‹ Le livre de Marco PoloChapitre 217 sur 357 · CLXX. — 1 Aussitôt · texte numérisé non relu

CLXX. — 1 Aussitôt

«« codcmque el cuin Apostolis quadragiuta diebus « fl mm Angelis, et in Pâtre, et in extremis ma* « ris liuilius erat ; in omnibus locis versahatur : « eu m T huma in India, cura Petro Ruina?, cum « Paulo in Illiriro, mm Tito in Creta, cum An* « drea in Achaia, cum siugulis Apostolis et apos- « toiieis viris, iu singulis cuuctisque regioui- » bus. •

On lit dam les Mémoires géographiques et historiques , tirés des « lettres édifiantes », etc. (I. 1, p. 13) : - En allant de Pontichcry vers le nord, et suivant la côte, ou trouve la ville de Saiut-Tliomé , on fappelle aussi Méliapour, ou pour parler avec les Indiens , Maitapouram ; c’est-à-dire la» ville des paons » ( Mai/a est dérivé du -sanskrit mayoûra, qui 5ignifie/>«o//,et pouram, de pour i, « ville ») , parce que les princes qui régnaient autrefois daus celte contrée avaient un paon pour armes, el le faisaient peindre sur leurs étendards... Saint-Thonié était, il n’y a pas quarante ans (en 176?), une des plus Irellt-s villes et des mieux fortifiées qui fussent aux Indes ; elle appartenait aux Portugais ; niais, comme ils se voyaient peu à peu dépouillés par les Hollandais de leurs principaux États, ils prirent le parti d'abandonner cette place au roi de Coleondc. M. de la Haie, envoyé aux ludes

avec une flotte de dix vaisseaux de guerre (en 1672), eut des raisons pour l'attaquer ; il fit sa descente, et l'emporta eu peu d’heures, au grand élouncment des Mores et des ludieus. 11 la conserva pendant deux ans, et les Français eu seraient encore aujourd’hui les maîtres s’il lui fût venu du secours d’Europe. »

(2) Ce mol, qui u’a pas encore été expliqué

jusqu'ici, est l'arabe Hawari ou 'awari,

qui signifie : apôtre , ou, comme l’explique Marc Pol : saint homme. 1. 'orthographe de ce mol, dans notre rédaction, est d'une exactitude remarquable.

(3) Le texte italien de Hamusio porte : - un grau principe ». L’ancienne version italienne de la Crusca porte, comme dans notre rédaction : « un lia roue ». C’était sans doute un » ràdja » hindou qui, eu 1288, gouvernait le pays dans lequel se trouvait la ville de Mailapouram, ou la « ville des jwons ». Si l'anecdote racontée par Marc Pol n’est pas vraie dans tous ses détails, le fond en doit être historique ; la date précise et coutemjKM'aine qui lui est donnée ne permet guère de le mettre eu doute. Seulement l'imagination crédule des gens du pays, ou celle du - baron » hindou, l'aura transformée eu miracle.

Le Frère Oderic du Frioul ( i’Hystoire mer -

ris, et en avoit empli toute les maisons de l’eglise, qui sont entour.

Et les crestiens qui gardent l’eglise , si orent moult grant douleur

veilleuse du grand Chaude Tartane, feuillet 58, édit, de 1529, gothique), décrit ain&i l’état où se trouvait l'église de son temps (vers 1330) :

« l)e reste cité de Plunihum a dix journées iusques à une cité qu’on appelle Mouthnr (Maahar). Le royaulme est moult grand, et y a des cités grandes et terres. En ce roynulme est le corps sainct monsieur Saine t Thomas l’aposlre. Mais l'église monsieur Sainct Thomas est toute plaine d’ydolles sans nombre. En erste eglise est une ydolle faicte d'or et de pierres précieuses moult richement. Et est bien aussi grande, ou plus, comme Sainct-Christofle en ce pays. Si a en son col une saine turc d’or et de pierres précieuses moult richement ouvrée, et siet en ung talxTuaele de fin or.

