‹ Le livre de Marco PoloChapitre 284 sur 357 · CXCI. — • Plus puissant que lui · texte numérisé non relu

CXCI. — • Plus puissant que lui

CXCI.— (I) oi^lü Kc/liàt , comme ce nom est écrit dam Ihn-Hatoiitah et dans Nielmhr. C’est actuellement encore une ville et un jvort d’Arabie, situé daus l’Oraàn, sur une rivière du même nom, à son entrée dans le golfe d’Onnus, et à 80 milles sud-est de Maskat. Mais elle n'est plus aujourd’hui ce qu’elle était du temps de Mare Pol. Wcllstcd, qui l’a visitée de nos jours, l’a trouvée couverte de nombreuses ruines témoignant encore de sa splendeur passée. C’est là le sort qui attend toutes les places maritimes qui ne vivent que de commerce, lorsque ce commerce se retire d’elles pour prendre une autre direction ; on en citerait des milliers d’exemples. Ibn Ratoutah, qui la visita en 1341, en parle ainsi {t'oyait cités , t. Il, p. 21h ; traduction accompagnée du texte arabe, de MM. Defréiucry et Sanguinctli) : « Nous arrivâmes (de l’île de Ma&sirah) à Ralliât, où nous entrâmes dans un étal d’extrême souffrance. 1-a ville de Ralliât est située sur le littoral ; elle possède de beaux marchés, une des plus jolies mosquées qu’on puisse voir, et dont les murailles sont recouvertes de faïence colorée de Ràchàn, qui ressemble au zélidj. Celte mosquée est très-élevée ; elle domine la mer et le port. J’ai mangé a Ralliât du poisson tel que je n'en ai mangé dans aucun autre pays ; je le préférais à toute sorte de viandes. Les habitants le

font rôtir sur des feuilles d’arbre, le mettent sur du riz et le mangent ; quant à ec dernier, il leur est apporté de l’Inde. Ralliât est habité par des marchands qui tirent leur subsistance de ce qui leur arrive par la mer de l’Inde, lorsqu'un navire aborde chez eux, ils se réjouissent beaucoup. Rien qu’ils soient Arabes, ils ne parlent point un langage correct. Apres chaque phrase qu’ils prononcent, ils ont l'habitude d’ajouter la particule non (comme les Belges vous sarez, ou sacez-i’ous .*). Ils disent , par exemple : « Tu « manges, non; tu marches, non; tu fais telle - chose, non. » La plupart sont schismatiques, mais ils ne peuvent pratiquer ostensiblement leur croyance , car ils sont sous l'autorité du sultan Rothb-eddinTemrhtrn(Tehemten), roi de Hormouz, qui fait partie de la communion orthodoxe. •

Ihn-Ratoutah confirme, dans cette dernière phrase, le dire de Marc Pol, dans ce chapitre même, - et si sont souz Hormes -, comme il a bien soin de nous dire, en parlant de Dufar et d’Escier, que ces villes étaient soumises au « Soudan d'Aden. - C’est une observation qu'il a faite, au reste, constamment dans le cours de son Livre, lorsqu'il parle d’une ville ou d’une province* en informant son lecteur du prince ou du souverain auquel elle se trouvait soumise.

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