CHAPITRE CL
sont plain de poisson. Ou milieu est li palais qui est moult grans et moult beaux. Il y a .xx. (vingt) sales belles et grans; et en y a une plus grant que les autres où moult de gens pourroient mengier. Elle est toute painte à or; et la couverture et les murs n’ont autre painture, fors que d’or; si que elle est si belle à veoir que c’est trop grant noblesse.
Encore sachiez que en ce palais a bien mille chambres moult belles et moult grans, toutes paintes à or, et de diverses couleurs. Encore sachiez que, en ceste cité, à .c.lx. (cent soixante) grans rues ; et en cbascune rue .x. (dix) mille maisons ; si ce que c’est en somme .xvj. (seize) cens mille maisons'", entre lesquelles a
no Le ms. C. porte : « Encore sachiez que (en la) dite cité si y a cent soixante tomroan» de leu, ce est à dire : cent soixante lommans de maisons; et est le tomman : .x. mille; si que ce est en somme .vi.c. (c’est-à-dirc 1,600,000) maisons. •
gnl qui signifie 10,000) , de ceux de leur loi ; il est venu en ce pays pour la vie et le salut de et .üij. thuman (40,000) des Sarraxins; qui, en nostre Caan; pourquoy je te prye que lu luy tout font .iiij.xx.ix. thuman (890,000), dont ung monstres aulcunes merveilles de céans. » Ce rethuman vault .x. mille feux . Des autres chres- ligieulx me mena en ung lieu et me monstra deux tiens et marchans estranges (étrangers) en y a grans vaisseau U plains de relief (restes) qui estoit tant , que c'est merveilles, qui ne sont point demouré à la tahle ; puis nous ouvris! la porte comptez ou nombre de ces feuz : dont ce me d’ung iardin, et me mena iusques à ung moncel semble ung'greigneur merveille du monde, rom- qui est cnmy ce iardin. Lors il sonua une dûment tant de gens pevenl estre gouvernez ma- clietle , et tanlost à ce son descendirent de la nant ( demeurant ) ensemble. Et pourtaut y a montaigne iusques à trois mille bestes, qui loutre* grant marché et habondencc de tous biens : tes avoient les visaiges comme gens, ainsi comme
de paiu, de chair, de rys, et aussi de vin, lequel ont les marrooles. Les bestes descendirent moult ilz tiennent à très noble bruvaige et les nom- ordonneeraent et paisiblement ensemble. Le rement bigon en leur langnige ; de tous aultres y ligieulx dessus dit mist du relief es vaisscaulx a on très grant hal>ondance. devant ces bestes; et quant elles eurent mengé,
« C’est la cité royal en laquelle soûl loi t tenir il sonna la clochete et chascuitfe s’en retourna en son siège le roy de la province de Mangyn dessus son lieu. Je en euz grant merveille. Si demanday nommée. En ceste cité avoit un puissant homme que c’estoit. Il respondit que c’estoit les ames qui estoit devenu chrétien par le prcschemcnt des nobles hommes, lesquelles ilz repaissaient des trois frères ( mineurs), k sa maison où j’es- pour l'amour de Dieu. Je le blasmay moult de toyehostellé(/e^c).Tousioursilmeuommoitac/m; ceste créance en disant que ce n’estoient mye c’est-à-dire « père » (acha ou akha , veut dire ames de gens ; car c’estoicnt bestes déraisonna- - frère » en mongol; et ata - père »).lTne foys il me blés. Mais oneques pour chose que ie sceusse dire, mena veoir la ville ; si veinsmes à nue Abbaye. Il il ne me voullul croire que ce ne fussent ames des appella ung des rcligieulx de leuns, et luy dit de nobles hommes ; et disoit que les ames des nomoy : « Regarde, se dit-il, de ce rabain franc; blés, selon ce que l'homme est plus noble, entre, c’est-à-dire : ce religieulx est du bout et de la lin l’ame, en plus noble beste ; et les ames des vildu moude, là où le sonleil se esconse (se cache); lains et des poures entrent en ordrs bestes (éc-
grant quantité de riches palais, beaux et grans. Et si y a une eglise tant seulement en la cité, des crestiens nesterins 4fi. Encore vous dirons une autre chose. Sachiez, que tous les bourgois de la ditte cité, et toute autre gent qui y demeure, si ont telle coustume que chascun a escript sur sa porte : son nom, le nom de sa femme, et de ses enfans, de ses esclaves, et de tous ceulx qui en la maison demeurent ; et encore quantes bestes il tient. Et se il avient que aucun muire 48 en la maison, si abat l’en son notn *9 ; et se autres y naist 5", si l’escript on avecques les autres Si que en telle maniéré scet 5l, li Sires’ quantes gens il a en sa cité (t8).
