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MOYENS DE LES ÉLOIGNER OU DE LES DÉTRUIRE

Les petits ennemis de l'homme ne sont pas les moins désagréables ; on les supporte parfois, non de bonne grâce, mais par insouciance ou dans l'ignorance où l'on est des moyens à employer pour s'en débarrasser. Ces moyens existent cependant et quelques-uns d'entre eux sont très efficaces; nous allons les indiquer ici brièvement en parlant successivement de chacun de ces petits tourments de l'existence.

Puce, — Tout le monde connaît — pour son malheur — cet insecte hiun, aplati et de forme étrange dont le saut brusque rend la prise si difficile. La femelle pond de 8 à 1*2 œufs, le plus souvent dans le linge sale et dans tous les interstices du mobilier. Les maisons abandonnées peuvent en contenir des myriades, qui se logent dans les fentes des parquets, des meubles, derrière les papiers, les tentures, etc. Les habitations mal tenues en sont particulièrement bien pourvues. L'encausticage du parquet — surtout à cause de l'essence — est un excellent moyen de les éloigner.

La piqûre que fait la puce à l'aide d'un appareil

(1) Pu. DK VuuoftfK, Manuel de fioHe^lture.

Fig. 201. — Appweil buccal de la puce.

compliqué de lancettes et de palpes ((ig. 201), est fort désagréable et produit uue tache ixHige plus ou moins étendue, mais sans pustule comme celle du cousin, par exemple.

Les insecticides à hase de pyrèthre réussissent quelquefois, de même que le passage au pétrole des meubles envahis par les parasites.

M. Héraud rccomrnande de laisser sécher, à l'ombre, de la menthe aquatique et de la placer dans un sachet entre le premiei'

et le deuxième matelas. L'odeur pénétrante de cette plante déplairait aux puces et les ferait disparaître.

Poux, — Les poux (fig. 202), se développent sur la lête, non pas spontanément, comme la croyance populaire le veut, mais par contagion et avec la plus grande rapidité, puisqu'une femelle pond jusqu'à 50 œufs par semaine et qu'ils éclosent en cinq ou six jours. Certaines constitutions présentent des conditions plus favorables à la propagation de ces dégoûtants parasites (lymphatisme, rachitisme). Les enfants y sont tout particulièrement sujets, et, comme ils se grattent furieusement, diverses maladies de peau peuvent s'ensuivre qui sont tiès contagieuses.

Fîg. 202. — Pou de tête, mâle

504 ENNEMIS ET PARASITES DE L'tlOMME.

Le cuir chevelu et les cheveux ont besoin d'être fréquemment brossés et peignés : l'emploi du peigne lin suffit bien souvent à faire disparaître insectes et lentes (œufs que les poux déposent à l'enfilade sur chaque cheveu).

Dans des cas très rebelles, par exemple lorsqu'il s'agit de nettoyer une tète dévorée depuis longtemps parla vermine, il faut prendre le moyen héroïque, qui consiste à enduire complètement la tête d'une sorte de casque de vaseline, et à la laver le lendemain au sublimé (V^oy. bichlorure de mercure), en ayant soin de bien nncer la tête et les cheveux, afin qu'aucune parcelle de ce poison n'y reste attachée.

On recommande encore l'emploi de la poudre de staphisaigrey dont on saupoudre la tête pendant trois ou quatre jours.

11 faut combattre le préjugé populaire qui veut qu'on ne détruise pas ces hôtes répugnants, sous le prétexte absurde qu'ils assurent la santé des enfants qui les portent.

11 faut répéter qu'ils sont, au contraire, nuisibles en provoquant les maladies de peau qui font tomber les cheveux et multipfient en outre les foyers d'infection.

Punaises, — La punaise, moins connue à la campagne qu'à la ville, est un insecte grisâtre à jeun, d'un rouge brun après l'absorption du sang dont il se nourrit (fîg. 203). 11 se cache durant le jour dans les tentures, dans les fentes des lits, d'où il ne sort que la nuit pour faire ses cruelles piqûres, qui déterminent une ampoule souvent considérable. Les moyens préconisés pour la destruction des punaises sont nombreux. La vraie poudre de pyrèthre est parmi les plus connus ; il est certain que son emploi n'est pas sans résultat, mais il ne suffît pas à détruire les insectes et leurs œufs, point essentiel pour éviter la propagation de l'espèce.

