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PRIËRES POUR LA COMMUNION

(Voir le chapitre : Baptême^ Confirma lion, première Communion, p. 376 ou La messe au III^ siècle, p. 90, et dans rordinaire de la messe, les prières de la partie Communion, p. 521.)

Nous donnons d'abord une antienne célèbre dans la liturgie :

« Venez, peuples, accomplir, le mystère sacré et immortel et la libation ; approchons avec crainte et avec foi ; avec des mains pures, prenons le fruit de la pénitence; car pour nous 1 Agneau de Dieu s'est olîert au Père en sacriflce ; adorons Lui seul, glorifions-le, chantant avec les anges : alléluia (1). »

Les lecteurs qui nous ont suivi avec attention, sentiront du premier coup la saveur antique de cette

(1) Venite populi ad sacrum et immortale misterium {sic) et libamen agendum ; cum timoré et fide accedamus; manibus mundis poenitentiae munus communicemus ; quoniam Agnus Dei propter nos Hatri sacrificium proposiium est; ipsum solum adoremus, ipsum glorificemus. cum angelis clamantes : alléluia (Texte du tropaire de Montauriol.i Un texte du manuscrit ambrosien de Muggiasia porte la variante suivante : ansioriuiû lUibatiim agonduaj (cf. Dpiix Uiri-s choraux niotiftstiques dcf X' et A/e sièrlfs, par M. l'abbé C. Daux et le chanoine Morelot. Picard, 1899).

Bénigne fac, Domine, in bona voluntate tua Sion : ut ïEdificentur mûri Jérusalem.

Tune acceptabis sacrificium justitiœ, oblationes, et holocausta : tune imponent super altare tuum vitulos.

pièce. On a cru, à une certaine époque, qu'elle était une relique des anciennes liturgies gallicanes ; elle existe en efTet dans l'ambrosienue, dans la liturgie gallicane propi-ement dite, et peut-être dans un autre rite gallican, mais elle est aussi dans d'autres liturgies, notamment dans la romaine. Dom Cagin. qui dans la Paléographie musicale (an. 1896) a su démontrer que plusieurs pièces gallicanes ont une origine grecque, émet ici encore l'hypothèse, acceptée par le chanoine Morelot, d'un emprunt à la liturgie grecque. Je crois que l'hypothèse peut être considérée désormais comme un fait ; je me permets de signaler aux. deux savants auteurs un tropaire qui fait allusion en même temps à la cérémonie du lavement des pieds le jeudi saint, et à la communion ; il débute comme le Fe?j?fe et présente avec lui des analogies assez frappantes (1).

Cette origine constitue pour notre antienne un état civil des plus curieux et la fait remonter très haut.

En Occident on a, pour des raisons liturgiques, supprimé l'allusion au lavement des pieds, et on a transformé cette pièce en antienne qui était chantée au moment de la fraction ou pour la communion, à certains jours de grande fêle, quand tout le peuple venait s'asseoir à la table sainte. C'était comme une invitalion générale : « Venez, peuples, approchez. »

(1) Tfi (ji-jTxr/?l

Tov apTov O-noôcÇdjuîOa, etc. Cf. NilJes, KaleadarJum manuale, tome II, p. 233.

Cette antienne est donnée par Grégoire de Tours, De Mirac, S. Martini, 1. Il, c. 13.

Le répons suivant avait aussi sa célébrité :

Un homme fit un grand festin, et, à l'heure du festin, il envoya son serviteur dire aux invités de venir, parce que tout est prêt. — Venez, mangez le pain que je vous donne, et buvez le vin que je vous ai préparé. — Parce que tout est prêt. — Gloire au Père. — Parce que tout est prêt.

L'une et l'autre pièce ont été dotées d'une admirable mélodie grégorienne qui met toutes les paroles en relief et les fait mieux comprendre.

