CHAPITRE CLXV
Sachiez que sus cesle isle a .viij. royaumes et .viij.roys couronnés. Hz sont luit ■* ydolastres ; et si a, chascun royaume, son langaigc par soy (2). Il y a en ceste isle * grant quantité d’espiceries ' (3).
J Ms. C. tous. — c Ms A. cite. — f Ms. B. es pi ce s.
lonng (Bencouleu?). Depuis lors ce pays n'a cessé d'apporter sou tribut.
« L’ile s'est partagée successivement eu plusieurs gouvernements : J^ou-sse-ii ( qui est peut-être AV- ri), Pi-pa-lo, Pa-pu-pou (peut-être fia-thang), Pang-kou-rh (peut-être Uan-kvu-luu) et autres royaumes. Pendant les années houng-wou ( 1 308- 1383) Sou-meu-P a4a apporta un tribut (à la cour des Ming). I.a troisième année young4o (1406), le chef de ccs Kluts, Aou-li-pi-iing , envoya un de ces fonctionnaires, nommé I-klii/ig, apporter un tribut à la cour. A cette oecasiou, ce chef fut investi (par l'empereur ft'en-ti) du titre de • roi » de Sou-men-t'a-la. Eu 1431, ce même chef demaud.i que l'empereur investit aussi son fils du titre de « roi -.
« Dans le commencement l'eunuque du palais nommé Tcitiag-ho fut honoré du titre d'envoyé prés de l’État de Sou-men-Pa4a. Un faux roi (un usurpateur) avait alors, à Sott-mcn-Pa-fa , conçu le projet de s'emparer du trône. L’envoyé eu fut trcs-mécouteut; le ministre (de l'usurpateur) ne put le séduire par aucun présent. L’envoyé se mil aussitôt à la recherche des moyens de détrôner l'usurpateur, il en vint à bout en mettant son armée en déroute. Il repoussa jusque dam le royaume de Nan-po-li (ou Po-li méridional, Dang-kou-lou) l'usurpateur, auquel il renvoya ensuite sa femme et scs enfants qu'il avait faits prisonniers. -
La grande Géographie impériale . que nous avons si souvent citée, donne aussi (Ta lUsing i t/ioung ichi ; Section des Pays étrangers) une notice sur Soumnlra. « Sou-men-Pa-ia, dit-elle, est située au sud-ouest de Tc/ien-tchi/ig (la Cochinchine). Il en est qui disent que c’est le pays de Tiao-tchi (Tadjîks) des Han. Sous le règne de la dynastie des Thâug (1>18-1W>G de notre ère), cette île appartenait aux deux royaumes des Po-sse (les Persans) et des Tà-c/ii (les Arabes) ; c’était le rendez-vous des navigateurs de la mer d’Occident. La 2* année young-lo des Ming (en 1404) un de ses chefs, Aou-li -ha-pi-h n g , envoya un
ambassadeur apporter un tribut. Unédit l'investit du titre de ■ roi lie Si>u-mcn-Pa4a ». Cette faveur fit que, jusqu'à la fin du règne de Tching-tsou (en 1426), ce roi ne cessa d’envoyer sou tribut à la cour. Pendant les années wen hi (1673-1016) ce royaume se partagea en deux, dont le nouveau se nomma A-tekï (une note assez étendue dit que le chef de ce nouveau royaume avait été originairement un esclave). Par la suite on n’en entendit plus parler. -
Nous avons traduit ces passages de la « Géographie générale historique» du lieutenant gouverneur du Fo-kieti, Siup pour montrer que l'ilc de Soumatra est fort bien connue des écrivains chinois, comme la plujtart des contrées de l’Asie, et que la géographie aussi bien que l'histoire ne | marraient que gaguer beaucoup à ce que ces écrivains fussent plus souvent consultés.
C'est dans la partie orientale de Soumatra où était anciennement le royaume de San- fo- thaï t ou des « Trois bouddha » qui se nommait aussi Khan- Po-li, et qui était situé entre Tchin-fà (Cawboge) et Tchào-wâ (Java). Scs rois portaient le surnom de Tchcn-pi. Sous la petite dynastie des Lion g, l'année 602 de notre ère, ce pays envoya un tribut à la cour. Les relations furent ensuite rompues; mais sous les Thâng, en 904, il commença à le* renouer avec le royaume du milieu; elles continuèrent comme on l’a vu ci-dessus sous la dyuaslie des Soung et sous celle des Ming ; il n'y en eut pas sous les. Mongols (ié., k. 28-29).
(2) De nos jours, après de grands et nombreux changements survenus dans celle ile, il s’y trouve encore plusieurs Etals indépendants l'un de l’autre. Deux langues y sont dominantes : le Malays, et le Butta ou Kavi ; cette dernière ne diffère pas beaucoup du malays. mais elle est écrite avec des caractères dérivés de l'alphabet sanskrit, et de gauche à droite, tandis que le malais s’écrit de droite à gauche, comme les caractères arabes dont il se sert , depuis l'époque ou le mahométisme fut introduit dans l’ilc.
On distingue encore aujourd’hui, indépendant-
Et si vous conteray la maniéré de la plus grant partie de ces huit royaumes. Mais je vousdiray avant une chose. Et sachiez que reste isle est si vers midi que l’estoille treinontainne 1 n’y apert * (4).
Or nous retournerons à notre matière et vous conterons tout avant du royaume de Ferlée ' (5).
Sachiez, (pie en ce royaume hantent si souvent li Sarrasin qu'ilz
* Ms. C. Le ms. À. Fuite.