« Cest ydolle et tout ce que à lu v appartient sont de si grant pris que nul ne srauroit estimer la valeur de l’or et des pierres précieuses et de l'ouvraige qui y sont. Ceste ydolle firent faire les faulx chreslieus du pays regnyés {hérétiques) ; et tous les mcscréaus d’icelle contrée l’aourent par dessus toutes aultres y dolles et y viennent en pclerinaiges de loingtains pays, comme nous chrestien* faisons à Sainct Jacques en Galice, ou à Sainct Pierre ou à Sainrt Pol à Rommc.

» l.a maniéré de «este ydolle adorer est : chascun d’eiilv fout diverses afflictions corporelles à sa guise. Les aucuns hurlent leur teste et la tiennent grant piece, et se reputent non dignes de regarder le ciel en la présence de eduy ydolle. Aultres se navrent ( blessent ) de couslaulx et d’espees en leurs mains et en plusieurs aultres membres de leurs corps. Plusieurs aultres qui, sans comparaison, cuideiit estre plus dévots, sacrifient leurs fllz et leurs filles à ceste ydolle comme à leur propre dieu souverain. Et quant ilz ont ainsi leurs enfaus meurtris devant celle ydolle, il i l'esparsenl du sang comme les chrestiens font de l'eau lienile.

• Ceulx de In ville qui sont assez près de ce temple manans ( demeurants ) se ilz veullent faire leur pèlerinage, tautoM qu’ilz y wnt hors de leurs maisons, ils se mcllciil àgottouk emmy les rues; et puis le corps tout cslcudii à terre, de ce lieu en avant jusque* à rcluy ydolle, ilz prennent leur

venue, c’c.vt-à-dirc, ilz se mettent à terre ru la manière que dit est, à chascun trois pas qu'ilz vont. Et quant ilz sont a l'ydolle venus, ilz ont du feu et de l'encens : si l’encensent à grant dévotion. Kl quant ces ydolatres sont à l’ydolle venus, ilz tiennent ung lieu certain là où ilz mettent leurs offrandes. L’ung met de l'or, l’autre de l’argent, l'autre des pierres précieuses, chascun selon sa dévotion ; et garde on ces offrandes pour celle ydolle garder et faire tenir en estât. Et quant aucune chose fault ( manque ) à icelle ydolle eu son tabernacle, ilz prennent de ces offrandes tout ce qu’il leur fault, car le trésor y est moult grant.

• Ceste ydolle a une Teste en l’an , et est le iour universel de la fondation. A ce iour font moult Teste. Ilz prennent celle ydolle et la mettent dessus un chair (char) richement aonic d'or et de pierres précieuses, et le pourmaiucut par le pais. Devant le chair vont les puctlles vierges deux à deux ; et apres les |velcrins qui de loing* tains pays sont venus. Après vont eeulx qui soûl malladcs de quelconques maladies. Après vient une grande multitude de menest riers ; et puis plusieurs de ces ydolaslres par grand dévotiou se mettent prostraiclr {prosternés) parmy lavoye là où l'ydolle doit passer, affm que le chair passe sur eulx ; et ainsi perdent roeschammeut leur vie, leurs âmes et leurs corps. Oncques ne se fait cette meachantc feste qu'il n’y meure plus de deux rens personnes. Et quant ilz sont mors les gens prennent leurs corps à grant révérence et dienl qu'ilz sont saincts, car ilz se sont paisiblement laissé mourir pour l’amour de dieu.

« Encore* font icenlx ydolatres une chose moult horrible. Quant aucun veult mourir pour sou dieu, et point ne veult attendre la feste sttfdicte, il assemble ses amys, et leur dit son entente. Adonc font, les amys, venir des héraulx qui en facent courre la nouvelle, et donc meiuent ce inescbant iusques à celle ydolle ; et en allant les héraulx vont poignant ce mendiant, de cinq cousteauh tresaguz, iusqurs à tant qu’il vient à l'ydollc ; et, en allant, les amys à ces héraulx vont poignant le chétif. Et quant là sont veziiiz, il preut ung de ses cousteaulx et en coppe une piece de

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