Ce psaume, nous l'avons dit ailleurs, a été depuis les temps les plus anciens affecté à la communion. Il en est peu qui conviennent mieux comme hymne d'action de grâces et qui rendent mieux les sentiments du fidèle qui, dans la communion, s'est uni au Christ.

Je bénirai le Seigneur en tout temps ;

toujours sa louange sera dans ma bouche. Mon âme mettra sa gloire dans le Seigneur :

que ceux qui sont doux entendent et se réjouissent. Célébrez le Seigneur avec moi,

et exaltons tous ensemble son nom.

J'ai cherché le Seigneur, et il m'a exaucé,

et il m'a tiré de toutes mes tribulations.

Homo quidam fecit cœnam raagnam, et misit servum suum hora cœnae dicere invitatis ut venirent ; Quia parata sunt omnia. —f. Venite, comedite panem meum, et bîbite vinum quod miscui vobis. — Quia parata sunt. — Gloria Patri. — Quia parata sunt.

Benedicam Dominum in omni tempore . semper laus ejus in ore mec.

In Domino laudabitur anima mea : audiant mansueti, et Jaetentur.

Magnificate Dominum mecum : et exaltcmus nomen ejus in idipsum.

Exquisivi Dominum, et exaudivit me : et ex omnibus tribulationibus meis eripuit me.

Approchez-vous de lui et vous serez éclairés,

et vos visages ne seront pas couverts de confusion. Ce pauvre a crié, et le Seigneur l'a exaucé,

et il l'a sauvé de toutes ses tribulations. L'ange du Seigneur environnera ceux qui le craignent,

et il les délivrera.

Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux ;

heureux ï homme qui espère en lui.

Craignez le Seigneur, vous tous ses saints,

car il n'y a pas d'indigence pour ceux qui le craignent. Les riches ont été dans Je besoin, et ont eu faim ;

mais ceux qui cherchent le Seigneur ne seront privés d'aucun bien.

Venez, mes fils, écoutez-moi,

je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Quel est l'homme qui désire la vie,

qui aime à voir d'heureux jours ?

Préservez votre langue du mal,

et que vos lèvres ne profèrent pas la tromperie Déoutrnez-vous du mal, et faites le bien ;

recherchez la paix et poursuivez-la.

Les yeux du Seigneur sont sur les justes,

et ses oreilles sont ouvertes à leurs prières.

Accedite ad eum, et illuminamlBi : et faciès vestraB non confundentur.

Iste pauper clamavit, et Dominus exaudivit eum : et de omnibus tribulationibus ejus salvavit eum

Immittet angélus Domini in circuitu timentium eum : et eripiet eos.

Gustate, et videte quoniam suavis est Dominus ; beatus vir, qui sperat in eo.

Timete Dominum, omnes sancti ejus : quoniam non est inopia timentibus eum.

Divites eguerunt et esurierunt : inquirentes autem Dominum non minuentur omni bono.

Venite, ûlii, audite me : timorem Domini docebo vos.

Quis est homo qui vult vitam : diligit dies videre bonos ?

Prohibe linguam tuam a malo : et labia tua ne loquantur dolum.

Diverte a malo, et facbonum; inquire pacem, et persequere eam.

Oculi Domini super justos : et aures ejus in preces eorum.

Mais le visage du Seigneur est sur ceux qui font le mal,

pour exterminer leur mémoire de dessus la terre. Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés,

et il les a délivrés de toutes leurs tribulations. Le Seigneur est près de ceux qui ont le cœur afQigé,

et il sauvera les humbles d'esprit.

Les tribulations des Justes sont nombreuses,

et le Seigneur les délivrera de toutes ces peines. Le Seigneur préserve tous leurs os;

il n'y en aura pas un seul de brisé.

La mort des pécheurs est affreuse,

et ceux qui haïssent le juste sont coupables. Le Seigneur rachètera les âmes de ses serviteurs,

et tous ceux qui espèrent en lui ne seront point frustrés.

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