CLXXXI. — ‘ Corsaire. — * Cruels
Férichtah. Le premier la Jécrit ainsi (Gildct n fis ter, loco landato, p. 185) : "*(’-anon cam ad inare in provincia Indica Batvâzidj si ta ni esse dicit. Ibn-Suid ha*r babel : Celebris est peregrinatoruni narralione ; pertiuet ad terrant Guzarnt, qiue cliam Lâr nominatur; sita est in lingua in mare promiueute ; ad eam appelli soient naves Adaue its4's, quia non ad simun jacet ; portuni habet, qui enntinuum accipit auginrntum e monte uiugno septentrionem versus et orientent sito. Mahmud l>en Salmklagin hanc urltem ex» pugnavil et idolum destruxit, ut in historia ntea narravi. •
Un autre géographe arabe, Bakoui (de Bakou), parle ainsi de Soumeuat : « Ville célèbre du Hind, sur le bord de la mer, qui de scs Ilots bat les murailles. Il y a un temple où l'on voit une idole qu'on appelle Soumenat ; elle se tient en l'air au milieu du temple. I.e sultan Yamin Etldoulet Mahmoud, lilsde Sebegleghin, ajant conquis ee pays, se rendit maître du temple, en arracha le toit où était une pierre d’aimant , et aussitôt la statue tomba. » (A ’otices et Extraits des nus., t. II, p. 413, trad. Deguigucs.)
Un autre géographe arabe, Ka.su lui (m. 1283), parle aussi très au long du temple indien de Soilinanit et de l’idole qu’elle renfermait (voy. Gildemeister, Scriptorum Arabum de Rebus Induis, etc., p. 205 et suiv.). Il ne donne auruu renseignement sur sa position géographique, sinon que c'est une ville de l’Inde connue de tous, située sur le littoral de la mer qui haigue ses murs : a Sômanât urhs India* omnibus nota * in litore maris, cujus (luctus eam ulluuut. »
Pattan-Somnath , comme on la nomme aujourd'hui (le mot sanskrit et marathe , pattana, signifiant m ville » et Sdmandt'lia , également sanskrit, signifiant le « maître ou seigneur de la lune », l’un des noms de Siva, auquel le temple était dédié), la ville de Sômanâl'ha est située par 20° 53' de lat. N. et l>8° 09' de long. E. , faisant partie de la graude circonscription géographique nommée Guzaràt (que l'on doit prononcer Goudjaràt), Sa population u’est pas aujour-
d'hui toute «idolâtre» ou pratiquant l'une des religions indiennes. Parmi les Hindous, les djai • ni&tes sont nombreux; les autres suivent le brahmanisme sivaïte, dont le temple le plus renommé était à Sùmanat'h. La langue de la province est en géuéral le • goudjarât'i ■ ; mais le marat'hiest plus spécialement prié à Sômanât' h. Du temps de Marc Pol , le pays formait , selon lui, un royaume indépendant. Toutefois, lorsque le fameux Mahmoud le Gaznévide s'empara de Svmandt'h, eu 1024 (voir ci-dcv., c. CLXXVin, note 1), celle ville et son territoire dépendaient du râdja ou souverain du Goudjaràl'h appelé alors par les indigènes « Sôralh ». Un écrivain arabe qui, ayant pénétre daus l’Inde à la suite de Mahmoud, y étudia la langue savante, le sanskrit, {vendant le long séjour qu’il y Gt, au point qu’il dit, dans son Tarikh-Hind ou » Histoire de l’Inde » ( dont la Société asiatique de Paris prépare une édition par les soins de M. Wtppcke, qui l’accompagnera d’une traduction française), qu’il avait traduit du sauskrit en arabe deux ouvrages de philosophie Sànkhya, cet écrivain surnommé Al-Byrouny, prie en ces termes de la ville de Sômauât'ha (trad. de M. Rciuaud , Fragments arabes et persans inédits, relatifs à t Inde, p. III, note ) : « Soumeuat se compose des mots soum ( sdma ) ou lune, et nat ( ndtha ) ou maître, ce qui équivaut à maître de la lune. Les Indiens avaient élevé, sur la partie la plus avancée de la côte de Soumenat, à uu peu moins de trois milles à l’ouest de l’embouchure de Sarasvati, et à l'orient du château de Baraoua , une pierre en forme de cône qui représentait les prîtes naturelles de Siva, et qu'on nommait eu conséquence le linga (phallus) de Mahadtva. Voilà ce qu’on eutend pr pierre de Soumenat. La partie supérieure était garnie d’or et de pierre* précieuses. Deux fois chaque jour, au lever el au coucher de la lune, et, d’une manière beaucoup plus marquée, deux fois chaque mois, lorsque la* lune croit ou décroît, l'eau de la mer venait baigner la pierre sous forme d'hommage. Telle
eus
Autre chose n'y a qui à conter face. Si vous dirons avant d’un autre régné qui a nom Quesivacuran.
