Visiter ceux qui sont en prison, 1. Ensevelir les morts
Toutes ces œuvres sont conseillées par TÉvangile et par les Livres saints.
Voici les béatitudes proclamées par le Seigneur dans le sermon sur la montagne, et qui sont comme l'écho chrétien des préceptes du Sinaï :
« Bienheureux les pauvres d'esprit : parce que le royaume du ciel est à eux.
« Bienheureux ceux qui sont doux : parce qu'ils posséderont la terre.
« Bienheureux ceux quipleurent : parce qu'ils seront consolés.
« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice : parce qu'ils seront rassasiés.
« Bienheureux les miséricordieux : parce qu'ils obtiendront miséricorde.
« Bienheureux ceux qui ont le cœur pur: parce qu'ils verront Dieu.
« Bienheureux les pacifiques : parce qu'ils seront appelés les fils de Dieu.
« Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice: parce que le royaume des cieux est à eux.
« Bienheureux étes-vous quand les hommes vous maudissent et vous persécutent, et disent toute sorte de mal contre vous, à cause de moi ;
« Réjouissez-vous et tressaillez parce que votre récompense est grande dans le ciel... (1). »
Il est un certain nombre de vertus que le chrétien doit pratiquer. Lespremièressontles vertus théologales^
(1) Matth. y. Cf. Luc. vu
c'est-à-dire celles qui ont plus spécialement et plus directement Dieu pour objet ; ce sont la foi, l'espérance et la charité.
Saint Paul nous dit : « Maintenant il y a trois choses qui demeurent : la foi, l'espérance, la charité ; mais la charité est plus grande. »
L'éloge magnifique qu'il fait de cette vertu est une sorte d'hymne qui mérite bien d'avoir sa place ici et d'être lue souvent comme prière par les fidèles :
« Si je parle la langue des hommes et des anges et si je n'ai pas la charité, je suis comme l'airain sonore, ou la cymbale retentissante.
« Si j'avais le don de prophétie, et si je connaissais tous les mystères et toute science ; et si j'avais assez de foi pour transporter les montagnes, mais si je n'avais pas la charité, je ne suis rien.
« Et si je distribuais aux pauvres tous mes biens, si je livrais mon corps aux flammes, et si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
« La charité est patiente, elle est bienveillante ; elle n'est pas jalouse, elle n'agit pas témérairement, elle ne s'entle pas.
« Elle n'est pas ambitieuse, elle ne cherche pas son profit, elle ne s'irrite pas, elle ne pense pas le mal.
« Elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais se réjouit de la vérité ;
« Elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout.
« Elle ne finira jamais ; les prophéties disparaîtront, les langues cesseront, la science sera détruite;
« Car nous ne connaissons que partiellement, et nous ne prophétisons que partiellement,
« Mais quand ce qui est parfait arrivera, ce qui est partie cédera le pas... (1). »
Au-dessous des vertus théologales et d'un autre ordre, sont quatre vertus dites cardinales ou principales, parce qu'elles sont comme les principes des
(1) I Cor. xiu.
autres vertus morales. Ce sont la justice, la force, la irudence et la tempérance. Le prophète nous dit : « La iagesse nous enseigne la tempérance et la prudence, /a justice et la force ; rien n'est plus utile à l'homme dans sa vie (1). »
Les sept dons du Saint-Esprit qui sont conférés au baptême et à la confirmation, sont ainsi énumérés par Isaïe : « L'esprit du Seigneur reposera sur lui : l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de science et de piété, et l'esprit de la crainte de Dieu le remplira (2). »
Saint Paul, complétant cette énumération, nous dit quels sont les fruits que produit dans l'âme le même Esprit divin : « Les fruits de l'Esprit sont la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté (3).
On a découvert, il y a quelques années (1883), dans la bibliothèque dite du Saint-Sépulcre, à Constantinople, un très vieux manuscrit qui contientl'un des ouvrages les plus anciens de l'antiquité ecclésiastique. Il est intitulé la Doctrine des apôtres; nous aurons à invoquer plus d'une fois son témoignage, car il contient des renseignements précieux sur la liturgie antique; il fut écrit au plus tard au commencement du second siècle (4) . La première partie, qui est tout à fait conforme à l'objet de ce chapitre, expose les devoirs du chrétien sous
(1) Sag. viu.
(2) Is. XI.
(3) Gai. V.
(4) Ce document a été édité b:en souvent déjà et plus souvent encore commenté ; nous nous contentons de citer Funk, Opéra Palrum apostolicoriniif^ I^^^Minasi, la Dotlrina del 8ignore pei dodici apostoliydai»^9,y.,^MSiii-8'.
une forme familière à l'antiquité et bien de nature à frapper les esprits : c'était là probablement une règle de vie que Ton donnait aux catéchumènes qui voulaient entrer dans l'Église, ou aux chrétiens qui venaient de se convertir.