CHAPITRE CLXXIV
latres b. Et si y a aucuns crestiens * ; si ont languagc par eus. Et si ont roy. Il ne font à nullui treuaige 11 y a moult de bresil que ** M$s. A. C. ydrts . — e Le ms. C. ajoute : et Juifs .
* Us ne payent tribut à personne .
les - Fastes universels de l'histoire chinoise «■ (Li tai ki ne nien p‘iao, k. 08, fol. 6) :
Année 1282. - Kiu-LAX. De tous les royaumes » étrangers situés au-delà des mers, Kiù-idn est « le plus éloigné de tous. De Thsiouan-trheou h (port du Fd-kien), pour arriver au territoire de « Aiü-làn , on est oblige de faire un trajet de « cent mille. /< (10,000 lieues environ). Le com- « mis&aire spécial, Yang Ting-pi, fut expédié à « trois reprises différentes dans ce pays, pour « rengager à la soumission. Celle année (1282 « de notre ère) Kitl-lân a envoyé un amtassa- « deur à la cour (mongole) pour présenter en tri- « but des marchandises précieuses (j>ào /té) et un « singe noir, *
Le voyageur arabe Ibn Batoutah, qui visita Coulem, vert 1345 de uotre ère (environ cinquante ans après Marc Pol). parle ainsi de cette ville (traduction de MM. Defrémery et Sanguinelti, t. IV, p. 09) : • Le dixième jour (après » son départ de Kalikut) nous arrivâmes à la « ville de Caoulem (Coilun) , qui est une des « plus belles du Malabar. Ses marchés sont ma- « gnifîques, et ses négociants sont connus sous
■ le nom de Soidy. Ils oui des richesses consi- - dérables : un d'entre eux achète un vaisseau « avec ses agrès, et le charge de marchandises « qu’il tire de sa propre demeure. Il y a dans « Caoulem plusieurs trafiquants musulmans dont » le chef est ’Ald-eddiu Alàuédjy , originaire d’A- •* veh, dans l’Iràk (penique). Lckàdhide Caou- « lera est un homme distingué, originaire de
■ Ka/ouïn... La mosquée principale y est adrni- « râble ; elle a été construite par le marchand « khodjah Mobaddkeb. Caoulem est la ville du
• Malabar la plus rapprochée de la Chine, et la « plupart des (trafiquants) Chinois s’y rendent. « Les musulmans y sont considérés et respectés.
* I.e sultan de Caoulem est un idolâtre (un
■ Hindou) appelé Atlyréwéry; il vénère les mu-
■ sulmans et rend des sentences sévères contre
• les voleurs et les malfaiteurs. »
Comme exemple de la sévérité de ce sultan, Ibn Batoutah raconte que se promenant un jour,
à cheval, hors de la ville, avec le mari de sa fille, qui était un fils de roi, ce dernier ayant ramassé une mangue qui était tombée hors d'un jardin, le sultan s’en étant aperçu, le fit à l'instant mettre à mort !
L'historien et le géographe arabe Aboulféda, contemporain de Marc Put (1273-1331) décrit ainsi Kiu-lan : n Ibn Saïd Kanlamam in ultimis « terra? piperifenc orientera versus frnibus esse « iudeque Adcntim navihus peti tradit. Mihi ali- « quis eorum, qui eo peregrinari soient, narra- « vil, cain in extrema Ma la baria ad sinum maris « iacere et Muslimos ibi plateam et templum ba- ■ hère; eam in planifie arenosa et multis liortis ■« ornata esse ; ibi arborent bresilli crescere, - qu® main punir® similis sit cum fol iis folia « zizipliam rnbram wquanlibus. - (Gildcmeister, Seriptorum Arabum de Rebus indien, P- 191.)
Coilun ou Collam fait aujourd’hui partiede la province dola péninsule, que l’on nomme Travancore, laquelle est l'une des plus riches et des plus fertiles contrées de l'Inde, et qui produit en abondance le poivre, le cardamome, laçasse, les noix de coco, le gingembre, l'ivoire, le bois de sandal, l'ébène, etc. Les forêts sont remplies de bois de teck et autres arbres précieux, et les éléphants y abondent. Les buffles et les tigres (que Marc Pol appellent lyons) y sont très-nombreux ainsi que les singes. Le tigre noir est originaire de celte province.
