ELOGE DE BEETHOVEN III
fixées dans les signes et dans les sons. Beethoven révéla la parole du Sphinx, du Silence, le mystère musical de toutes les choses. Beethoven se montra ainsi devant les hommes, qui depuis les siècles les plus lointains, avec les élans religieux les plus tragiques, semblaient avoir aspiré à lui — il leur parla le langage de la Joie et de la Douleur, absorbées dans leur véritable essence uranique. Toutes les fois que Beethoven touchait la corde de son luth, c'était le vent qui l'effleurait, c'était le souffle du vrai Dieu, c'est-à-dire de la conscience centrale, synthétique de tout lunivers. Dans chaque note une voix des choses essentielles était libérée, se soulevait, devenait lumière.
La musique représente le maximum de vibration de la matière, avant que celle-ci fût lumière. Dans l'elTort perpétuel de subtili-