‹ Le livre de Marco PoloChapitre 285 sur 357 · CHAPITRE CXC · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXC

chans leur aporteut atoules leurs nefs. Et si y a moult grant port et moult bon. Et si y vient aussi moult de marchandise d'Inde atout les nefs ; car de ceste cité s’espant 7 puis en pluseurs cités et chast eaux. Et porte l’en aussi de ce port moult de bons destriers arrabis 2 3 en Ynde. Et sachiez, que de ceste cité et des autres, si comme je vous ai conté, va, chascun an, si grant quantité de chevaus par les isles, que c’est merveilles ; et c’est pour ce que 4 il n'y en naist nul. Et d’autre part, quant il sont là venu “ il y muerent tantost 5, pour la male garde; car il ne les sevent garder; et leur donnent à mengier viandes cuites et toutes autres choses, si comme je vous ai autrefois conté ci arriérés appertement ; et si n’ont aussi nul mareschal de chevaus (a).

Ceste cité deCalatu siet sus’ la bouche d'un golf; si que nulle nef n’y puet entrer ne issir6, sans leur volenté. Et quant le Melic des Hormes qui est aussi le Melic de Calatu, lequel est souz le Soudan de Querman(3), apaourde son seigneurie Soudan deQuertnan, si entre es nefs des Hormes, et s'en vient à Calatu, et ne laisse passer nulle nef au golf ; si que le soudai) de Quermau en a trop grant domage, pour ce qu’il pert " le droit des marchans qui venoient en sa terre, d’Inde et d’autre part 8, car il y eu vient inoult grant quantité de

*» Ces quatre roots manquent dans le ms. A. — * Ms. B. si est sur.

* Se répand. — 3 Chevaux de guerre arabes. — 4 Parce que. — 5 Aussitôt . — 6 Sortir. — 7 Perd. — * Le texte français de la S. G. diffère ici sensiblement du nôtre. Il porte (p. a{5) : « Et si voz di qe ceste cité est sus la boche e à l'entrer dou gof de Calatu, si qe « nulle nés ne i poil entrere ne osir sanz lor volunté, e mantes foies en a le melic de ceste

■ cite graut par {sic) dou Soudan de Cremain cui il est soulpost : car quand cel soudait

• inet aucu {sic) da»io {impôt, tribut) au melic de Curinos ou aucun autre de sez firers

■ (probablement impositions, du latin ferirr ) et cesti ne le velent douer, e le Soudan hi

• tramest hosl {envoie là une armée ) por elz efforcer, il se partent {le melic et ses gens) de « Cormes et entreut en né» e s’en vienent à ceste cite de Catalu et iluec demorent et

• ne laissent passer nulle ués dont le soldan de Cremain en a trop grant domajes, et por « ce convient qe il face pès {paix) au melic dou Curmos, e ne li toit ( prenne ) pas tant « monoie con {comme) il li demandoit. ■

(2) Voir précédemment, p. 614-615.

(3) Le souverain du Keruian, ancienne Car-

man/e, province actuelle de la Perse, bornée au

sud par le détroit d'Oruius, qui en est la ville principale, et à l’est par le Brloulchistàn et le Caboul. V. précédemment le cb. XXXiv, p. 72.

na vie d atout leur marchandises ; de quoi il reçoit moult grans droiz ; si li que à force li convient faire ce que le Melic des Hormes vcult (4). Encore a, cellui Melic", un autre sien chasteau' qui est aussi fort et plus que la cité de Calatu, et mieux seigneury * en l’entrée de cel golf de Calatu.

Les gens de celle contrée vivent de datlies et de poisson salé ; car il en ont en grant quantité , mais les seigneurs naenguent “ meilleurs viandes.

Autre chose n’y a qui à conter face ' . Si irons avant , et vous dirons de la cité des Hormes dont autrefois vous ai conté ci arriérés (5).

Page 1