarte en empêchant auss ile développement de la mousse et des champignons, la suppression du gui, J'aspersion à l'aide de solutions cupriques et les soufrages contre les maladies cryptogamiques, etc. Voyons succinctement à présent comment les généralités qui précèdent s'appliquent aux différentes espèces fruitières.

Poirier. — Convient surtout au Préfère les terres

'ig. 184. — Sécateur (Aubry) .

Fig. 185. — Scie à greffer ou scie de jardinier.

centre et au nord de la France, franches, les sols d'alluvion.

Se greffe sur franc ou sauvageon dans les terrains secs ou pour la culture en haute tige au verger, sur cognassier dans les sols frais et profonds, exceptionnellement sur aubépine, en terre crayeuse. On emploie les greffes en fente, en couronne et surtout en écusson à œil dormant.

Les formes libres données au poirier soat : la pyi^a-

mide (fig. 186), le fuseau, le vase ou gobelet ; les formes

Fig. 186. — Poirier en forme de pyramide.

palissées : le cordon horizontal [fig. 187), les] palmettes à

ARBORICULTURE FRUITIÈRE. 489

Fig. 187. — Cordons horixontaux de poiriers.

branches verticales (fig. 188), ou horizontales simples ou doubles.

Les branches fruitières du poirier, c'est-à-dire celles qui produiront les fruits, sont courtes ; on les désigne sous le nom de coursonnes. Elles portent : des yeux ou bourgeons, des boutons mixtes ou dards, des boutons à fleurs ou boutons à fruits, parfois des brindilles ou des bourses. On ne taille pas les branches qui sont pourvues de trois de ces organes au plus ; celles qui en ont davantage sont ramenées à trois par la taille d'hiver.

Citons, parmi les bonnes poires à couteau d'été, les variétés :

Beuri'é Giffard, Bon Chrétien Williams ; parmi celles d'automne :

Beurré d'Amanlis, Beurré Hardy, Louise Bonne d'Avranches, Doyenné du Comice, Beurré Clairgeau, Duchesse d'Angoulême, Bergamote Crassane, Beurré Diel; parmi celles d'hiver : Beurré d'Arenberg, Passe Colmar, Passe Crassane, Doyenné d'hiver. Doyenné d'Alençon, Bergamote Espéren, Bon Chrétien d*hivei\

Pommier. — iMêmes climats et mêmes sols que le poirier.

(fig. 189),

Fig. 188. — - Palmelle verticale.

LB IkRmV DE tk FERME.

Se greffe sur franc pour les grandes formes, sur doua» pour les formes naines en sol sec, sur paradis dans les terres un peu humides.

Au jardin, le vase et le cordon horizontal sont les formes préférées.

Même taille que pour le poirier.

Bonnes variétés précoces : Trampai^ente de Croncels, Hambour d'été ; de précocité moyenne : Grand Alexandre^

Fig. 189. — Palmetle horizontale.

Reinette dorée, Doux d'argent ; tardives (pommes d'hiver) : Reinette du Canada^ Calmlle blanc ^ Court-pendu rouge , d'Api.

Cognassier. — Se cultive parfois en buisson au jardih. Plutôt méridional. Prospère dans tous les sols sans excès d'humidité. On greffe en écusson, sur cognassier issu de bouture ou sur aubépine. Taille rudimen taire.

Néflier. — Également cultivé en buisson dans les coins sacrifiés du jardin. Greffe en écusson sur aubépine, cognassier ou poirier.

Pêcher. — Le pêcher ne réussit en plein ventque dans le midi et le centre de la France ; sous le climat de Paris, il doit être cultivé en espalier. U lui faut un sol profond, frais sans excès et de consistance moyenne.

ARBORICULTURE FaomÉRE.

On greffe le péch«r en écusson à œil domutni, sui* amandier ou sur franc 4»ns ies sols profonds ei un peu secs, sur {lèricotier dans les terres arides, sur prunier dans celles qui sont humides.

Les formes adoptées pour i?e pécfaer sont les paimettes à branches verticales ou horiwmtales, la paimette mixte (iîg. 190), le candéMI^re. On taiiie !« j>êcher après les grands froids.

