CHAPITRE CXII
vince qui a nom Acbalec1 Man/.i (i), qui est toute plaine'-. Il y a citez et chasteaux assez ; et sont au grant Kaan Les genz sont idolastres' et vivent de marchandises et d’ars. Kl si vous di que en ceste province croist si grant quantité de gingembre que il s'es-
b Mm. A. B. Achalet. — c Getle dernière phrase manque dans le ms. B. — Les mu. A. el C. portent à portent , ainsi que le texte fr. de la S. G, Ce doit être une leçou fautive. — « Mas. A. C. ydres.
plus de 420 A' de longueur, et finissant, au sud, au fort Ai ming kottan , bâti en partie sur des piliers, entre lesquels l'eau coule avec une extrême rapidité, et datant du troisième siècle de notre ère (voir notre Description de la Chine , partie ancienne, p. 234, et la planche 48 qui représente une section de ce travail prodigieux).
CXII. — (1) Ce mot hybride n’est pas d’une explication facile. Marsden avait déjà reconnu (N. 783) que la première partie était composée de haitgh n ville* ; et de ak signifiant ™ blanc » dans le dialecte du Turkistan. Klaproth ( Nouv . Journal asiat., 1828, 1. 1, p. 106), dit : « Notre voyageur, après avoir traversé , pendant vingt journées, la province de Cunchin (dans nos tnss. C une un), entre dans une plaine longue de deux journées, où il trouva la ville d ' Acbalak Mangi ; il traduit ce nom (dans Kamusio) par ville blanche de la frontière de Mangi (ou de la Chine méridionale). En effet, enturk,
bàltk Man zi a la même signification. Je ne doute pas que c'est la ville de Pe ma tchhing ou du Cheval blanc , place actuellement détruite, qui était située à peu de distance de J lian hian dans le département de Han tchoung Jou , Elle était peu éloignée des bords du Mien choitî , nommé aussi Pe yan choui ou rivière à rives blanches. I.a vaste plaine dans laquelle est situé Mi a u /tien, est la même dont Marco Polo parle ; elle commence à l'est, au relai de Hottang cita jy , et s'étend jusqu'à celui de Thsing yang jy , oit l’on rentre dans les montagnes. *
Nous ne partageons pas l’opinion de Klaprolli, fondée seulement sur une simple apparence. Nous pensons plutôt que la grande plaine, dont il est ici question dans Marc Pol , est celle qui
s'étendait à l'ouest de l'ancienne ville de | -| Pi koting tching, « la ville du prince
blanc » , laquelle était située à l’ouest de la ville cantonale actuelle de Yang, au nord du Han kiang , qui passe dans la ville de Han-tchaung. Selon une autorité citée dans la grande Géographie impériale (k. 145, fol. 8), anciennement (264 avant notre ère) le général Pè-ki (r qui se tient tout blanc » ; il était général du petit royaume de Thsin ) s'empara du territoire nu milieu duquel coule la rivière Han, y construisit une ville avec des fortifications en terre pour en faire un lieu propre à tenir en respect les Màn ou « Barbares », dans leurs excursions. C’est là probablement l'origine de cette ancienne ville, située sur le bord de la rivière Han , et qui n’existe plus aujourd’hui : « la ville du prince blanc » j et c’est en même temps la raison pourquoi on 1a nommait Akba/ec Man zi, « la Cille blanche de la frontière des Màn~tse, ou « Barbares ». Car tel est le
sens du mot îwï mdn, et de il
fils de Mdn ou de * Barbares » (d’où le mot Manzi) donné anciennement aux habitants de la partie méridionale de la Chine, par les habitants plus civilisés des provinces septentrionales ; épithète qui est encore appliquée aujourd'hui même, en signe de mépris, aux Chinois du midi par les Cliiuois du nord.
C’est donc bien évidemment ici le lieu désigné par Marc Pol, sous le nom d ' Akbalek Manzi. Il ajoute, dans notre texte, que la maislre cité est appelée Acmalec (en sous-entendant ville) ; cette particularité s'explique parfaitement, car alors le nom de la ville en question signifie la « ville du prince blanc » ( malek étant un mot arabe et syriaque signiGant roi, prince) comme le nom chinois fl koting. Ces faits UOUS sem-
blent avoir la valeur d’uuc démonstration parfaitement évidente et plus naturelle que celle du cheval blanc de Klaproth.
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pant ' par toute la province du Catay . Et en vivent les hommes de ceste province ; grant prolit 1 et grans biens viennent de lui. Il ont froumenl et ris et autres blés à grant planté et à bon marchie ; et moult est planteureuse terre de touz biens. La maistre cité est appellée Acmalec \ Ceste plaine dure deux journées, si belles comme je vous ai dit, avec tant 1 villes et chasteaus. Et au cliief de ces deux journées adouc si treuve l’en grans inons et grans vaus 1 et de grans bois assez; et chevauche l’en parmi celle voie bien vingt journées par ponent 1 trouvant villes et chasteaus assez. Les genz sont idolastres ' et vivent du proufit de la terre, et des beslaus et des sauvagines et des venoisons dont il y a moult. Et y a moult grant quantité de telles bestes qui font le musgueliat
Or nous partirons de ci, et vous conterons des autres, bien et ordeneement, si comme vous pourrez oïr.