RÉGIME DES NOURRICES
employée : propreté scrupuleuse, alimentation rationnelle, grand air, etc.
Nourrices. — Si l'état de l'enfant exige absolument du lait de femme et que sa mère ne puisse pas lui donner le sien, il faut se résoudre à prendre une nourrice. On apportera le plus grand soin à la choisir.
Elle sera d'une bonne santé, et son enfant ne devra pas être âgé de plus de quatre à cinq mois, autant que possible. On la fera toujours examiner par un médecin avant de permettre qu'elle approche de l'enfant. On n'ignore pas que les germes des plus terribles maladies peuvent être véhiculés par le lait ou par le contact direct : en fait, presque tous les états morbides sont transmissibles ainsi.
La surveillance est, là encore, plus facile à la campagne, le propre enfant de la nourrice pouvant être élevé en même temps et même peutrêtre nourri par elle, si elle est d'une santé robuste.
L'immoral abandon de l'enfant n'existe presque plus dans ces conditions ; il n'est au moins pas aussi absolu qu'au cas où on enlève complètement l'enfant à la raère, devenue nourrice mercenaire, encourageant ainsi un véritable trafic, que tant d'innocentes victimes payent de leur vie.
Régime des nourrices. - La nourrice, mère ou mercenaire, peut continuer son régime habituel, à quelques réserves près. Elle s'abstiendra de liqueurs fortes, de vin autant que possible, les alcools ayant tendance à donner des convulsions aux enfants.
Les crucifères : choux, navets, radis, cresson, sont conlreindiqués ; le soufre qu'ils contiennent passe dans le lait, ils donnent des gaz intestinaux aux nourrissons. On peut en dire autant des artichauts, et des liliacées en général : poireau, oignon, ail, etc., quoi qu'à un degré moindre. Les asperges sont mauvaises aussi. On fera bien de s'abstenir des coquillages et des champignons, s'ils sont douteux.
i72 SOINS A DONNER AU NOUVEAU-NÉ.
Les farineux de toutes sortes, en purée de préférence^ les œufs, le laitage, les viandes, avec la bière peu alcoolique comme boisson, constituent une excellente alimentation. D'ailleurs, d'une manière générale, tout aliment bien digéré et qui n'incommode pas le nourrisson est acceptable. Les alcools seuls sont absolument proscrits.
Il faut bien se rappeler que presque tous les médicaments passent dans le lait. Les purgations, par exemple, ont un effet sut generis sur Tenfant. On peut continuer à nourrir pendant une indisposition de quelques jours, mais si elle présente un certain caractère de gravité, il vaut mieux interrompre que de s'exposer à voir dépérir le nourrisson. Le système nerveux ayant un rapport direct avec la lactation, les nourrices devront éviter toute excitation morale ou physique.
Crevasses du sein y gerçures, abcès, — Dès l'accouj chement, on fera bien, pour prévenir les si douloureuses complications du côté des seins, de recouvrir ceux-ci d'un linge stérilisé, ayant bouilli trente minutes dans l'eau. Si on fait le pansement humide, tremper le linge dans l'eau boriquée, l'appliquer sur le mamelon, recouvrir d'un taffetas . gommé et d'ouate. Maintenir le tout par un bandage de corps.
Chaque fois que l'on met l'enfant au sein, il faut lui nettoyer soigneusement la bouche avec un linge fin stérilisé, et laver le sein avant de remettre un pansement. 11 faut insister sur l'asepsie rigoureuse des mains de la personne chargée de panser la mère, presque tous les accidents de ce côté étant le résultat d'infections.
Si des crevasses se déclarent, le médecin ordonnera probablement un pansement antiseptique plus actif, après lequel il ne faudra surtout pas oublier de laver le sein avant chaque tétée, des poisons violents étant employés dans ce cas.
Si les douleurs augmentent et deviennent intolérables,