11 y a dans l'Inde une ère qui porte le nom de la ville de Kollnm, et qui commença, selon Wilson, l'an 825 de notre ère. Les indigènes de la côte du Malabar la fout commencer un an plus tôt, correspondant à 824 ; c’est l’crc plus connue sous le nom sanskrit de P ara sou- Rarr.a-Saka. M. Taylor, dans scs Oriental Manuseripts , etc. (vol. 1, p. 203) donnant la traduction d’un document tamil, établit que l'année 227 del'cre Gollam (Kollam) répond à l’année 12 IG de l'erc de Sàüvàhana, ou 7G4 de notre ère, ce qui reporterait à G0 ans plus haut, c’est-à-dire à un cycle entier, celle même ère de Kollam.
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l’eu appelle bresil coi/unj ■ 3 pour le pays où il naist ; el est moult fin. Et si y croist gingembre aussi bon, que l’en appelle coituny pour le pays. Et encore y croist poivre en grant habondauce par tout le pays; et vous dirai comment il croist. Sachiez que il sont arbres dameebiers et les plantent , et recueillent le poivre du mois de may et de juing et de juliet*. Et encore ont il inde 5 eu liabondance moult fin. Et le fout d’herbe' par force du soleil, qui est moult chaut. Car il a en ceste contrée si grant chaleur que à painnes y puet l’en durer. Car si vous metiez un oef dedens un flun 6 si seroit il inoult tost cuit pour la chaleur du soleil qui est moult chaut
Les marcheans du Manzi et du Levant et d’Arrabe ' y viennent atoutes leurs nefs* et leurs marcheandises ; et il fout moult gratis gaains. il a en cest régné inoult diverses bestes, et toutes celles du monde moult devisées8. Car leur lyons sont luit noir. Et si a papegaus » de inoult de manières ; car il y en a de blans comme
d Ms. B. jullet. — 0 Ms. C. Le ms. A. orbe. — f Ces deux phrases manquent dans le ms. C. — 8 Ms. B. Le ms. A. nés.
3 Du nom de la contrée. Le ms. A. écrit columi. — ■* Domestiques ; c’est-à-dire, qui ne se produisent que par la culture. I>c ms. A. porte : dumechens ; et le ms. C. demeches. — 5 Indigo. Le ms. C. indie. — 6 Fleuve. — " Arabie. — 8 Différentes des au très. — 9 Perroquets .
On a vu ci-dessus que les Chinois du temps de Marc Pol fréquentaient le port de Kitilàü ou Cailum, et que c’était pour eux l’htal le plus éloigné de leur pays ; c’est-à-dire le plus éloigné de ceux dont ils avaient connaissance. Ibn Batoulah {lieu cité, t. IV, p. 103) dit : «Je passai « quelque temps à Caoulem , dans l'ermitage du • cheikh Fakhr eddiu. Durant mon séjour à « Caoulem, le» envoyés du roi de la Chine , qui « nous avaient accompagnés et s'étaicuL ernbar- « qui1» dans une des jonquesdunt nous avons parlé, « entrèrent dans cette ville. Les marchands chi-
■ nuis (qui demeuraient à Caoulem) les habillc- - reut, et ils s'eu retournèrent dan» leur pays où
■ je les vis par la suite. »
Il ne peut exister, selon nous, aucun doute que le Coilum de Marc Pol ne soit le /Collant ou
Qtiilon de la côte du Malabar. On ne comprend dune pas pourquoi llugh Murray (Travds of Marco Polo, p. 309) reproche à Marsden d’avoir adopté celte opinion.
a Le comte Boni,aji>utc-t-il, a cependant clai- « remeut moutré (!) que la place de ce nom, dé-
• crite par Marco et d’autres Européens, est « située à Y est du grant promontoire, à 15 uiit- » les selon d'Anvillc et à (>0 selon Rennell. Coi- « lum étant ainsi fixé à cette place, et fixant
• aussi Cail au cap Cal) mère, ou dans son voi- - sillage, la distance 500 milles sud-ouest devient « parfaitement correcte, au lieu des erreurs cuor- « mes qui sont imputables à la première suppo- « sition. ~
Ce raisonnement n’a pas le moindre fondement et est absolument contraire aux faits.