M. Calmé {Progrès agricole du 28 aoû t i 904) recommande

ENNEMIS ET PARASITES DE L*HOMME. 50l>

l'usage de nouveau jus de tabac légèrement étendu d'eau : (« on en imprègne toutes les fissures des boiseries et les soubassements à l'intérieur des bois de lits, mais après un nettoyage complet à l'eau bouillante additionnée fortement de cristaux de soude ».

On ne tient pas toujours à soumettre un lit en bois délicat à un pareil traitement aquatique ; dans ce cas, il faut nettoyer à la térébenthine ou à l'essence de pétrole (gazéoline, gaz Mill) et cirer ensuite à l'encaustique. Une pièce et des meubles cirés et bien entretenus ont d'autant moins de chances de retenir les parasites.

On détruit instantanément les punaises et leurs œufs en badigeonnant les murs et les boiseries avec une solution contenant 5 p. 100 d'acide

phénique. Hg. 203. — Punaise des li:s.

Pour recouvrir des murs envahis par les punaises, il est bon d'introduire 5 p. 100 d'acide phénique dans la colle que l'on emploie (Lemaire).

On vante encore l'application d'une solution d'onguent mercuriel dans la même quantité de pétrole sur les bois de lits et contre les boiseries.

Moustiques. — Cousins. — Ces insectes ailés font des piqûres qui causent des démangeaisons insupportables, des ampoules et de l'enflure, et même de petites plaies. On sait aujourd'hui que c'est par eux que se transmettent plusieurs maladies contagieuses, entre autres les fièvres paludéennes. C'est pourquoi il faut s'attacher à les détruire, en recherchant la cause qui les entretient autour d'une habitation. C'est généralement une eau stagnante, une mare, ou encore une fosse à purin, un fumier. Si c'est une pièce d'eau de petites dimensions, on M™e 0. BussARD. — Le livre de la fermièi'e. 29

S06 ENMEMIS ET PAHASITES DE L'HOMME.

y répandra quelques litres de pétrole; l'odeur de ce produit suffit à ehasser les moustiques. Il va sans dire que Teau ainsi traitée devient impropre pour les poissons et les animaux qui pourraient en boire.

Pour se préserver des attaques de ces insectes pendant U nuit, il suffit d'allumer une lanterne et de la placer auprès de la fenêtre ouverte de la chambre à coucher, les vitres de cette lanterne ayant été extérieurement enduites de miel délayé dans du vin ou de Teau; les cousins s'attachent au miel et périssent englués (A. Héraud). Le géranium et le ricin cultivés sur les fenêtres des appartements jouissent de la propriété d'éloigner les moustiques.

Comme remède à appliquer sur les piqûres, l'alcali volatil ou ammoniaque pur, <'ti est appUqué immédiatement, supprime absolument la démangeaison. Comme lotion :

Lotion contre les piqûres des moustiques (Thornley).

Acide phénique 15 grammes.

Eau bouillante 250 —

Faire dissoudre et appliquer.

Le D'' Johannès Chatin préconise l'application d*une goutte de teinture d'iode pure sur la piqûre. Voici encore une lotion dont la formule est donnée par M. Serre, vice-consul à Batavia :

Eau de laurier-rose 2 grammes.

Cocaïne 1 gramme.

Eau 25 grammes.

Chlorhydmte de cocaïne i«^,^

On applique à. l'aide d^ouate.

Rouget. — Ce tout petit insecte, à peine visible à l'œil nu, se tient dans les jardins, les prairies, les buissons, et de là s'introduit sous les vêtements, principalement aux endroits comprimés : cou, ceinture, jarrets, poigiiets, où il produit des piqûres qui causent à la longue

une démangeaison insupportable, surtout la nuit. Les lotions à Teau fortement vinaigi^ semblent soulager assez efficacement, mais l'ammoniaque employé de suite serait encore le meilleur remède.

La gale, — La teigne, — Ces maladies, dues, la pi*emière à un parasite, la seconde à un champignon microscopique, peuvent être mentionnées ici, étant assez communes dans les campagnes.