Les branches fruitières du pêcher sont fediles : roMeau

Fig. 190. — Palmetle mixte on Verrier.

miarte, bouquet de mai et ramemi dil^on ou ehi forme, ou bien stériles : gourmand et rameau à bots.

Le rameau mixte est la lM«,nche normale ; il faut le tailler de façon à le renouveler chaque année 4 l'aide d'une branche remplaçante, les fleurs et par conséquent les fruits ne se produisant que sur le bois de Tannée précédente. L'ébotirgeonnement et le pi-noenaent sont pour le pécher des opérations importantes.

On distingue les j)éches duvelemes des pêches ^Ic^res, ces dernières à noyau libre (nectarines) ou à noyau adhérent (brugnons).

Parmi les meilleures variétés de pêches duveteuses citons, par ordre de précocité : Pi^c9oe Alexandre, Amsden,

Grosse mignonne hâtioe. Grosse mignonne, Madeleine, Reine des Vergers, Bon Ouvrier, Bourdine.

Les nectarines Galopin, Victoria et le brugnon Violet musqué sont très recommandables.

Prunier. — Le prunier est aussi peu exigeant sous le rapport du sol que sous celui du climat.

Le prunier se greffe sur ses propres variétés : Saint- Julien et Myrobolan. La greffe se fait en fente au printemps ou en automne, en écusson en été. Au jardin, la forme en vase est la plus usitée ; le prunier peut aussi être palissé sous la forme de palmettes.

Les prunes Pêche, de Mont fort, Reine-Claude dorée, Goutte d'or, Reine-Claude de Bavay, Mirabelle petite et Mirabelle grosse sont au nombre des meilleures variétés de table. On confît souvent la Mirabelle et la Reine-Claude verte. La Quetsche d'Allemagne, la Sainte-Catherine fournissent les pruneaux.

Abricotier. — Ne réussit en plein vent qu'au sud de Paris. Vient dans tous les sols sains.

On greffe en écusson à œil dormant, sur franc, sur amandier ou sur abricotier pour les terrains secs, sur prunier pour les sols frais." On taille Tabricotier comme le pêcher.

Bonnes variétés : Abricots commun, de Jouy, de Nancy, Royaf, Alberge, Saint-Jean.

Cerisier. — Mêmes exigences que le prunier.

Au jardin fruitier, se greffe en écusson à œil dormant sur Sainte-Lucie ; au verger, en fente sur mei^isier haute tige.

On adopte pour le cerisier les formes en haute tige, en pyramide, en palmettes horizontales ou verticales. On taille comme le prunier, de façon à renouveler la branche fruitière tous les trois ans.

On divise les nombreuses variétés de cerisiers en : 1° cerisiers proprement dits, dont les fruits sont à chair molle, acidulée ; 2^ guigniers, fruits à chair molle, sucrée;

ARBORICULTURE FRUITIÈRE

3*> bigan'eautiers, fruits à chair ferme et sucrée ; 4° griottiers, fruits à chair aigrelette, astringente.

Amandier, — Est très exceptionnellement cultivé au jardin et seulement dans les régions méridionales ; se traite comme le pêcher.

Vigne. — On sait combien la vigne réclame de chaleur et quelle en est, en France, la limite septentrionale de culture sans abri.

On multiplie la vigne quelquefois par semis, plus souvent par marcottage ou par bouturage.

ujm

ià

Fig. 191. — Treille à la Tbomery.

Au jardin, on conduit la vigne en treille à la Thomery (fig. 191), ou en treille palme Ite,

Le Chasselas doré est de beaucoup la variété la plus employée.

La Madeleine noire, le Précoce de Malingre et le Frankental sont recommandables.

. Groseilliers, — Les groseilliers sont rustiques et s'accommodent de sols très variés. On les taille en février pour en former, en trois ans, un vase régulier. Au bout de six ou sept ans, on peut les rajeunir par un recépage.

On distingue le groseillier louge, le cassissier et le M™c 0. BussARD. — Le livre de la fermière. 28

kn LB JARDIN DE U FERME.

groseiWer épineux y qui produit la groseille à maquereau.

Framboisier, — Le framboisier est rustique et pousse dans les plus mauvais terrains; les sols calcaires lui conviennent particulièrement. Le planter dans les parties ensoleillées du jardin.

