SEVRAGE
comme c'est souvent le cas au début, on fera bien d'employer une préparation à base de tanin. Sans aucune intention de réclame, je me vois forcée d'indiquer ici le baume Delacour, dont bien des femmes ont expérimenté l'étonnante activité. Bien souvent la crevasse se ferme au bout de quelques applications et les souffrances, véritablement atroces, que produit la succion, s'atténuent et finissent par disparaître avec leur cause.
On peut aussi essayer d'un bout de sein en caoutchouc ou en liège, mais il faudrait, pour que l'enfant l'acceptât, l'adopter avant qu'il ait pris directement le sein.
Des abcès peuvent se former ; alors c'est le médecin, et même le chirurgien, qui doivent intervenir.
Sevrage. — Ici encore nous citons le D' Variot :
« Au moment du sevrage, si l'on veut éviter les accidents fâcheux, il faut se contenter d'ajouter lentement et graduellement, au lait que les enfants continuent de prendre, des aliments un peu plus substantiels. Pour les nourrissons élevés au sein, il faudra d'abord les habituer à prendre du lait stérilisé, pour remplacer celui de la mère lorsqu'il se tarira. La période du sevrage commence au moment de l'éiniption des premières dents, c'est-à-dire vers le huitième ou le dixième mois. Jusque-là les enfants ne recevront rien autre chose que du lait. Les premiers aliments que l'on ajoutera au lait seront les bouillies farineuses claires. On donnera, une fois par jour d'abord, une bouillie au lait faite avec la semoule ou le tapioca, la purée de pommes de terre. S'il y a tendance au relâchement de l'intestin, on préférera le riz ou la fleur de riz. Si, au contraire, le nourrisson est constipé, on recourra à la farine d'avoine. Les œufs bien frais sont bons pour les enfants.
La constipation est assez commune chez les nourrissons, surtout chez ceux qui sont élevés au lait stérilisé ; on la combattra avec de petits lavements de décoction de guimauve, administrés à l'aide d'une poire en caoutchouc
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très propre ; sur l'avis du médecin on se servira de la magnésie, de la manne, de Thuile de ricin, etc., si la constipation est opiniâtre.
Après dix-huit mois, on commencera à donner un peu de jus de bœuf ou de pain trempé dans le jus; un peu de viande blanche finement coupée, de la purée de pommes de terre au lait, des lentilles, des crèmes, des gâteaux de riz, du macaroni, des biscuits, etc. Pendant cette période de sevrage, les enfants prendront deux fois par jour de petits repas solides et un litre de lait stérilisé en trois ou quatre fois. Le poisson, surtout le poisson de mer, est utile aux enfants, à condition qu'il soit frais et soigneusement débarrassé de ses arêtes. »
Continuons ce petit abrégé d'hygiène du nouveau-né par un tableau donnant le poids d'un enfant normal à la fin de chacun des douze premiers mois :
Poids de naissance, 3 kilogrammes.
Accroissement quotidien.
l«rmois, 3 kil. 700 25 grammes.
2e - 4 kil. 500 23 —
se — 5 kil. 250 23 —
4e — 6 kil. » 23 —
5e — 6 kil. 500 20 —
Ce — 7 kil. » 20 —
7e ~ 7 kil. 500 iS -
8e — 7 kil. 900 17 -
9« — 8 kil. 300 d3 —
10e — 8 kil. 660 12 —
lie — 8 kil. 960 10 —
12e — 9 kil. 200 8 —
Comme on a souvent beaucoup de mal à faire accepter, à des enfants qui ont de la connaissance, un autre lait que celui de leur mère, lorsqu'ils n'en ont pas déjà goûté d'autre, on peut les habituer, à partir de trois mois, par exemple, à prendre une fois par jour une petite tasse (120 grammes) de lait, bouilH pendant quinze minutes ou stérilisé dans un biberon. Si l'enfant est bien accoutumé
SOINS DIVERS. in
à ces prises de lait, le sevrage en sera infiniment facilité.
