PS. XLIX
(2) Ibid.
Telle est laloi de la prière chrétienne. Demême qu'on a souvent répété à propos de liturgie le fameux axiome de saint Célestin : legem credendi lex statuât supplicandi{l)', on pourrait dire Zeg'em bene agendi lex statuât supplicandi, que la loi de la prière soit la règle de la vie. Les Pères anciens rappellent souvent cette règle dans leurs homélies, surtout à propos du jeûne et des autres pratiques. Le jeûne n'est agréable à Dieu que si, ens'abstenantde nourriture, on s'abstient en même temps du péché ; et si on loue la loi de Dieu par ses paroles, il faut la louer aussi dans sa conduite par ses actes. Ce que Notre-Seigneur a condamné le plus sévèrement durant sa vie, c'est précisément ce p/iamaïsme qui est l'hypocrisie de la vraie piété, et qui consiste à pratiquer extérieurement une religion dont on ne suit pas les préceptes dans sa conduite intime. Il était bon, dans les premiers chapitres d'un livre consacré à la prière chrétienne, de dire quelle en est la loi fondamentale.
C'est pourquoi aussi nous donnons ce chapitre qui contient les préceptes de Dieu et les éléments essentiels de la vie chrétienne.
Tel est bien l'esprit de la liturgie ; dans les plus anciennes messes, non seulement on chante les psaumes, mais encore on lit les livres de la loi, comme pour mettre à côté de la louange divine la règle de la conduite.
Écoutez donc les préceptes que Dieu a donnés aux hommes sur la montagne du Sinaï. Voici les préceptes de la première table : devoirs qui concernent Dieu :
(1) Lettre de saint Célestin aux évôcrues des Gaules.
1 « Tu n'auras pas des dieux étrangers.
2 Tu ne prendras pas le Nom du Seigneur, ton Dieu, en vain
3 Souviens-toi de sanctifier le septième jour. »
Les préceptes de la seconde table sont les devoirs envers le prochain :
4 « Honore ton père et ta mère, et tu auras une longue viQ sur la terre que le Seigneur ton Dieu te donnera.
5 ïu ne tueras point.
6 Tu ne commettras pas l'adultère.
7 Tu ne voleras pas.
8 Tu ne diras pas le faux témoignage contre ton prochain.
9 et 10 Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune des choses qui sont à lui (1).
Le chrétien doit relire et méditer ces préceptes, car il sait que le Christ, son maître, n'est pas venu abolir la loi, mais la confirmer. N'est-ce pas lui qui a dit ces paroles :
« Si tu veux avoir la vie (éternelle}, garde les commandements, c'est-à-dire : « Tu ne commettras pas l'homicide ; tu ne seras pas adultère ; tu ne commettras pas le vol ; tu ne diras pas de faux témoignage :
« Honore ton père et ta mère ; aime le prochain comme toimême (2). »
Ou encore sous une forme résumée :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, do toute ton âme, de tout ton esprit.
« C'est le grand et le premier précepte.
« Et le second lui est semblable : « Tu aimeras ton prochaiu comme toi-même.
(1) Exode, XX ; Deut. v.
L'usage a résumé ces commandements de Dieu dans les vers populaires que l'on connaît :
Un seul Dieu tu adoreras, etc.
(2) Matth. XIX, n.
a Dans ces deux préceptes tieiiiïent toute la loi et les prophètes (1). i>
Le chrétien, s'il veutimiter son Maîtrequi est passé en faisant le bien, ne se contentera pas d'éviter le mal, il voudra de plus pratiquer le l)ien ; on a cherché depuis longtemps à dresser une sorte de catalogue de ces œuvres de miséricorde. Suint Augustin les énumère ainsi :
a Donner du pain à ceux qui ont faim,
« Recevoir l'étranger dans sa maison,
V Vêtir ceux qui sont nus,
« Rétablir la paix parmi ceux qui sont divisés,
« Visiter les malades,
« Ensevelir les morts (2). »
D'autres ajoutent à ces œuvres :
« Défendre la veuve, « Protéger l'orphelin, « Consoler ceux qui pleurent (3). »
Aujourd'hui on compte sept œuvres de miséricorde spirituelle :