CHAPITRE CL1V
Cy dis t du royaume de Fuguy.
Quant l’en se part de Ciuguy qui est la derreniere cité du royaume de Quinsay, adonc entre l’en ou royaume de Euguv (i) ; et chevau-
j Le ms. C. porte : « et est dessus ung mont qui part (partage) l'une moitié du flum en sus et l’autre en jus. • Le teste de la S. G. dit : • et est sus un mont que parle le Uum, que le une moitié ala en sus et l’autre moitié en jus. - Ces deux rédactions sont aussi claires l'une que l'autre. — k Le ms. C. ajoute : ■ par Seloc (sud-est) toutcsfoiz trouvant villes et chasteaulx assez. • — 1 Mss. A. B. Ciuguy. — • m Ms. A. Fiuguy .
CM IL — ' Elle est située. — 1 Partage. — 3 Du gouvernement. — * De ce coté.
(5) mm , Tcli'on-tchéou , chef-lieu du
département de ce nom de la province de Tchèkiàug (lat. 28° 25' 36"; long. 117° 36' 24"). Sous les Mongols, c’était le « Circuit » de ce nom, dépendant du gouvernement de Kiâttgnfie. Il fut érigé en 1276, avec une administration générale. La ville a neuf li de circonférence (environ uue lieue), et six portes. Son mur d'enceinte fut reconstruit eu 1280 (Ta t/uing i
icfiotwg tchi, k. 186, fol. 4 v“). Son « Circuit »• comprenait une population de 132,754 portes ou feux, et 403,692 bouches ( Yum-sse , k. 62, fol. 8 v®).
CL1V. - (1) , Fou-tvlieou. C’est
le nom du chef-lieu actuel de la province de Fo-kien. Cette province était très-anciennement, mille ans avant notre ère, la contrée des Sept Min (• Sept Serpents » de ce nom). Cinq
che l’en .vi. (six) journées*, par beaux chasteaulx et par belles villes où il a de vivres grant planté et venoissous, et cbassoisons assez. Et ont moult de lions qui sont moult grans et moult fors. Et si ont gingembre et gaingal b, tant que c’est oultre mesure. Car, pour un gros venicien d’argent, auroit l’en bien .iiij. (quatre) livre de gingembre bon et fort. Et si ont une maniéré de fruit qui samble saffran, (pii bien vault autant en viandes ' comme saflran. Et sachiez que ilz manguent de toutes chars, et char d'hommes moult voulentiers, puis que il n’est mort de sa mort. Si que ilz vont querant cculx qui sont occis, et manguent la cliar et la tiennent à moult bonne.
Et ont ceulx qui vont en ost une telle manière comme je vous diray. Ilz font rere1 leurs cheveulx 3 ou front et y font poindre ‘I d’azur aussi comme un fer de glaive. Et si sont tuit à pié, fors que le clievetaine. Hz portent lances et sont les plus cruelzgens du monde.
CL1V. — «Le ms. C. ajoute : - Par Selon (sud-est), par montaignes et par vallées, là où Ken trouve villes et chasteaulx assez. • — b Id. Grtrùtgnl (le Galanga).
CLIV. — * Aliment, — * Raser. — 3 Cheveux; (les mss. portent chevaulx). — 4 Peindre,
cents ans plus tard, elle appartenait à l'Etat de Youé [Tché-kiâng). La dynastie des Thsin (255- 203 av. J.-C.) en fit une des trente-six principautés de l’Empire. Les Han, qui lui succédèrent, en firent le royaume de Min-youë. Après beaucoup de vicissitudes que nous crayons inutile de rapporter ici, les Soung, eu 978, en firent le «. Circuit sud-ouest >* des deux Tchtf mais en 985, sept ans après, ce nom fut changé en celui de Fon-kien-foit , « Circuit de la prospérité établie ». Sous les Mongols, en 1278, on en lit un » gouvernement avec une administration spéciale »; niais, en 1285, ce gouvernement cl son administration furent supprimés, et cette province déjtcudit alors du gouvernement de Kidag-tehé.
a Le naturel de la population de cette province, disent les auteurs de la Géographie impériale (k. 261, fol. 4 v°), est nonchalant; ses habitudes
soûl portées à l'économie et à la frugalité. Quand ils ont des contestations, ils se plaisent à les vider par des procès. Quand ils sont malades, ils aiment à consulter les devins. I.es mœurs y sont très- relâchées. Le bas peuple est prudent dans ses actions; il craint la loi. * [Ta thting i thoung tchi, k. 26 1, fol. 4.) Voir aussi notre Description de la Chine, t. Il, Partie moderne, p. 1 IG et suivantes.
Parmi les nombreuses productions de cette province montagneuse, sont l'or, l'argent, le fer, le thé (que l'on nomme en Europe bohen , et qui croit sur la montagne célébré que l'on appelle ft'ou-i , selon la prononciation du pays : Ilou-i, dans le département de Kien-ning, ou Kieit-Ung, dont il va être question), etc.; la Géographie impériale (k. fol. 21 v°) cite le gin» grml/re [kidng), dont parle Marc Pol, et beaucoup d'espèces de fruits.