L'insecte qui cause la gale est gros comme une pointe d'aiguille; il se creuse des galeries sous la peau, dont il ne sort que la nuit. L'éruption débute par les doigts et gagne les mains, les bras, le tronc; le visage seul est respecté.

On donne de grands bains savonneux (au savon noir) et des frictions avec une pommade soufrée. Ce traitement, fait pendant plusieurs jours consécutifs, guérit infailliblement la gale.

Rappelons que cette maladie est dei plus contagieuses et qu'un enfant soupçonné d'en être atteint doit être aussitôt isolé et mis en observation.

La teigne se manifeste généralement par des plaques grisâtres, sur lesquelles les cheveux sont plus courts, amincis et cassés. Nous ne pouvons guère donner ici le traitement de cette maladie : il consiste en l'épilation et l'application de pommades mercorielles. 11 importe surtout de dénoncer la teigne aussitôt apparue chez un enfant, afin de le soigner et surtout de l'isoler, sans quoi toute une famille, toute une école peuvent en être atteints à leur tour.

Les ennemis de LHABrrAnoN. — Passons maintenant de »os ennemis personnels i ceux de notre demeure. Ils sont nombreux et tous désagréables dans leur spécialité.

Les souris et les rats habitent les gi^eniers et les caves ; que l'humidité ou la sécheresse y règne, ils s'acclimatent à tout; on cite même des rats, habitués des glacières de

navires, qui, au bout de quelques générations, furent tous vêtus d'une épaisse fourrure.

On donne beaucoup de moyens pour détruire ces hôtes incommodes, qui rongent les provisions, les habits et, faute de mieux, les souliers et les livres. Les chats contribuent bien à éloigner ces rongeurs par leur seule odeur, mais sMls^s'attaquent aux souris, ils redoutent les rats.

Nombreuses sont les recettes de pâtées empoisonnées, mais, outre qu'elles sont dangereuses dans leur préparation, elles le sont encore pour les animaux domestiques et même pour les enfants. Û vaut mieux employer des produits qui, mortels pour ces rongeurs, sont inoffensifs pour les espèces domestiques ; la scille ou gros oignon d'Algérie et un des plus connus et des meilleurs pour cet usage.

On peut acheter cet ingrédient sous forme de poudre et l'employer en le mélangeant à du sucre en poudre dans les proportions suivantes :

Poudre de scille 75 grammes.

Sucre en poudre 25 —

On aromatise cette poudre avec de l'essence de fenouil, qui a l'avantage de déplaire aux chats et aux chiens, alors qu'elle attire les rats ; on peut conserver la préparation dans un flacon bien bouché et au sec ; pour l'utiliser il suffit d'en saupoudrer un appât quelconque (Mégnin).

Mais, de tous les moyens préconisés, le moins dangereux est l'emploi du virus Danysz. Ce virus donne aux rongeurs une maladie mortelle, mais non contagieuse ; il faut donc que les rats absorbent directement l'appât au virus ou mangent les cadavres de leurs congénères, morts de cette maladie, pour en mourir eux-mêmes.

Les pièges à rongeurs sont aussi fort employés ; nous donnons (fig. 204) le dessin d'une nasse à rats, dans

laquelle on attire les animaux à Taide d'un appât; la porte, à ressort, se rabat et empêche la sortie.

Cafards. — Blattes, — Cancrelats, — Ces gros insectes,

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Fig. 204. — Nasse à rats (E. Aurouze).

Fig. 205. — Piège à cafards (S. D.).

d'un brun luisant, fréquentent les cuisines dont ils recherchent la chaleur en même temps que les aliments qu'ils dévorent. Us laissent partout une odeur caractéristique, très désagréable.

On n'aperçoit pas les cafards pendant le jour, dissimulés qu'ils sont dans toutes sortes de cachettes où l'on n'a pas l'idée d'aller les chercher; c'est la nuit qu'ils en sortent pour se mettre en quête de leur nourriture. Tout leur est bon : viandes, légumes cuits ou crus, pâtisserie, pain, céréales, etc.

