CHAPITRE CXCV
Ce que le grant h'ann disl du danuige que Ca'idu son neveu ti fait.
Sachiez que le grant Kaan avoit grant ire de ce que Caïdu son neveu li doumageoit sa gent et sa terre ; et dist que, ce ne fust ce que il est de sa char, et son neveu, et de son sanc de l'emperial lignicek; si que pour ce sa char le destraignoit que, en toutes maniérés il le feroit destruire, et lui et sa terre, se lui meisme deust aler sus lui. Car sachiez que se il eust voulu, il ne peust 1 eschaper des mains son oncle le grant Kaan ; mais il le laissoit pour l’achoison 3 de parenté. Si que en ceste maniéré eschappa ' le roy Caïdu des mains au grand Kaan son oncle.
CXCV. — “Ce chapitre manque dans le m». C. — b Ms. À. hngnire. — c Ms. A. «chapoit.
CXCV. — ‘ Ae retenait, le contraignait à user envers lui île ménagements. — • N’eut pu. — 3 L’occasion .
note 1, p. 137), ou que du moins s’il n’y résida pas en persoune, comme le dit Marc Pol, celte ville, ainsi que son territoire, firent constant, ment partie de l'apanage des descendants de bjaghnlaï ; cet apanage, du temps de Khaïdou, était considéré comme tlé (tendant des possessions de ce dernier prince, qui du reste, comme ou l'a vu ci-dessus, se rendit maître plusieurs fois du territoire des petits-fils de Djaghalaï.
Cependant le Turkistàn était resté sous une certaine dépendance à l'égard de Khoubilaï Khaàn , qui était considéré comme le « chef de tous les princes mongols apanagés descendants de Dchiughis-khaân », lesquels étaient obligés, selon le l'asid ou Code de ce conquérant, de lui demander leur investiture; et Al>aka, fils aîné et successeur de lloulagou sur le trône de Perse, dont il sera question ci-après , s'était conformé à cette loi,; mais Khaidou avait refusé de reconnaître cette suzeraineté.
L'apanage de Borac et ceux de ses frères, de la branche de Trhagataï, étaient dans le pays de Tchaganian, au sud-est de Samarkand. > Caïdou et Borac, dit D'Ohsson ( Histoire des Mongols , I. III, p. 427), étaient convenus de se partager 1rs habitants de Samarcand et de BokhAra,et
de posséder, l'un et l’autre, des fabriques dans ces deux villes. Ils fixèrent les districts où les hordes soumises à Borac auraient leurs quartiers d'Iuver et leurs quartiers d’été. Caïdou fit cantonner une division de ses troupes entre le territoire occupé par celles de Borac et la ville de Bokhara, pour empêcher que ce dernier n’y commit des exactions ; mais comme il fut, peu après, obligé de retirer ses troupes pour faire face à une armée envoyée contre lui par Mangoutimour, successeur de Berçai (dans le Ôecbtkyptehak), Borac profita de cette occasion pour se rendre maître de Bokhara. * Vastaf. Conférer ce qui est dit de Borak ou Darac. et de Bokhara, au chap. ut, p. 9, notes.
On voit par ce qui précède que Khaïdou possédait au moins une partie du Turkistàn, et que Marc Pol ne s’est pas trompé en l'appelant - roi de la grant Turquie -. S'il n’en était pas le seul roi nominal, il en était bien le seul roi effectif.
Nous avons dit (p. 142, note 2) que les possessions de- Khaïdou s’arrêtaient, du cété de l’est, aux limites de l'aucien royaume de Kdchghar, où commençait le vaste empire de Khoubilaï Khaàn ; nous croyons avoir exprimé la vérité à cet égard.