‹ Le livre de la fermièreChapitre 150 sur 184 · SPORTS · texte numérisé non relu

SPORTS

relative à celui-ci, une fois adoptée entre maîtres et domestiques, doit être respectée de part et d'autre. Bon repos, bon repas, bon travail; telle doit être la règle adoptée et suivie en cette matière.

Mais il y a encore une chose importante que nous ne voudrions pas oublier dans l'emploi du temps à la ferme et qui tombe directement dans le domaine et sous l'influence de la femme. C'est des délassements que nous voulons parler. 11 n'est que juste, en effet, que les employés ruraux, —qui vivent une vie aussi intimement liée à celle de tous les habitants de la ferme et aussi peu abondante en rapports sociaux extérieurs, car l'exploitation rurale forme bien un familistère, — il n'est que juste que ceux-là trouvent autre chose chez leurs employeurs que le travail et la nourriture quotidiens.

Les antiques veillées remplissaient bien un peu le rôle de délassement pendant les longues soirées de la mauvaise saison, mais elles se prolongeaient souvent trop tard pour permettre le lever matinal réglementaire du lendemain. Elles avaient cependant du bon, malgré les commérages et les médisances auxquels elles donnaient trop libre cours. Ne serait-il pas possible de donner de temps en temps une soirée ou une après-midi de liberté aux domestiques hors de leurs jours de sortie réguliers, qui sont d'ailleurs bien peu fréquents à la campagne, et de leur permettre de s'amuser entre eux, en leur laissant une pièce et quelques rafraîchissements par exemple ? La danse même, dans les pays où elle est en honneur, est un excellent exercice, en même temps qu'un plaisir très honnête. « Laissez danser les garçons et les filles au grand jour », disait je ne sais plus quel auteur, « et ils iront moins chercher les fraises dans les bois ».

11 y aurait encore quelque chose à faire pour encourager certains sports, pour les hommes principalement, ce qui leur enlèverait le besoin — factice — du cabaret. Des clubs de foot-ball se fondent dans les moindres

petites villes, pourquoi a'ea créerait-on pas dans les villages? Ces mots très anglais déguisant une chose très française au fond, il suffuiût d'en faire des sociétés de jeu de paume ou de ballon pour leur enlever tout aspect étranger et quelque peu antipathique.

Le champ est vaste dans cet ordre d idées : salle de lecture, cours du soir à la maison d'école, conférences populaires, on peut aller loin et faire beaucoup ; c'est là une manière non pas d'enlever des bras à Fagricultur» en éclairant les esprits, comme certains semblent le crain^ dre, mais bien plutôt de rendre le séjour des champs plus agréable, plus vivant, plus intellectuel.

Réceptions. Dîners, — Les réceptions peuvent aussi tenir une certaine place, plus ou moins grande selon rétendue des relations, dan» la vie de la fermière. Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet que tant de livres spéciaux ont traité et sur lequel tout a été dit.

Education et instruction des enfants, — La femme, mère et éducatrice avant tout, se doit à elle-même de ne pas abandonner cette lâche, la plus importante de toutes. Si même son temps est plus que rempli, si sa besogne écrasante de fermière, jointe aux occupations ordinaires d'une maîtresse de maison, semble absorber tous ses instants, elle saura encore dérober un moment pour se pencher sur les berceaux et prendre dans la sienne la petite main qu'elle y retiendra le plus longtemps possible, jusqu'à ce qu'elle ait fait de ses enfants des hommes et des femmes.

Toutes les mères ne peuvent pas servir de professeurs à leurs enfants — nous prenons ce terme dans le sens doctrinal, — et certaines ne peuvent réellement pas trouver les loisirs indispensables pour l'être. Mais pourtant, que de femmes renoncent à l'accomi^issement de ce doux devoir, détournant la tête pour ne pas assister à l'éveil d'une àme enfantine qu'elle seule, la mèrCj est capable de comprendre parfaitement! Combien pourraient le remplir qui

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