La destruction des blattes se fait de bien des manières ; les pièges sont assez usités. M. Guénaux recommande l'emploi du vase vernissé intériei^ement et dont on garnit l'extérieur de linges et de planchettes pour en rendre l'accès plus facile. Les insectes sont attirés par

510 ENNEMIS ET PARASITES DE L'nOMME.

Tappàt (bière, farine ou sucre), tombent dans le vase et ne peuvent en remonter les parois glissantes.

Le piège de la figure 205 est aussi fort bien compris.

Les industriels spécialisés dans la destruction de ces bestioles emploient généralement Tacide sulfureux. 11 faut, dans ce cas, procéder comme nous l'avons indiqué pour la désinfection, en se rappelant que ce gaz détériore le cuivre et les métaux polis, et qu'il faut protéger ceux-ci par une couche de graisse.

Fourmis. — Les fourmis peuvent être rangées parmi les ennemis extérieurs et intérieurs tout à la fois. A Fintérieur, elles s'installent par colonies nombreuses dans les fentes, dans les armoires, le sol même et se répandent dans toute la maison, mais plus particulièrement dans la cuisine et la salle à manger. Elles recherchent surtout les mets sucrés et font des dégâts assez considérables . Elles peu vent aussi, paraît-il, creuser le bois et les charpentes et en comprometti^ la solidité.

Si Ton peut découvrir leur nid, le mieux, pour les détruire complètement, est d'y verser de l'eau bouillante ou un mélange de 1 litre d'eau, 10 grammes de savon noir et 1 centilitre de pétrole. On dit encore du bien du mélange suivant :

100 grammes d'hyposulfite de soude dans 1 litre d'eau.

Si on doit procéder sans connaître l'emplacement du nid, on emplit une éponge d'eau sucrée et on la i^ceau milieu de la pièce ; on y trouve le lendemain toutes les fourrais rassemblées et on n'a plus qu'à les noyer dans l'eau bouillante.

Mouches communes, — Les insectes familiers de la maison sont fort gênants. Dans les temps chauds ils constituent un véritable fléau par leur baixellenïent perpétuel; ils sont particulièrement désagréables pour les malades et les enfants. Ils salissent en outre les glaces et tous les objets sur lesquels ils se posent. On conseille, pour s'en

LES ENNBMIS DG L'HABîTÂTIOiN. 511

défaire, de tendre au j^afond des rubans blancs : les mouches, qui affectionnent cette couleur, se tiennent uniquement sur ces rubans. Mais ce n'est pas là un moyen de destruction ; parmi ceux-ci citons le meilleur, qui con-* siste à donner pendant Vhwer la chasse aux insectes qui se tiennent dans des recoins obscurs, pelotonnés en grappes.

L'huile de laurier passe pour avoir la propriété d'être

Fig. 200. -^ Carafe à «loncfaes.

détestée des mouches. On la prépare en pilant des baies de laurier bien mûres, que l'on fait macérer huit à dix heures au bain-marie, dans de la graisse de porc, et l'on passe ensuite par expression à travers un linge (A. Blanchon).

Les carafes à mouches (fig. 206) sont bien connues et donnent d'excellents résultats, de même que les papiers tue-mouches.

Quant aux mouches qui infestent les écuries, la meilleure manière pour en débarrasser les animaux domestiques consiste à les laver avec une décoction de feuilles de noyer.

Mouches à viande. — Les mêmes méthodes sont à employer avec les mouches à viande qu'avec les mouches communes ; il faut surtout les empêcher de pénétrer auprès de la viande; pour cela, celle-ci doit être enfermée dans un garde-manger ou une cloche en treillis métallique qui interdit absolument le passage aux insectes.

Teignes (vulgairement mites). — La chenille de cet insecte s'attaque aux étoffes, surtout à celles de laine, aux fourrures et en général à toutes les matières d'origine animale.

Le papillon pond ses œufs d'avril à juillet ; c'est donc à cette époque qu'il faut que vêtements et fourrures soient hermétiquement enveloppés et tenus à l'abri de l'air et surtout de la lumière. C'est en effet la lumière qui attire et entretient la vie de ces bestioles et l'obscurité est le meilleur moyen de combat qu'on ait contre elles, comme nous l'avons déjà dit.

La naphtaline, la poudre de pyrèthe, le camphre, le tabac, sont employés avec succès dans la bataille qu'on leur livre.