4 6 Nestoriens. — Combien. — 4* Meurt. — <9 0« retire son nom fie l'écrit qui est sur la porte. — 50 Naît. — Sait.
tes immondes), et en meschante vermine. Àultre chose ne voullut il oncques croire.
* Qu» de reste cité vouldroit escripre il emplirait ung grant livre ; mais brief c’est la plus grande que soit en tout le monde et la plus noble. »
(18) Cette coutume très-ancienne, en Chine, est encore observée de nos jours. On lit dans les Statuts administratifs de la dynastie régnante ( T ai thsing hoeï tien , édition postérieure à 1 8 1 2 , 11* livre , traduit intégralement par celui qui écrit ces lignes : Paris, 1841, et Description de la Chine , t. II, partie moderne , p. 167 et suif.) :
« Pour établir le chiffre de la population « de chaque province, le gouverneur et le lieu- « tenant- gouverneur font recueillir dans tous « les lieux qui sont de leur ressort , par des ■ préposés nommés Pao- kia , ou « chefs des « feux -, les tablettes en bois attachées aux « portes des maisons (i men-pai-tse ) pour avoir le
- nombre réel des personnes qui les habitent. •• Chaque année, à la 10* lune, ces listes de re- « censément réunies sont envoyées au ministère,
- en même temps que la quotité des tributs qui n sont prélevés sur rette même population. Le « ministère des finances, vers la fui de l’aunée, « réunit tous h-s documents, qu’il met en ordre, « et en forme la Liste impériale (hodng-tsi) des
- impôts et revenus de l’Empire. Chaque année « on examine l’accroissement de la population « qui est survenu, duquel accroissement il n’est
• tenu aucun compte, s’il est trop peu impor- - taDt. »
On lit encore dans les mêmes Statuts ,* « De « tout ce qui compose la populalioo proprement n dite, les miles (parvenus à l’Age viril) sont « appelés ting (ou robustes) , les femmes sont « appelés khéou (bouches). Les jeunes gens, qui « ne sont pas encore parvenus à l’Age viril, sont
• egalement classés parmi les bouches. Les hom- « mes virils (ou contribuables) et les bouches *» sont inscrits sur des écriteaux suspendus aux m i sortes des maisons, etc. « (/é., p. 167). Ibn- Hatoutah (lieu cité, t. IV, p. 265) confirme le même fait. ■ Lorsqu'un marchand musulman, dit-il, arrive dans une des villes de la Chine, on lui laisse le choix de descendre chez un négociant de sa religion, désigné parmi ceux domiciliés dans le pays, au lieu d’aller à l'hôtellerie. S’il préfère la demeure chez le négociant, on compte toutes les valeurs qu’il possède, on les confie audit négociant choisi par lui, lequel prend sur l'argent de l’étranger pour pourvoir aux besoins de celui-ci, mais d’une manière honnête. Quand il veut partir, on examine son argent, et, s’il en manque, le négociant chez lequel il demeure, et qui a reçu la somme en dépôt, est obligé de combler le déficit.
« Dans le cas où le marchand qui arrive aime mieux se rendre à l'hôtellerie, on livre son argent au maître de l’hôtel à titre de dépôt. Ce dernier achète pour le compte de l’étranger ce