‹ Le livre de Marco PoloChapitre 223 sur 357 · CLXXII. — « Occident · texte numérisé non relu

CLXXII. — « Occident

(5) Cela |Kiu\ait être vrai du temps de Marc Toi ; mais depuis la découverte du nouveau monde, à laquelle sou livre u’a pas peu contribué, ou a trouvé au Brésil et ailleurs des mines de diaiuauts qui ont fait oublier celles de Golconde.

(6) La version italienne de la Crusca (p. 178) porte ici : • Il miglior huche rame e piu sottile; *» le texte de Raruusio : « i mig/iori e più sottili boccassini. « On voit clairement que la première rédaction est une traduction en quelque sorte littérale du français ; le mot buchcrame n 'étant que notre mot boiiijucran, bougucran otl hougran. Masulipatam était alors très-renommée , cl l’est encore de nos jours, pour la fabrication de cette étoffe qu’on y fait légère comme de la gaze.

CLXXII. — (I) Le nom de Lar et sa position n’ont été reconnus par aucun des commentateurs de Marc Pol. Ce voyageur si exact nous dit que c’est une prov ince située au •* couchant »

de celle dont il vient d’être question, et qu’elle n’est pas éloignée de Saint Thomas, ou Maïlap«ur. Ce doit être alors celle qu’Albirouny nomme : - le pays des Ldràn » : ! drdh

là ràn, ou de Ldr ( Fragment* arabe i et persans relatifs à C Inde , par M. Ilciuaud, p. 91), dans lequel on entre, eu quittant celui de Tanali, et où l’on trouve la ville de Djeimoùr,

ou plutôt Çaimoùr, comme l'écrit Ibn-

Ilaukal (Script. Arab. De Relus Indien loci et vpuscula , par Gildnu-istcr, 1838, p. 27 du texte), où il est dit que l’cuipire du Italluira, le plus puisliât souverain de l’Inde, s'éte ndait de Katnbâyr jusqu’à celle même v ille de Çaimoûr, ou plutôt jusqu’à son territoire. Cette ville de Çaimoûr, de la province de Làr. répond parfailetueut à ce que rapporte Marc Pol, des Abramains.

- Çaimoùr, dit hasvini (Gildnuisler, loco tau- - data, p. 208), urbs ludira S india- viciua, cujus

apres en ceste province h] ; et tou* les Abraniains du monde sont ne* de ci'. Et sachiez que ces Abrainains (a) sont des meilleurs

*» Ms. C. Les mss. A. et B. n’ont pas celte phrase complémentaire essentielle. — « Ms. B. (Ticy. Ms. C. d'illec.

- incolæ perfecta pulchriludine gaudeut, ul qui « al» India et Turcis desccmlunt. Sunt Muslimi,

- Christ tant , Judan et Magi. Iluc exporlantur « mer ers Turraruin ; nomeii iode ducet agallo- » rhum Çaimiimisr. In ea est dotons Çaimune,

• quod templum est ia fasligiu rupis situai, sanc- « tissiroum apud eos et a-dituis niultis culturn. « Simulacra ihi sunt callaide et granato confeeta,

- qu« venerantur. In urbe templa inuhamme»

■ dira, ecclcsiæ, synagog.v sunt ; eliani teuiplum

• ignis rultnnim. Gentilc* ihi ani malin non mac- •• tant, ncqne canif in neque pi sers neque ova

■ edunt. Sunt lamen inter eos qui edant anima-

• lia a rupe dejecla aut arietaiulo occisa, non

• autrui sponte mortua.

• H;vc oiuuia narras il Musir ben Muhalhil, >aurlor libri Mirabilium rrgionum, qui peregri-

• nando terras peragravit earumque mira bilia

• ralamo mandavit. •

La ville de Çaimoùr est également citée par Bakouï. a C’est, dit-il, une ville du Sind ; il y a «un temple qu’on appelle Brit-Saimour , situé

• sur le sommet d’une montague ; dedans est une

• idole faite de pierres précieuses semblables au » rubis. Il y a aussi dans cette ville des mos-

• quées, des églises et des pyrées. Ces Indiens ne « mangent ni des auimaux terrestres ni des pois-

• sons. • ( Notices et Extraits Jet Manuscrits , t. II, p. 414, trad. Deguignc-S.)

M.inmdi, qui visita l’Inde et qui se trouvait à Saimour , ou Seïinour (écrit dans l’édition de MM. Pavet de CourteilJeet Barbier de Mrynard, t. I, p. 391, avec un sin pour initiale, au lieu d’un çad), l’an 910 de notre ère, dit que daus celte ville, rntnme a Souharah, à Tanah et autres villes du littoral, on pariait le làri ; ces provinces ayant emprunté leur nom à la mer l^ireu i. Nous croyons plutôt que c’est la mer, qui baigne la cote du Malaluir, qui avait emprunté son nom de Ldréwy ■ mer du lAr » (qu’elle portait à l’époque de Maroudi) à res mêmes provinces du Lâr; c’est dans l’usage et l’ordre naturel des dérivations de ce genre.

Dans un autre endroit de ses « Prairies d’or » (t. Il, p. 8ô, lieu cité), Maroudi s’exprime ainsi : ■ L’an 304 (de l’Hégire, 916 de J.-C), je me trouvais daus le district de Saïmour, dépendant de l’Inde, et faisant partie de la province de Imv; /JJ! (jpj I drd/t el Lâr , qui se trouve dans les Etats du Galbant. Le’ prince qui régnait alors s'appelait Djaudja. On y comptait environ dix mille musulmans, tant de ceux que l’on appelle beiaçireh, que de natifs de Siraf, de l'OmAn, de liasrah, de Bagdad et d’autres contrées, qui s’y étaient mariés et s’y étaient fixés définitivement. •

Après avoir raconté comment « il fut témoin du suicide volontaire d’un jeune Indien (récit reproduit en propres termes dans la - Chaîne des Chroniques -, voir ci-devant p. CIO u.), il dit : « Lorsqu'un roi vient à mourir dans l’Inde ou qu’il est tué, beaucoup de personnes se brûlent volontairement. On appelle ces victimes brian • djeriyeh , an singulier belandj,-r,JC<si\\o\e. qui dirait amis sincères du défunt (ce sont les /ce/s, ou » féaux », de Marc Pol), vivant de sa vie et mourant de sa mort. On raconte sur le fanatisme des Indiens nombre d’histoires étranges qui font horreur à entendre; le récit des tortures et des supplices qu’ils ont iraagiués fait réellement frissonner d’horreur. »

Le mot belandjer, dont il est question dans le passage ci-dessus de Maçoudi, nous parait dérivé des mots sanskrits bah , • oblation à des divinités inférieures »,et nruljali, « forme de salutation, les mains jointes. »

La - province de l.ar - de Marc Pol est donc bien placée par I» écrivains arabes, dans la coulrée où noire voyageur la place lui-même, c’est-à-dire : à l’occident de l'ancien royaume des Pàudiüiis, ou dcMoôoùpa, Madourc, dans la parlie du grand rovaume du BalliAra, qui rn était limitrophe. Ou ne peut pas, selon nous, l’assimiler, comme on l’a fait depuis d A avilir jusqu'à ce jour, avec la Asp ixrj - l^trikè », ou l^aricc, de Ptoléiuée, placée par lui au foud du golfe de Bapv-

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