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CHAPITRE CXCYII

ceust domage de ses hommes, et grant quantité de gen/. à cheval, de l’« Arbre sec» jusques au fluii de Jou (a). Et illec demouroit Argon atout son ost. Oravint que le royCaïdu assembla grant quantité de gens, et en fist chevetaine un sien frere qu’en appeloit Barac qui moult estoit preudoms et sages. Et envoia son ost avec son frere pour combatre contre Argon [3).

(2) Ce fiun de Jon , Djihoun , était,

comme nous l'avons déjà (ait remarquer , le « fleuve Djihou », Amou-déria, et Oxus, qui prend sa source dans les monts situés entre l'empire chinois et le TurkistAn, traverse la Boukharic du S.-E. au N.-O., et il se jette dans le lac Aral ; mais il avait autrefois son embouchure dans la mer Caspienne.

Quaut à Y Arbre sec, nous renvoyons le lecteur à ce que nous eu avons dit dans ce Livre, au chapitre xxxix, p. 95, note 2. Nous n'avons rien à rétracter de ce que nous y avons avancé. Ce que dit ièi Marc Pol, que l'armée envoyée par AbAgA contre Kbaidou, sous la conduite de son Gis Arghoun, occupa le territoire qui

s'étendait, depuis Y Arbre tee jusqu'au fleuve Jon, ou Gihon, conforme de la manière la plus inattendue la détermination que nous avons faite alors de la véritable situation de Y Arbre sec, qu’aucun des commentateurs de Marc Pol n'a su reconnaître, aussi bien que le plus grand nombre des lieux qu'il a décrits.

(3) Cette guerre entre Kauiou et

Çj. \j3 Uardk , d'une part, et UîLji Abdkd ou

AbAgA, de l'autre, dont Marc Pol ne fixe pas la date, eut lieu en 1270 de notre ère. Voici comment elle est racontée par D'Ohason (Hist. des Mongols, Amsterd., 1852 (1834), t. III, p. 430 et stiiv.), d'après les historiens persans Rachided-din et Vassaf, contemporains de Marc Pol :

- Les princes Caïdou, Mangou-timour et Borac, naguère ennemis (Borac n’était pas le frère, comme le dit Marc Pol, mais le cousin de Khaîdou), se réunirent au printemps de 1269 dans les prairies de Talas (à l’est du fleuve Sihoun) et de Coundjouc. Ils passèrent en fêles les sept premiers jours ; le huitième, ils parlèrent d’affaires. Ou arrêta dans ce Couriltaï (mot mongol qui signifie « assemblée de princes de cette na-

tion »), que Borac garderait les deux tiers de la Transoxiane; que le reste appartiendrait à Mangou-timour et A Caïdou ; et comme Borac se plaignait de l'insuffisance de son territoire pour la subsistance de ses hordes, il fut convenu qu'au printemps suivant (en 1270), ce prince passerait le Djihoun, pour tenter la conquête du Khorassan, qui serait réuni à ses domaines. Caïdou, ennemi d ’ Abaca, avait applaudi à ce projet mis eu avant par Borac, et, ne demandant pas mieux que de le voir occupé du cùté de l’ouest, il lui promit des troupes pour l’exécution de son dessein. Les princes, considérant d’ailleurs que la Transoxiane était ruinée, que les champs étaient en grande partie incultes, s'engagèrent à n’habiter que les steppes et les montagnes, à ne pas lAcher leur bétail dans les terres ensemeucées, à ne pas approcher des villes, à n’exiger des habitants aucune taxe extraordinaire. Ils jurèrent d’observer fidèlement cette convention, et, suivant l’usage, ils mirent de l’or dans la boisson qu'ils burent pour confirmer ce serment.

« Mass'oud Bey fut chargé par les trois souvevains alliés de parcourir la Transoxiane, afin d’y réparer les maux de la guerre (que ces trois souverains s’étaient faite eutre eux), de réunir les habitants dispersés, de donner des encouragements à l’agriculture ; mais Borac uc lui laissa pas le temps d'avaucer l'exécution de cette œuvre bienfaisante. Il reuouvela ses extorsions, pillant les habitants et enlevant leurs chevaux et leur bétail pour son expédition en Perse. Enfin Mass’oud Bey lui représenta qu'il ruinait son pays pour une conquête incertaine, et que, s’il éprouvait des revers qui le forçassent à la retraite, il ne trouverait plus dans la Transoxiane les ressources dont il aurait besoin pour réparer les pertes de son armée. Irrité de ces avis, Borac fit appliquer à Mass'oud sept coups de bâton ; mais, lorsque sa colère fut apaisée, il reconnut

Barac se parti atout son ost et tant erra qu’il vint jusques au flun de Jon; et furent prèsd’Argon a .x. (dix) milles. Quant Ar-

que crt administrateur avait raison, et renonça à ses mesures de violence.

