‹ Le livre de la fermièreChapitre 83 sur 184 · OREILLONS · texte numérisé non relu

OREILLONS

Il est difficile de distinguer dès Tabord la coqueluche d'une bronchite ou d'un rhume, d'autant plus qu'elle débute souvent par là avant de se caractériser. On la reconnaît plus tard aux quintes, longues et épuisantes, pendant lesquelles l'enfant perd la respiration et semble étouffer. La quiate se divise en plusieurs accès, entre lesquels le malade respire avec un sifflement particulier ; elle se termine enfin par l'expulsion de crachats. Cette maladie est d'ailleurs la seule pendant laquelle les enfants au-dessous de quatre ans crachent. La congestion étant assez forte pendant ces accès, la figure reste bouffie, ce qui permet aux personnes expérimentées de distinguer à première vue un coquelucheux parmi d'autres enfants.

Les tout petits enfants ont surtout à souffrir de la coqueluche, à cause des vomissements qu'elle provoque parfois, et qui finissent par les faire tomber d'inanition ; les enfants plus grands devront manger peu et souvent pour obvier à cet inconvénient. La coqueluche peut encore se compliquer de hernies, d'asphyxie, de convulsions, d'hémorragie, de fluxion de poitrine. Il faut donc tenir le petit malade en surveillance. Quant aux traitements, ils sont assez variables. Certains docteurs font garder la chambre strictement, avec un changement de pièce pendant la nuit pour purifier l'air. D'autres, au contraire, préconisent le grand air pendant toute la durée de la maladie. Il ne faut, en tous cas, sortir les coquelucheux ni par un froid trop vif, ni par le vent, à cause des poussières qui les feraient tousser à coup sûr, en irritant les voies respiratoires. L'isolement et la désinfection sont absolument de rigueur. La durée de la coqueluche est de six semaines à deux mois.

Oreillons, — Les oreillons sont caractérisés par un gonflement des glandes salivaires, qui cause une certaine gêne en mastiquant et qui déforme passagèrement Fovale de la figure. C'est à ce signe extérieur que la mère reconnaît que son enfant en est atteint. Comme c'est

une indisposition très bénigne, ne s'aggravant que dans des cas tout à fait exceptionnels, il suffît de garder l'enfant à la chambre, en donnant un léger purgatif si les fonctions de l'estomac sont troublées, et de mettre une couche d'ouate sur le cou. L'enflure et la gêne disparaîtront en quelques jours.

Particularité à noter : les organes génitaux chez les garçons, et les seins chez les petites filles, sont sujets à participer à l'inflammation ; il faudra donc surveiller ces parties.

Les oreillons sont des plus contagieux ; l'enfant sera isolé de la famille, les malades, de l'école.

Maux dyeux. — Beaucoup d'enfants lymphatiques souffrent des yeux. Après le sommeil, ceux-ci sont rouges et gonflés et les cils collés par l'humeur qu'ils sécrètent. L'irritation peut même s'étendre au globe de l'œil, la vue du malade se trouble alors et la lumière ne peut être supportée. Il sera bon, si le mal est aussi sérieux, de prendre l'avis du médecin, qui renverra peut-être à l'oculiste. Le régime fortifiant est, en tous cas, nécessaire : l'huile de foie de morue et les bains salés sont indiqués.

Les ophtalmies sont infiniment plus alarmantes et devront être signalées au médecin dès leur apparition. Les yeux se ferment, les paupières sont rouges et tuméfiées et le pus en sort avec grande abondance. Chez les nouveau-nés, elle apparaît tout de suite après la naissance, surtout si Ton n'a pas pris soin de désinfecter les yeux avec du citron ou une solution d'acide borique à 4 p. 100. Cette maladie est si grave que les enfants mal ou tardivement soignés sont exposés à rester aveugles pendant toute leur vie.

Les précautions antiseptiques les plus minutieuses devront être prises par la personne chargée de soigner les yeux du malade, en raison de l'extrême contagiosité de cette terrible maladie.

Page 1