‹ Le livre de Marco PoloChapitre 183 sur 357 · CLXIV. — » Gouvernail · texte numérisé non relu

CLXIV. — » Gouvernail

(2) Royaume de tribus malaies, sur le côté occidental de la même péninsule. Dans l'année 1 252 de notre en*, Sri Iskandrr Chah, qui régnait dans ce pays, se trouvant attaqué par les troupes de Madjnpahit, roi de Java, se réfugia dans la partie nord, et, ensuite, dans la partie occidentale de la péninsule, où il fonda une nouvelle ville à laquelle il donna le nom de Malarra. C’est là le pays en question.

CLW. — - (1) Celle île de «Java la mineure •• est celle qui porte aujourd'hui le nom de Soumatra, nom d'origine indienne (sonmdtrd, - excellente matière ou substance - } qui lui fut donné, sans doute à l’époque où la religion bouddhique s'v introduisit. Kilo s'étend obliquement nordouest et sud-ouest entre 5° 53' de latitude X., et 5° 56' de latitude S.; et en longitude de 90° 55' à 103° 4ft\ Elle est séparée de l’ile de Java par le détroit de la Soude.

On lit dans la Géographie historique de Siu (k. 2, fol. 27) : « Au midi de Si-li, et à l’ouest de Tt il y a une grande ile qui s'étend du

midi à l'ouest, et que l’on immmr

(Soumatra). Elle a de longueur plus de deux mille fi.

« Dans le milieu de cette île, il y a une haute montagne qui sc prolonge dans sa longueur comme une cbaine ; elle se nomme ÏVên-kvu-lèou (ou Dcn-kou~lou), Dans la partie orientale de Pile, le sol est déprimé; les vagues de la mer l'avancent très-loin dans l'intérieur. Des forêts nombreuses, entremêlées dejounglcs, couvrent une grande partie de sa surface. Les routes y sont d’un accès difficile. Dans sa direction occidentale, Pile offre une surface unie ; il y a un grand fleuve qui lui forme comme une brillante ceinture.

« Les produits de la plaine sont : diverses céréales des terrains sablotiucux, le Hz, une fine espèce de roseaux des sables ; le poivre commun (Ao« O/üu), la noix d'arec (pin long ) et de nombreuses plantes odoriférantes. Les produits des montagnes sont : l’or, le cuiv re, le fer et le soufre. Les fleuves produisent du sable d’or ; U mer, une plante odorante médicinale ( toûng sien ht fin g), Eli fait de lié le* sauvages, il y a beau-

n’esl mie si petite qu’elle n’ait de tour deux milles [milles1]. Et si

vous conteray de ceste isle l'affaire.

e Nos trois mss. ne portent que ,ij. milles. Le texte français de la S. G. a dais milles miles ; l'aucien ms. italien de la Crusea, et Ramusio : due mita miglla.

coup de chevaux marins [choit t ma), d’orangoutaugs ou chimpanzés [fi fi), de tigres {/«>«) et d’ours (hiotUtg) ; en fait d’arbres, il y en a en très-grand nombre; partout on trouve de véritables forêts.

• Les États les plus considérables de l’îlc sont : le grand A-lchi situé sur les limites nord-ouest de cette île ; les hommes de l’Océan occidental (les Européens) l'appellent A-tchin. Du temps des Thâng et des Soung, il envoyait des tributs à la cour ; et le royaume du milieu lui dounait l’investiture. Le roi du royaume de Sou-men-Pa-là est par conséquent celui de cct Etat.

« A l'est du grand A-tchi est un pays que l’on nomme Si-li ; plus loin, également à l’est, est celui que l’on nomme Uéou-li; ces deux derniers sont limitrophes le long de la nier. A l’ouest du - grand A-tchi », est la pleine mer ; en la contournant on arrive au midi de l'ile, et on a en face de soi le « petit A-tchi »; à la suite du « |>etit A-tchi », à l’est, est l'État que l’on nomme Sous ou; encore à l'est vient celui qu’on nomme Pa-tnng ( Ba-iang ); allant toujours à l’est, on trouve Màng-kou-lou. On le nomme aussi It'én-kou-léou; d’autres lui donnent le nom de Nân-pë-li, ou Po-li du midi. A l’est de Màng-kou-lou , est la pleine mer. En la contournant dans la direction du nord ou mitre dans le détroit (de la «Sonde -) ; les deux rives de ce détroit (à l’est et nord de l’ile) se nomment Kicou-kiàng, « l’ancien juissagc des navires »; c'est le pays que l'on nommait primitiverneul Sàtt-fo dut',» la réunion des trois/o (ou Bouddha) ». Le roi de cct État habile l’est du détroit.

« Quand ou part de celte extrémité orientale de l'ile, et que l'on sort du détroit en se dirigeant au nord-ouest, un arme en face des côtes nord de la grande île, et on trouve de petites îles détachées au milieu de la mer. 1-a première que l’on rencontre se nomme Kang-kia ( « l’ile en forme de bouclier ») J en allant encore au nordouest, on trouve une autre petite île, que l’on nomme Loùng-ya (-dent de dragon **). A l'ouest de cette dernière, est le - nouveau Jèou-fd » (en

malais Djou*hor , royaume et ville situés

sur la pointe méridionale de la presqu'île de Malacca) : la petite île en question est située en face ; on l'aperçoit du rivage de I.ieou-li , et de celui-ci on distingue aussi la petite île de Jèoufd. Toutes ces îles sont maintenant au pouvoir des étrangers : les Hô-tàn (les Hollandais) et les Yng-ki-li (les Anglais), qui se sont eniparés'des passages maritimes, en s’établissant chacun dans les lieux où se fait le commerce (poit (Mou). Dans ces dernières années (en 1823) les Yng-ki-li ont échangé un de ces ports de Soumatra contra Mala-kia (Malacca), et l’ile est reutrée tout entière en la possession des Hu-fàn. Ses grands ports maritimes sont Pa-iltang (Padangj, situé sur la limite méridionale ; Pa-lin-pang (Palinbang), situé sur la limite nord-est... Au sud-ouest de Patang est la petite ile que l'on nomme Ni-sse ; et au milieu de la mer, au nord-ouest du « grand A-tchi », est une ile isolée que l’on nomme Nt-koupa-li (Nicobar), là où habitent des barbares sauvages ; leur nourriture ne consiste qu’eu fruits sauvages et en ]ioissous ; ils ne mangeut point de grains (ou de produits des céréales). »

Cette description remarquable de l’écrivain chinois, tirée d’une géographie universelle publiée à Fou-lchèou en 1848, représente l’état moderne de Soumatra; l’extrait suivant décrit l’état ancien qui comprend l'époque dont il est question dans Marc Pol.

On lit dans l'ouvrage de U Ping-chou, sur tous les États du monde (lieu cité, fol. 23) : #• Son- mm-:1 a- t'a appartenait anciennement aux Tà-chi (Arabes). Dans les commencements de la dyuastie des Soung (vers 900 de notre ère), ce pays ainsi que Tchen-lchiag (la Cochinchinc) avaient envoyé des tributs aux Thàng méridionaux ; mais les envoyés (trouvant celte petite dynastie conquise par les Souug) arrivèrent à la cour de* Soung. En 993, un capitaine de vaisseau (de ce pays), nommé Phou-hi-mi, vint offrir des productions du pays. Ensuite, il revint à la cour avec un envoyé du royaume de Pin-thoûng-

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