11 faut surtout envelopper, très seirés, les objets à pro téger dans du papier imprimé^ et recouvrir le tout d'un linge propre ou l'enfermer dans un carton.

C'est donc une erreur que de sortir fourrures et vêtements et de les battre en plein été, au grand soleil ; un temps couvert doit être choisi pour cela et il vaudrait encore mieux n'y pas toucher du tout pendant la saison chaude. Disons aussi que la propreté est une question importante de conservation, car les taches graisseuses attirent tout particulièrement les teignes.

Il existe des teignes de la graisse^ de la farine, des bouchons, etc. Contre les dégâts de ces dernières, l'emploi des capsules de métal est à recommander, la cire étant insuffisante à les arrêter.

Araignées. — Voici les ennemies intimes de la ménagère, qui les poursuit impitoyablement d'un plumeau

vengeur. 11 est certain que leurs toiles grises, chef-d^œuvre de délicatesse et de résistance en même temps, au dessin du plus bel effet décoratif lorsqu'on les considère de près, ne sont pas Tindice d'un intérieur soigné. Et pourtant les araignées sont nos meilleures auxiliaires pour la destruction des mouches, moucherons, moustiques et autres importuns. Certains éleveurs le savent bien, qui laissent dans les boxes quelques toiles dont les habitants se chargent de débarrasser les chevaux des insectes qui les torturent.

L'usage de la toile d'araignée comme compresses sur les hémorragies doit être rigoureusement abandonné ; elles peuvent en effet contenir toutes sortes d'impuretés et de micmbes, entre autres celui du tétanos.

Insectes nuisibles aux bois, — Les insectes rongeurs de bois sont relativement nombreux ; nous ne parlerons pas des termites ou fourmis blanches, assez rares en France, bien que quelques accidents leur soient imputables de loin en loin. D'ailleurs, comme ils se creusent des galeries au centre des bois de charpente (Guénaux, Entomologie et Parasitologie agricoles), leur présence n'est décelée par aucun indice certain; aussi bien n'a-t-on guère de moyen de défense contre ces dangereux insectes.

Les vrillettes s'attaquent aux meubles et à tous les bois ouvrés en général. On connaît les petits trous qu'elles creusent et la fine poussière blonde qui saupoudre le dessous des vieux meubles dévorés par elles.

Ce sont elles qui font entendre durant la nuit ces coups secs et réguliers qui effrayent tant certaines personnes.

Les meubles bien entretenus, nettoyés au pétrole ou à l'essence de térébenthine et cirés, ont plus de chances d'échapper aux ravages de ces minuscules ennemis. Pour en débarrasser un meuble déjà envahi, il faut boucher les trous à l'aide de cire et l'entretenir comme nous venons de le dire.

514 LA. VIE A LA. CiUiPÀ6NE.

La vie si saine et si fortifiante qu'on mène à la campagne a besoin, autant qu'aucune autre, d'une réglementation bien établie. C'est d'ailleurs une vie de labeur constant, infatigable et sans cesse renouvelé. Une exploitation agricole quelconque, en plein rapport et Iwen tenue, repr^cnte une somme énorme d'cflforts, de soins et de vigilance. Nous avons déjà dit quelle est la part très lai'ge que la femme j prend et quel rôle est le sien — rôle de sollicitude et d'amour avant tout, d'ordre et de travail aussi. Nous n'y reviendrons donc pas, mais avant de clore ce livre, il nous semble nécessaire de consacra* quelques courtes pages à Torganisation générale de la vie rurale, dans les rapporta familiers et sociaux plus particulièrement.

TravaJJj repas, récréations, sports, — Au chapitre de l'hygiène, la question du tr&^ail a déjà été efflem*ée dans cet ouvrage, de même que celle des repas; il y a donc peu de choses à dire sur ces deux sujets maintenant, sauf peut-être au point de vue spécial de la maîtresse de maison.

Le temps de la fermière est en effet trop précieux pour èti^ gaspillé. « Une mauvaise ménagère, dit un dicton de nos pères, gaspille plus avec une cuillère qu'un homme n'apporte avec un boisseau » et le temps est la première de toutes les économies qu'elle peut ftdre.