« A la fm de l'aimée 12(îB, lorsque Itorac eut conçu (pour la première fois) le projet de s'emparer du Kborassan, Mass’oud Bejr avait été envoyé par lui et par Caïdou à la cour d’Abaca, qui passait l'hiver dans le Mamidéran, avec la mission apparente de reviser les comptes de» revenus des domaines appartenant à ces deux princes,' dans les £tats d'Abaca, et de resserrer les liens de l'amitié qui existait entre eux ; mais avec l’ordre secret de se procurer les renseignements dont les deux princes avaient besoin, pour l’expédition qu'ils méditaient. Lorsque Mass oud Bey fut prés de la résidence d’Alwea, les généraux de ce prince et son visir Srhems-ud-din allèrent à sa rencontre ; ce dernier, tout grand personnage qu’il était, mit pied à terre et baisa f étrier de Mass’oud Bey, qui lui dit avec dédain : ■ C’est « toi qui es le chef du Divan? ta renommée vaut « mieux que ta personne. » Le vézir dissimula son ressentiment de cette apostrophe. Abaca lit revêtir l'ambassadeur de la tunique de Tchinguiz- Khan, et le fit asseoir au-dessus de tous ses généraux, excepté le noyau (mot mongol qui signifie un chef de dix mille hommes, prince, grand émir) llga. 11 ordonna que l'état demandé par Mass’oud fût prêt au bout de huit jours. Mass’oud ne l’eut pas plutôt reçu qu’il partit. On apprit vingt-quatre heures après que drs troupes s’étaient montrées sur l'autre rive du Djihouu. Al*aca s’aperçut alors que cet ambassadeur n’était venu que pour observer; il fit courir apres lui ; mais Mass’oud avait eu U précaution de placer à chaque relais un homme de confiance avec deux chevaux, et déjà il traversait le fleuve, lorsque les gens expédiés à sa poursuite atteignirent la rive du Djihoun. * — Hachid.

• Caïdou avait envoyé l’ordre aux princes Ahmed Bouri, Nikbey Ogotil et Yalgou, de passer le Djiliouo, au gué de Termed ; aux princes Tchahad, (ils de lloiicouret petit- (ils de Gayouk-khan, Mnbarek-schah et Kiptchak, de le passer avec Itorac à A mou ; à Gutuk Alchouï ie grand et à Baïnal, de le passer à khiva ; à Gueiik Alchouï le petit, de traverser le fleuve à Ming-kischlag

(c'étaient sans doute ces princes qui furent convoqués, en 1280, au carrousel dont il est question dans le chapitre précédent). Ils devaient tous se réunir au-delà du Djihoun, et se tenir aux ordres de Itorac. »

Après quelques défections des princes qui faisaient partie de l’armée commandée par ce dernier, il passa le Djihoun sur un pout de bateaux, établit sou camp près de Merv, puis marcha sur le Kborassan dont il occupa la plus grande partie. Il prit ses quartiers à Talecau. Ses troupes occupèrent Nirhabour et saccagèrent cette ville. Il fit lever de fortes contributions en argent, eu armes et en bétail dans la province d'Hérat.

« Cependant Abaca, continue D’ühsson ( lieu cité, p. -H 2), était parti de l'Azerbaïdjan le 28 avril (de l’année 1270); c'était le temps de la moisson ; il défendit sévèrement à scs troupes de loucher aux épis, » tant ce prince, ajoute Rasehid, était juste -. Il fut joint à Schéroubaz, lieu que les Mongols appelaient Coungcour-oulang, par Meka-bey (') , ambassadeur de l'empereur Coubilaï qui avait été retenu par Borac, mais s’e» tait évadé. Il put donner des renseignements sur la situation de l'armée ennemie. Abaca pressa sa marche. Son frère Buutchiu, qui, après avoir été battu près de Hérat par l'avant-garde de Borac, s’était replié sur le Mazrndéran, vint avec Argoun Aca et lladjadj , sultan du Kerman, le trouver dans le Coumiia. Abaca s'av ança vers Tlious et encouragea ses troupes par des promesses et une distribution d'argent. Du Badghiss, il envoya un officier à Borac pour lui proposer la paix, lui offrant la cession des provinces de Ghaznin et de Kerman. Borac n'accepta pas cette proposition. Il demanda à son astrologue si la position des astres lui était propice; celui-ci lui ayant conseillé d’attendre encore un mois, Djclaïrtaï, qui s'aperçut de l'impression de celte réponse sur l’rsprit de Borac, dit en Imuillonnant de colère : « El» ! ■ que nous importe que les astres soient ou non « propices? A tiendrons-nous que l'ennemi vienne

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