Soins divers. — On ne devra pas sortir trop tôt le bébé ; en hiver, la première sortie pourra avoir lieu au bout de vingt jours, par un beau temps^ en été, dès la fin de la première semaine, après quoi on Thabituera à être promené par tous les temps, pourvu qu'il soit chaudement vêtu. Un grand bain chaud, à 28 ou 30^, sera donné tous les jours. On peut, à partir de dix-huit mois, habituer les enfants à Teau froide, en ayant bien soin de les frictionner vigoureusement et de les envelopper très chaudement aussitôt après l'aspersion froide, pour déterminer une brusque réaction.
Le pansement de la plaie ombilicale sera continué jusqu'à complète cicatrisation, c'est-à-dire un peu après le détachement du cordon, qui a lieu vers le quatrième ou cinquième jour. On bandera ensuite l'enfant avec la bande de toile recouverte par la bande de flanelle, jusqu'au sixième mois au moins. On préviendra de la sorte les petites hernies qui se produisent facilement.
Pour ne pas abandonner la bande trop brusquement, on en déchirera un petit morceau tous les joui's, ce qui en rendra la disparition insensible.
Le bébé devra rester dans son berceau pendant les premières semaines et même les premiers mois ; on l'habituera à faire ses besoins proprement, à heure régulière autant que possible; on le tiendra, pour cela, sur un vase plusieurs fois par jour. Les matières normales — qui devront être évacuées deux ou trois fois par jour — seront d'un beau jaune d'or et de consistance d'œuf brouillé. L'enfant devra être laissé le moins longtemps possible dans des linges souillés ou mouillés. On ne le lèvera la nuit sous aucun prétexte, sauf pour lui donner à boire. C'est l'éducation première qui « donne le pli » ineffaçable ; on fera donc bien de laisser crier le tout nouveau-né les premières nuits, si l'on est bien assuré qu'il n'a besoin de rien.
Les berceaux à oscillations sont aussi à déconseiller, tant pour renfant que pour les personnes qui s'en occupent, et qui, assises, couchées, debout, en marchant, en mangeant et en dormant, sont transformées en somnambules à déclanchement automatique ; si Fenfant n'a pas été habitué à être bercé, il n'en sentira pas le besoin.
On donne encore quelquefois, à la campagne, des tétines qui consistent en morceaux d'os en forme de tétines de biberon ou en une vraie tétine en caoutchouc suivie — hélas! — du long tube de l'ancien biberon. On frémit quand on songe aux microbes qui doivent naître, se développer et prospérer dans ce boyau obscur, au grand dan^ des petits poumons et des bronches délicates, qui aspirent perpétuellement à vide ; résultat, l'enfant se fatigue l'estomac, les poumons, s'infecte, et se déforme la bouche par-dessus le marché. Mais il y a mieux encore : j'ai vu de mes yeux, et cela bien des fois, des mères donner à leur enfant une tétine (un suçot comme elles disent) qu'elles fabriquent en enveloppant un morceau de sucre dans un chiffon et en nouant le tout d'un fil. Heureux encore quand on n'ajoute pas de l'eau-de-vie au morceau de sucre ! Il ne faut pas perdre une occasion de dénoncer toutes ces pratiques vicieuses et de répéter qu'un enfant n'a besoin de rien entre ses tétées. — On permettra seulement l'anneau d'os ou d'ivoire quand les petites dents commencent à vouloir sortir ; les bâtons de guimauve bien bouillis sont aussi une ressource dans ce cas.
Vaccination. — La vaccination doit être pratiquée dans les trois premiers mois. En principe, on peut vacciner même un nouveau-né : cette opération a lieu dans les maternités pendant les quinze jours qui suivent la naissance. On tiendra ensuite l'enfant à la maison, chaudement, et on garantira la plaie du froid à l'aide d'une petite compresse stérilisée, qu'on évitera de mouiller en lavant l'enfant. Du quatrième au treizième jour, la plaie