VOISINAGES
On peut encore brûler deux ou trois fois de 2 à 3 kilos de choâ'bon de bois dans chaque pièce bien close. Pendant la combustion, le carbone se combine avec l'oxygène de l'air et forme de l'acide carbonique ; ce gaz est absorbé avidement par la chaux des murailles et favorise le dessèchement. Après quoi, on ouvre l'appartement pour y établir un fort courant d'air, et, peu après, ces pièces sont habitables sans danger. 11 va sans dire qu'aucun être vivant ne restera dans ces pièces pendant la combustion: l'asphyxie s'ensuivrait inévitablement.
Ejiûn, dans les maisons anciennes dont les planchers, parquets et poutres sont attaqués par les champignons (mérules), poser sous le plancher une couche de chaux hydraulique pulvérisée, de quelques centimètres de hauteur. L'odeur de pourri disparaît et, pendant plusieurs années, on est débarrassé de Thumidité et des mérules.
L'élévation du terrain est encore une condition de salubrité ; sur les hauteurs, l'air est plus fréquemment renouvelé et, par conséquent, plus pur ; en outre, les infiltrations et les inondations y sont moins à craindi^.
Orientation. — La meilleure orientation, et la plus généralement adoptée, estcelle dumidi-noixi : c'est-à-dire ia façade de l'habitation regardant le midi; il va sans dire qu'une question de climat et de préférences personnelles intervient ici. Dans les contrées chaudes, l'exposition est-ouest ou est-nord-est, ouest-sud-ouesl est préférable.
Voisinages. — La maison de ferme n'a généralement pas à redouter de voisinage. Cependant il peut arriver qu'elle ne se trouve pas tout à fait isolée. Les bois ne sont pas à craindre, sauf dans les climats très humides, où ils peuvent occasionner un excès de fraîcheur. Les bois de pins et de sapins sont à rechercher pour l'odeur exquise, balsamique et salubre qu'ils répandent autour d'eux.
Les usines conslituent souvent le plus désagréable des voisinages parleurs émanations fétides ou malsaines. Si cependant on est forcé de bâtir ou d'habiter dans leurs environs, il faudra faire en sorte que les ouvertures de la maison soient placées sur le mur opposé à la direction d'où viennent les odeurs ou les fumées, dont on souffrira beaucoup moins de cette manière.
Un rideau d'arbres est, dans ce cas, un très bon protecteur.
Les fenêtres seront nombreuses ou très grandes et disposées de façon à permettre une ventilation énergique : l'air et le soleil doivent pénétrer largement dans l'habitation, c'est là une condition de bonne hygiène, qu'il faut observer pour la santé générale.
Distribution. — La distribution de la maison de ferme est bien facultative, et trop soumise aux besoins et aux goûts particuliers, pour qu'on puisse en donner un modèle unique ; nous en parlerons cependant au point de vue généi'al.
Les maisons doubles sont plus avantageuses et mieux distribuées que les maisons simples ; elles comprennent, dans le premier cas, deux pièces sur la largeur, au lieu d'une dans le second.
Un perron de quelques marches, précédant la porte d'entrée, permet d'éviter le contact immédiat du sol et d'établir des caves moins humides.
Au lieu d'entrer de plain-pied dans la cuisine, et de là dans toute la maison, comme cela a lieu dans beaucoup d'anciennes fermes, il est préférable que la porte d'entrée donne accès dans un vestibule, qui commande à toutes les pièces et forme une sorte de première pièce ou « hall », dont on peut faire au besoin un bureau parloir pour recevoir les ouvriers. L'escalier part de ce vestibule.
La salle à manger et le salon, si on en établit un, seront au midi et vers le jardin, et la cuisine à l'expo-