MEUBLES, — TENTURES
meubles; on peut la préparer à l'essence si on préfère, en ayant soin de la tenir moins épaisse.
Dans les musées nationaux, les vieilles boiseries qui font Tadmiration des connaisseui^ sont fréquemment nettoyées au pétrole et entretenues à Tencaustique. 11 s'agit là de bois ayant la patine si recherchée que donnent les siècles ; tous les vieux, meubles peuvent être traités de cette manière, mais il va sans dire que certains noyers clairs et frênes blancs ne supporteraient pas le pétrole. Ceux-là seront passés — et très rarement — à l'encaustique presque liquide. La condition essentielle, pour qu'ils restent ou deviennent beaux, est de ne pas épargner le temps ni la peine, et de les frotter à sec le plus souvent et le plus fort possible.
Les meubles vernis ne réclament pas d'autre traitement ; cependant, lorsque le vernis vient à se ternir, on recommande de le frotter avec un morceau de peau ou un chitfon de laine légèrement humecté d'eau, et ensuite d'y passer, avec une peau, de l'huile d'olive ou de lin mélangée par moitié avec de l'essence de térébenthine ou de l'esprit de vin. En frottant fort et longtemps, l'éclat du vernis devient aussi beau que s'il était neuf.
Les meubles peints se nettoient par un lavage à l'eau de savon tiède ; ceux qui sont passés au ripolin, avec de l'eau pure, même froide.
Les meubles en bois blanc, ceux de la cuisine, par exemple, se lavent aussi très bien ; on peut les passer de temps à autre à la pierre ponce.
Les meubles capitonnés doivent être battus quelquefois à Faide de la tapette.
Toutes les tentures, — rideaux de fenêtres, de lit, baldaquins, etc., — seront démontées et battues à l'air libre une ou deux fois dans l'année, sans préjudice, bien entendu, des nettoyages quotidiens ou hebdomadaires, au coui^ desquels on les secouera fortement pour les débarrasser de la poussière. Tous les objets suspendus : petites glaces,
tableaux, étagères, doivent aussi être déplacés de temps en temps et époussetés à la main. Ordinairement on peut les nettoyer en place à l'aide du plumeau, grand ou petit.
Glaces. Cadres dorés. — Ce que nous avons dit à pïx)pos des carreaux de fenêtres s'applique également aux glaces, que Ton nettoie de la même manière. Quant aux cadres dorés qui ont perdu de leur brillant primitif, on les remettra à neuf en y passant une brosse douce, trempée dans un mélange bien battu de 3 parties de blanc d'œuf pour 4 d'eau 'ie Javel. La dorure se conserve mieux si Ton a soin de passer ensuite, sur le cadre, une couche de vernis spécial à cet usage.
Tableaux. — l. Lorsque la peinture est vernie, on la nettoie parfaitement et on lui redonne du brillant en la frottant avec un oignon coupé par moitié. Lorsque la partie de l'oignon qui a subi le frottement est devenue sale, on l'enlève avec un couteau.
II. Si la peinture n'est pas vernie, on commence par y passer une éponge fine et humide, puis on l'enduit, avec précaution, de la préparation suivante :
Sucre candi 3 grammes.
Eau-de-vie 200 —
Blanc d'œuf un.
Le tout doit être fortement battu.
Marbre. — Le marbre poli, qui forme les tablettes de certains meubles, lavabos, consoles, etc., et les devants de cheminée, se cire et s'encaustique fort bien. On dit du bien, pour en enlever les taches grasses, d'une pâte qu'on fait avec du blanc d'Espagne et de la benzine, et, pour nettoyer les foyers des taches constantes et si difficiles à enlever qui y pénètrent, d'un mélange de deux parties de cristaux de soude, une partie de pierre ponce et une partie de craie finement pulvérisée. Le tout est tamisé et mélangé d'eau. Le marbre frotté avec cette
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composition et lavé ensuite à l'eau de savoa, reprend l'aspect du neuf.
L'albètre, sorte de marbre d'un blanc mat dont on fait des statues, des pendules, etc., se nettoie bien à l'eau tiède et au savon, et aussi à sec avec de la poudre de talc.
Peintures, — Quelques pièces, au lieu d'être tapissées de papier, sont peintes. C'est une règle pour la cuisine ; la salle de bain et d'autres chambrée peuvent l'être également.
La peinture à l'huile ordinaire est préférable à la peinture à la colle, en ce qu'elle peut se laver facilement sans inconvénient, tandis que cette dernière ne supporte aucun lavage et assez mal Tessuyage.
11 existe un troisième procédé où la peinture est additionnée d'un siccatif spécial, qui donne un aspect brillant et verni à la surface enduite ; il y en a plusieurs marques dans le commerce : ripolin, peinture émail, etc. La grande supériorité de cet enduit est la solidité — il ne doit pas s'écailler s'il est de bonne qualité, — son hygiénique propreté, très facile à entretenir puisqu'on peut y passer l'éponge sans inconvénient, et enfin sa durée.
La dépense première, assez élevée, est amplement compensée par la suite, l'émail résistant bien plus longtemps que la couche ordinaire de peinture, qu'on est obligé de renouveler assez fréquemment.
Les endroits particulièrement sujets à l'humidité, comme les salles de bain, ont besoin d'un enduit spécial, si l'on ne peut y mettre des carreaux de faïence, ce qui est préférable à tout ; la peinture hydrofuge, nouvellement inventée, est parfaite pour cet usage : elle a la faculté de prendre sur le ciment, mais elle est difficile à étendre.
Il faut éviter, lorsqu'on donne une couche de peinture, quelle qu'elle soit, de repasser plus d'une fois à la même place. L'enduit doit être sec avant qu'on ne donne la
seconde couche, et de même pour la troisième, si Ton va jusque-là.
Les peintures émail seront employées en suivant des prescriptions spéciales; si c'est un meuble qu'il s'agit de peindre, on devra d'abord le passer fortement au papier de verre, s'il est ancien et encore recouvert de vernis, de peinture, ou de taches; cette précaution est superflue s'il est en bois neuf.
On étendraalors l'émail par couches simples, en ayant soin de laisser sécher après chacune d'elles. On ajoute un peu de térébenthine dans la composition si l'on voit qu'elle devient trop épaisse, et il faut constamment la tourner jusqu'au fond pour la rendre bien homogène. L'objet sera étendu à plat et non pas posé verticalement, ce qui ferait « baver » la peinture. Il faut donner plusieurs couches, deux ou trois, et quelquefois quatre, pour obtenir une surface absolument lisse.
Parlons encoi*e du lait de chaiiXy qu'il est très nécessaire de savoir manier à la campagne. Les murs des pièces secondaires, telles que la buanderie, la laiterie, la cave et même la cuisine peuvent en effet en être recouverts. Une chambre, une étable a-t-elle besoin d'être désinfectée? Après le lavage spécial que nous indiquons au chapitre de l'hygiène, qu'on y passe un lait de chaux.
On obtient le lait de chaux en délayant dans de l'eau de la chaux vive, c'est-à-dire telle qu'elle sort du four à chaux. Moins fraîche, elle s'hydrate, se carbonate et se dissout beaucoup moins bien ; le mélange doit être assez épais pour former une couche lorsqu'on l'élend. Cette opération peut être fréquemment renouvelée; c'est un moyen prophylactique excellent autant que simple.
Chauffage, — Le chauffage de la maison de ferme constitue une question d'économie domestique assez complexe ; nous sommes obligé d'en parler à cause des habitants des régions froides de notre pays. Envisageons donc le