Les tiges du framboisier meurent après avoir fructifié la seconde année. On les supprime à ce moment par la

Fif . 192. — P«lissage des branches de framboisier.

taille. Le palissage sur tuteur dés branches du framboisier (fig. 192), donne de bons résultats.

Noisetier, — 11 vient bien partout, -même dans les sols les plus pauvres. On le multiplie surtout par marcottage. Les coins du jardin lui sont réservés. On ne le taille pas. Il fructifie vers l'âge de quatre ou cinq ans.

Conservation des fruits et des légumes.

Le fruitier, — Le fruitier doit être situé sur un terrain sec et exposé au nord. U est bon qu'il soit un peu enfoncé dans le sol, à i mètre environ. Les meilleurs matériaux de construction sont la pierre et les briques creuses, avec lesquelles on constitue deux murs peu épais, séparés par un intervalle de 50 centimètres. U va sans dire que tous les finii tiers n'ont pas des murs doubles ; les avantages en sont grands cependant, la couche d'air emprisonnée y jouant le rôle d'isolateur du froid et de la chaleur.

Les ouvertures seront en petit nombre, l'éclairem^it

CONSERVATION DES FRUITS tT DES LÉGUMES. 495

activant la respiration des fruits et hâtant ainsi la décomposition.

La température sera maintenue basse si possible aux environs de 6-8«, et Télat d'humidité de l'air soigneusement vérifié à l'aide de l'hygromètre, qui doit marquer de 40 à 50*> : au-dessus de ce chiffre les fruits moisiraient et au-dessous ils se dessécheraient.

« Pour enlever l'excès d'humidité, disent MiM. Schribaux et Nanot (1), on place dans un vase en zinc un sel déliquescent, du chlorure de calcium. Le chlorure dissous est conservé ; par évaporalion, on en retire le sel, qui peut êlre employé à nouveau. »

Le fruitier doit être soigneusement nettoyé, aéré et aseptisé avant la récolte des fimits. On fera bien, pour cela, d'y pulvériser une solution de sulfate de cuivre à 3 p. 1000.

On peut aussi employer l'acide sulfureux, comme nous l'avons Mn-o-f ^^

indiqué à la Désinfection.

Les fruits sont placés sur des tablettes ou des gradins, constitués autant que possible par ^''^- *^^ f~ t^;."^'"' '^'"'^ des lattes séparées, de manière que chaque fruit ne pose pas en entier (fig. 193).

La conservation du raisin est toute spéciale ; on la pratique à rtifle sèche, c'est-à-dire en étendant les gi-appes sur la paille, ou bien à rafie verte, c'est-à-dire en introduisant les sarments porteurs de raisins dans des bouteilles à col étroit, fixées elles-mêmes dans des tablettes à crans.

Une vaste table au milieu de la pièce permettra d'y exposer les fruits à l'air libre avant de les disposer définitivement sur les gradins.

(i) ScHRiBALx et Nanot. Botmique agricole.

Le fruitier sera attentivement surveillé, afin de vérifier si les conditions d'humidité, de température, etc., sont satisfaisantes. Les fruits seront visités, on enlèvera les sujets gâtés, en évitant de toucher aux sujets sains, qui ne doivent pas être remués.

CoNSEirvATioi^ DES LÉGUMES FRAIS. — La couservatiou de grandes quantités de légumes, et plus spécialement des pommes de terre, topinambours, etc., gagne à être pratiquée dans des locaux spécialement réservés à cet usage. On peut laisser les tubercules à l'air et lorsque les gelées menacent, les recouvrir de paille ou les déposer dans des silos creusés dans le sol, en ramenant la terre ou le sable par- dessus. On doit ménager, dans ces tranchées, des cheminées d'appel qui permettent le renouvellement de l'air.

On peut conserver simplement les légumes en général et les pommes de terre en particulier, dans des caves, des celliers ou des magasins peu éclairés, en les mettant en tas recouverts ou non de paille. On pratiquera avantageusement l'égermage sur les pommes de terre, en enlevant les yeux ou germes à l'aide d'une plume retournée dans le porte-plume, d'une petite gouge ou d'un couteau.