est l’origine du titre de Soumenat donné à Siva. Le culte de Siva , continue Al-liyrouny, était très-répandu dans les contrée* situées au midi et à l’ouest de l'Indu* , et l’on voyait dans beaucoup de temples le Unga e\|K>sé à la vénération du peuple. Mais le linga de Soumenat jouissait d'un crédit beaucoup plus grand ; tous le* jdurs on lui offrait de l'eau du Gange et de* fleurs de Cachemire. Cette figure, dans l'opinion de* Indiens, guérissait les maladie* chroniques et les autres maux pour lesquels il n'existe pas de remède naturel. Une circonstance qui augmenta l'affluence des étrangers, ce fut la position de Soumenat. Celte ville serrait de point de relâche aux navires qui se rendaient de Sofala, sur le* côtes d'Afrique, dans la Chine. Lorsque Mahmoud le Gaznév ide prit Soumenat (en 1024), la pierre fut mise en pièces; Mahmoud fit enlever la partie supérieure, et l'emporta à Gazna, sa capitale. On en fit deux morceaux ; un morceau fut placé dans le maydon (l'hippodrome) de Gazna, avec l’idole de Tancscr, et l'autre morceau servit de marchepied à l'entrée de la grande mosquée. •
L'historien persan de l’Inde mahométane, Férir lit ah, donne plus de détails sur cette expédition de Mahmoud deGhaznah. 11 dit (d'après le colonel Briggs, trad. angl., t. 1, p. 00) que • Mahmoud, ayant atteint Somnat après une marche facile, pendant laquelle il n’avait rencontré aucune opposition, vit des fortifications sur une étroite péninsule , battue de trois côtés par la mer, et sur les murs crénelés desquelles apparaissait une grande, multitude de gens armé* ; ceuxci, faisant faire un signal à un héraut d’approcher, ils lui signifièrent que leur grande idole, Somnat , avait attiré U les Mahomrlnns pour 1rs anéaulir en un instant et venger ainsi la destruction qu'ils avaient faite des dieux de l’Inde. Le lendemain matin, les troupes mahométane*, ■. avançant près des murs, commencèrent l'assaut. I^es créneaux furent en un instant nettoyés de monde par les archers, et les Hindous, étonnés et découragés, se précipitèrent en foule dans le irmplty et, se prosternant en pleurs devant leur idole, implorèrent son assistance. Les mahomé-
tans, ayant saisi l'opportunité, appliquèrent aussitôt leurs échelles et escaladèrent les murs en criant de toutes leurs forces : Allahakbar , • Dieu est très-grand !% Ix*s Hindous, poussés par le désespoir, retournèrent à la défense de leurs fortifications, et firent une si vigoureuse résistance que le* mahométans, ne pouvant conserver leur position et accablés de fatigue, reculèrent de tou* les côtés, et furent enfin obligés de se retirer. » Pendant deux jours consécutifs les assauts furent renouvelés de la part des troupes de Mahmoud, et toujours sans succès. Le troisième jour, des troupes hindoues, conduites par des princes indiens, étant venues au secours de Ia place. Mahmoud leur présenta la bataille, qui s'engagea avec une grande fureur de part et d’autre. Les troupes musulmanes pliaient devant les nouveaux renforts des troupes hindoues, lorsque Mahmoud, s’en étant aperçu, sauta en bas de son cheval, si* prosterna le front contre terre en invoquant Allah. Il remonta ensuite à cheval, et, prenant par la main un de scs généraux , Circassien d'origine. Aboul-Hassan, ils marchèrent tous deux à l’ennemi. Cette action électrisa les troupes mahométane», qui s'élancèrent à la suite de leur chef, enfoncèrent les lignes de l’armée ennemie, et laissèrent cinq mille Hindous morts sur le champ de bataille.
Mahmoud entra dans Somnat, que les troupes hindoues avaient abandonné après la perte de la bataille. « En approchant du temple, dit Férichtah, il vit un édifice superbe bâti en pierres artisleiuent taillées. Sa voûte élevée était supportée par cinquante-six colonnes curieusement sculptées et ornées de pierres précieuses. Dans le centre de l’édifice était Somnat ( Sôma-ndi'ha )t une idole de pierre de quinze pieds de hauteur, dont six étaient engagés dans le sol. le sultan, s'approchant de l'idole et élevant sa massue, lui abattit le nez. Il ordonna que l'on partageât l'idole en deux fragments, envoyés ensuite à Ghaznah , afin que l'une des parties fût placée à l'entrée de la mosquée, pour être constamment foulée aux pieds, et l'autre dans la cour de son propre palais. »
Parmi les dépouilles du temple, dit le meme