Les journées doivent être employées méthodiquement et, autant que possible, avec une régularité adoptée une fois pour toute.

Le lever aura lieu de bonne heure, surtout en été ; il y a tant de choses à faire dans la matinée et les premières heures du jour sont si propices aux travaux fatigants î La fermière, debout la première aune heure fixée d'avance, s'assurera que les domestiques n'oublient pas le lever,

EMPLOI DU TEMPS. 5i5

comme cela arrive souvent lorsqu'ils ne sont pas surveillés. La tâche de la veille, terminée le soir même, n'empiétwa pas sur la tâche du jour, qui suffit bien à occuper tous les bras.

Les chambres et l'entretien général de la maison devront être finis dans la matinée; ils peuvent déjà être bien avancés avant le premier déjeuner, surtout si celuici n'a pas lieu de très bonne heure; cependant dans beaucoup de fermes il a lieu de sept à huit heures. Dans presque toutes les régions, la soupe en forme la base, suivie généralement d'œufs, de viande froide ou de poisson séché, pour les hommes tout au moins. Aussitôt après la table desservie et la vaisselle lavée, la cuisine sera remise en ordre et une fois les chambres faites {elles auront été préparées au lever en mettant la liteiie à l'air par le beau temps) et le travail d'entretien, lavage, encausticage, etc., exécuté, la basse-cour, la laiterie ou le jardin réclameront la surveillance de la fermière, qui y donnera ses ordres selon les besoins.

L'heure du déjeuner — ou diner comme on l'appelle généralementà la campagne — seiti vite arrivée et la préparation de ce repas important aura encore réclamé le coup d'œil, sinon le coup de main, l'a^e de la maîtresse, il est d'usage, dans certaines provinces, qu'elle vienne en personne servir ses domestiques, après quoi elle retourne dans la pièce particulière où a lieu le repas de la famille. Parfois aussi c'est à la même table que sont tous les habitants de la ferme. Dans presque tous les cas c'est la fermière qui distribue eller-même les portions.

L'après-midi débute par Un nouveau nettoyage de la cuisine et de la salle à manger, le lavage de la vaisselle et une mise en ordre générale. Puis, selon les jours de la semaine, une besogne supplémentaire : lessive, repassage, marché, grand nettoyage, peut encore trouver place. La fermière s'occupe ensuite de rendre visite aux ouvriers placés sous sa surveillance : jardiniers, journaliers de

toutes sortes, ou même aux ouvriers agricoles, en l'absence du fermier.

Quelques visites aux voisins ou aux malades et aux pauvres termineront Taprès-midi, que le repas du soir clora.

Selon les coutumes, il y a encore un ou deux petits repas supplémentaires à dix heures du matin et un goûter à cinq heures; celui-ci se porte aux champs pendant la saison des grands travaux : moisson, coupe des foins, etc. Le dîner de midi est alors généralement dans les mêmes conditions et les servantes le portent aux travailleurs dans de grands vases à cet usage.

Nous avons déjà parlé des repas des domestiques et de la composition des menus économiques. Si une économie raisonnable, ennemie du gaspillage et de la prodigalité est toujours permise, elle ne doit pas être excessive et dégénérer en avarice. En ce qui concerne la nourriture, c'est une mauvaise économie que celle qui consiste à rogner sur la quantité de même que sur la qualité. Les travaux rudes, qui exigent de grandes dépenses musculaires fréquemment renouvelées, réclament aussi un entretien correspondant de l'organisme et il ne faut pas ménager aux bons ouvriers la bonne nourriture. Il me souvient, à ce propos, de ce propriétaire dont on m'a conté l'histoire, et qui, lorsqu'il cherchait un nouvel ouvrier, s'enquérait d'abord de son appétit et, entre plusieurs sujets, choisissait le plus beau mangeur. Son calcul a pu être faux à la preuve parfois, mais le raisonnement était juste et la spéculation, si c'en était une, semblait réussir.

De même pour la qualité ; il est facile de marquer les jours de fêtes par un extra : plat sucré, verre de vin, qui seront vivement appréciés à la table de la cuisine. Les grands dîners devront récompenser, par une participation à la bonne chère, les efforts supplémentaires qu'ils auront causés.

Ce principe est applicable au repos et la convention

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