Une autre méthode d'égermage qui donne d'excellents résultats est préconisée par M. Schribaux. Elle consiste à plonger les pommes de terre pendant dix à douze heures dans de l'eau additionnée d'acide sulfurique (1 à 2 p. 100 suivant les variétés). Les germes sont détruits par le liquide caustique. L'opération doit être faite lors de l'apparition des premiers germes.

Les oignons, l'ail, l'échalote se conservent en bottes ou en chaînes, qu'on suspend dans un grenier aéré, à basse température, mais à l'abri des gelées. On peut aussi les garder en cave, en tas à l'air libre ou recouverts de paille.

Les légumes verts supportent au plus quelques jours de conservation dans un local frais, à l'abri de la lumière.

FLORICULTURE.

Floriculture.

Les plantes florales rustiques et de culture facile sont les seules que Ton puisse introduire au jardin de la ferme. Il faut faire un choix dans le nombre considérable de celles qu'on y pourrait cultiver. M. Mottet s'est chargé de ce soin dans trois intéressants articles (1), auxquels nous empruntons en partie les [renseignements qui suivent.

Les plantes d'ornement herbacées sont les unes vivaces, les autres annuelles ou bisannuelles. En raison de leur longue durée, les premières exigent moins de soins de culture et sont généralement plus volumineuses que les autres ; mais on peut varier plus facilement les plantes annuelles .

Voici dans quel ordre les espèces fleurissent.

Dès la sortie de l'hiver, les violettes à fleurs simples ou doubles {violette de Parme), grandes ou petites, s'épanouissent, suivies de près par les primevères, qui font de jolies bordures et réussissent surtout en terres fortes et fraîches. A cette époque aussi apparaissent les bouquets roses de certains saxifrages.

En avril-mai fleurissent les pensées, les ancolies aux grandes fleurs richement colorées, les plantes bulbeuses telles que tulipes et jacinthes (fîg. 194), la pâquerette, si jolie en bordure des corbeilles, le thlaspi vivace ou cor-

Fig. 194. — Jacinthe de Paris.

(i) L'Agriculture nouvelle, 1905.

LE JAREM^N m, LA FERME!.

beille d'argent^ de longue durée. De ce dernier, il convient de rapprocher les thiaspis annuels, très rustiques, et particulièrement le t/daspi blanc Julienne (Og. 195).

En mai-juin les fleurs abondent. Citons le& pavots vivaces aux tons éclatants, qu'on multiplie par semis ou bouturage,, lespatot<i annuels, lesm-arguerites blanches du

Fig. 195. — Thlaspi bianc Jiilienne.

chrysantkètne des lacs, les campanules, les Hs^ les Itqnm ornementaux, le pied d'alouette vimce dont les variétés à grandes fleurs sont à rechercher, les pivemes simples ou doubles, qui forment d'éno*mes touffes^ le gypsophile, etc.

En juin-juillet les difl'érentes espèces d'œillets : œillets des {leuristes^y, œillets de fantaisie, œilkls remontants, millet de poète, œillet Flon^ œillet mignavdisey œillets de Chine; les véroniques, le muflier ou gueule dekmp.

En juillet-août paraissent la nigelle de Damas (fig. 196), les phlox vivaces dont les grosses fleurs, à colorisdes plus

FLORIGOLTORil.

variés, forment de supeii)esbouquelSy la scabieuse du CoucasBy la gaillarde vivace, les tritomas aux lourds épis rouges.

Les panicules légères du Panicum virgatum se montrent à cette époque ; elles sont précieuses pour garnir les bouquets et les gerbes.

En août-septembre arrivent les astres et les soleils vivaces, les boitùnias, VHelenium autumnale, les verges d'or.

De septembre à novembre fleurissent les innombrables chrysanthèmes du Jupon et plusieurs

Fig. 196. — Nigelle de Damas.

Fig. i&T. — Giroflée (paraataine reatontaDte.

chrysanthèmes indigèfies, les anémenes du

Japon.

En décembre-janvier s'épanouissent les ellébores, no-

Fig. 198. — Verveine hybride.

tamment la rose de Noël, lepetasite odorant, le jasmin à fleurs nues, plusieurs daphnes parmi lesquelles le bois gentil.

Page 1