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ALLAITEMENT

Il faut bien savoir que « tout enfant qui n'augmente pas de poids ou qui diminue pendant huit ou quinze jours, doit être considéré comme ne recevant pas assez de nourriture » (1).

Pour être fixé d'une manière certaine sur la quantité de lait absorbée à chaque tétée, on pourra peser l'enfant avant et après chacune de celles-ci. D'après cette donnée, on réduira ou on augmentera la durée de la tétée.

Le tableau suivant indique les quantités de lait que l'enfant doit absorber par tétée :

1" jour. ±*. 3«. 4« et 5«.

Par tétée.. 3 grammes. 15 40 55

!•' mois. 2« et 3«. 4« et 5«. 6« mois. "• mois.

Par tétée.. 60 70 100 120 150

11 faut beaucoup de patience et de persévérance au début de l'allaitement. L'insuccès apparent ne doit pas décourager la mère ; 11 faut, avant de renoncer, qu'elle soit bien sûre de ne pas pouvoir nourrir, soit que les souffrances produites par les gerçures, crevasses, abcès, etc., soient trop grandes, soit que le lait manque absolument. Je dis absolument parce que s'il y en a même insuffisamment, il vaut mieux continuer à le donner à l'enfant, quitte à suppléer à ce qui lui manque par du lait étranger.

La mère doit bien se dire que son lait est la seule nourriture qui convienne entièrement à son enfant, et elle ne doit pas Ten priver sans d'impérieuses raisons, plus fortes que la plus forte volonté.

Si cependant elle est obligée de céder à ces raisons, l'allaitement indiqué, surtout à la campagne où l'on a toutes les chances d'avoir de bon lait, est l'allaitement artificiel, au lait de vache stérilisé.

Stérilisation. — 11 est prudent de faire subir cette

(1) D' Variot, Imiruetion aux mères pour allaiter leurs enfants.

opération au lait, même si celui qu'on emploie est obtenu dans les meilleures conditions. On n'est absolument sûr qu'à ce prix de la destruction des germes morbides qu'il peut contenir sans qu'on le sache.

Ici, nous ne saurions mieux faire que de citer un spécialiste bien connu, le D"" Variot, médecin de l'hôpital des Enfants-Malades à Paris, qui, par ses consultations et ses distributions de lait stérilisé en son dispensaire de Belleville, a considérablement fait baisser la mortalité infantile, autrefois si élevée dans ce quartier populaire.

« On doit choisir d'abord du bon lait frais pour le stériliser.

Si le lait est frelaté ou altéré, la stérilisation est impuissante à l'améliorer. Les mères soigneuses peuvent stériliser leur lait elles-mêmes, en se servant des appareils Soxhlet, Gentille ou autres. Ces appareils stérilisateurs se composent d'un panier en fil de fer contenant huit à neuf petites bouteilles, qui serviront de biberons.

Les flacons, après avoir été plus ou moins remplis de lait, suivant l'âge du nourrisson, sont bouchés avec des rondelles de caoutchouc. Le panier et les bouteilles sont alors placés dans un grand vase métallique rempli d'eau et cette eau doit bouillir pendant trois quarts d'heure. Par cette méthode, on ne doit stériliser que la provision de lait pour vingt-quatre heures. Chaque petite bouteille ne doit servir que pour une tétée.

L'opération de la stérilisation devra être recommencée tous les jours et les bouteilles, les bouchons et les tétines seront nettoyés à l'eau bouillante.

Coupages du lait. — Bien que bon nombre d'enfants supportent le lait de vache pur dès leur naissance, il est habituel de le couper d'eau jusqu'à trois mois. Pendant les quatre premières semaines de la vie, on y ajoutera un tiers d'eau bouillie et une petite quantité de sucre en poudre, car le lait de vache est pauvre «n sucre.

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