‹ Le livre de Marco PoloChapitre 139 sur 357 · CHAPITRE CLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLII

Ci devise de la grant rente que le grant Kaan a, chascun an, de laditte noble cité de Quinsay , et de ses appartenances.

Or vous conteray la grandisme rente que le grant Kaan a, chascun an , de ceste ditte cité de Quinsay, et de ses appartenances,

5l Prévoyant. «— 53 Dépendances,

que celui-ci désire, et, s’il veut une couru* lutte, il fait pour lui l'acquisition d’une jeune fille esclave. Il le met alors dans un appartement dont la porte s'ouvre sur l'intérieur de l'hôtellerie, et il fait la dépense pour l'homme et pour la femme... Quand le marchand étranger désire se marier en Chine, il le peut aussi trèsfacilement ; mais pour cc qui est de déjieuser son argent dans le libertinage, cria ne lui est nullement permis. Les Chinois disent : • Nous « ue voulons point que l'on entende rappor- « ter dans le pays des musulmans qu’ils per- « dent leurs richesses dans notre contrée, « que c’est une terre de déliauche et de beautés « fragiles ou moud aines. »

• la Chine est la plus sûre ainsi que la meilleure de toutes les régions de la terre pour celui qui voyage. On peut parcourir tout seul l'espace de neuf mois de marche sans avoir rien à craindre, même si l’on est chargé de trésors. C’est que dans chaque station il y a une hôtellerie surveillée par un ofGcier, qui est établi dans la localité avec une troupe de cavaliers et de fantassins.

« Tous les soirs, apres le coucher du soleil, l'officier entre dans l'auberge, accompagné de son secrétaire ; il écrit le nom de tous les étrangers qui doivent y passer la nuit, en cachette la liste, et puis ferme sur eux la porte de l'hôtellerie. Au matin, il y retourne avec sou secrétaire, il appelle tout le monde par son nom, et en écrit une note détaillée. Il expédie avec les voyageurs une personne chargée de les conduire à la statiou qui vicut apres, et de lui rapporter une lettre de l'officier préposé à cette seconde station, établissant que tous y sont arrivés; sans cela, ladite personne en est responsable. C’est ainsi que l'on en use dans toutes les stations de ce pays, depuis Sin-as-sm (Canton) jusqu'à Khan-batik (Pé-king). Dans ces auberges, le voyageur trouve ce dont il a besoin eu fait de provisious ; il y a surtout des poules cl des oies ; quant aux moutons, ils sont rares eu Chine. »

Cette police chinoise, si bien organisée pour la sûreté des voyageurs, existe encore de nos jours. On a pu lire, daus les récits de plusiiurs uii&siuuuaiiis, des détails de précaution* Miubla-

qui est la .ix*. (neuvième) partie de la contrée du Mangy . Et premièrement, du sel ; pour ce que moult vault de rente. Sachiez que le sel rent, chascun an, en somme .iiij. (quatre) vingt tommansd*or; et chascun tommank vault .Ixx.m. (soixante-dix mille) saies* d’or, si que les4 .iiij. (quatre) vingts tommans* montent, en somme : cinq mille et six cens pois d’or1; et chascun pois d’or vault plus d’un ilourin d’or. Si que c’est une grant somme de monnoie(i).

CLü. — *Les mss. A. et B. portent .iiij. mille toumaux; le ms. C. ne porte que mi (80) tommans (tor , au lieu de quatre mille. Les deux textes de la S. G. portent aussi quatre vingt tomain, et fomay. — l* Ms. A. tournait. — e Mss. A. et B. Ix; ms. C. porte : sages votez pois. — d Ms. A. H. — c Mss. A. B. : quatre mille toumaux d’or. — 1 Mss. A. B. Le ms. C. porte : V.“. (cinq mille) milliers et VI.* (six cens) milliers de poiz d’or. La somme

de 5,6oo poids d’or des mss. A. et B. exige cédentes, qui est une erreur de copiste.

blés, Attribuées par eux aux tracasseries des mandarins qui cherchaient à reconnaître leur identité pour les persécuter, tandis que c'était, au contraire, des mesures de sriretc prises par ces mandarins en faveur des voyageurs.

GLU. — (1) Nous avons déjà fait connaître précédemment (p. 464) les produits considérables que le fisc mongol tirait de la vente du sel de la province des deux Hoai, dépendant du gouvernement du Hd-ndn. Le produit du sel des • deux Tchè • , dans le « gouvernement de Kidng-tche », est encore plus considérable. On lit dans l'Histoire officielle de la dynastie mongole (Yuen-sse, k. 04, fol. 14 v*) :

« Skl produit dans les deux ■ Tctlfc -.

14* année fc/ii-yoimn(I277), on établit une» Direction de transports » qui, dans cette même année, prépara et mit en circulation la quantité de 02,148 y in de rr/(22,l 15,520 kil.); chaque yin de 400 kin (ou 240 kilogrammes) était divisé en deux sacs, et chaque sac équivalait (pour son prix) à 18 » hoeï-tseu limité - des Soung (papier-monnaie de la valeur de 3 fr. 50 c. environ), et en tc/uio (ou papier-monnaie de création mongole, des années tchoung-totuig, c’est-à-dire 1260- 1264) de la valeur de neuf onces d'argent, ou 63 fr. (en ne portant l’oucc d’argent qu’a 7 fr., ce qui équivaut aux 18 hoeï-tse, papier-monnaie des Soung). En 1281, l'augmentation porta le produit des salines à 2I8,5(J2 yin (52,444,880 kil.). En 1282, chaque yin, relativement à son

80, au lieu de 4,000, dans les phrases préancien prix, eut sa valeur augmentée de 4 enfilades de tcliào ou papier-monnaie (28 à 30 fr.). En 1281, on établit un prix invariable cl uniforme, en le diminuant pour calmer la population (1 p'ing min). En 1286, la fabrication annuelle fut portée à 450,000 yin (ou 108,000,000 kilogrammes). En 1280, il y eut une diminution de 1 00,000 j in (24,000 kilog.), etc. *»

On voit, par l’extrait qui précède, comprenant le règne de Khoubilaï, quel énorme produit devaient donner en effet l'exploitation des salines, et la vente du sel par l’État, du gouvernement de Kidng-tche , dont U dn g-tcheou-fou, c’est-à-dire « Quinsay » était le chef-lieu. Car, en évaluant la vente annuelle du sel, dans ce gouvernement, à une moyenne de 400,000 yin (de 240 kilogrammes chacun), et au prix de 63 fr. le demi yin ou sac , on obtient un produit annuel de 50,400,000 fr. ; ce qui dépassait d'environ deux millions de francs le produit des salines marines du gouvernement des deux Hoai, dont il a été question précédemment (p. 463, note 4).

Voici maintenant le produit de ces memes salines, tel que nous le donne Marc Pol.

Ce produit, selon lui, s'élevait, chaque aimée, à quatre-vingts tommans (T or. Le tomman est un mot turc-mongol, aiusi que nous l'avons fait remarquer (p. 193» n. 104), passé dans les langues arabe et persane, sous cette forme tômdn, et signifiant, dans cette langue, lu somme

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