‹ Le livre de Marco PoloChapitre 32 sur 357 · CHAPITRE CXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXVI

Ci dis I de la province de Gaindu.

Gaindu est une province vers ponent(i), et n’y a que un roy. Il sont idolastres" et sont au grant Kaan. Il y a citez et cbasteausb assez.

* Ms.C. fors seu/lement ces provinces. — 1 Mss. A. B. Ce mot manque dans le ms. C. (zrdans le cours de ce livre, quand l’occasion s’est présentée). — u Ms. C. de lui; et est son homme (vassal) et son parent, et de son emperial lignie. — T Le ms. C. ajoute : en notre livre. CXVI. ■ Mss. A. C. ydres. — *' Ms. A. chastiaus.

CXV. — 1 Sommairement. — * S’il n’est pas dit spécialement qu’elles sont au grant kaan.

(6) Marc Pol,en terminant ce chapitre, résume ce qu’il a bieu eu soin (le dire chaque fois qu’il l’a cru nécessaire pour inspirer à ses lecteurs une haute idée de la grande puissance de Khouhitai Khaân, que telle et telle province dont il parle appartient à ce souverain mongol, qui possédait le plus grand empire de la terre. El en effet , toutes les régions de l’Asie décrites par notre voyageur, à quelques exceptions près, étaient placées sous sa domination ou sous celle de ses parents, dont il était le suzerain.

CXVI. — (1) Voici encore un de ces noms ethnographiques de Mare Pol, à propos duquel scs éditeurs et commentateurs sont le plus en désaccord. Marsden croit (n. 814) que « la ville qu’il convient le mieux d’assimiler à Gaindu est Young-ning-loit, qui est située sur la rive occidentale du Yodottog-kiang, à environ 28* de latitude; ou bien, à cause de la ressemblance du son, Li-kiang-ton , ville peu éloignée de la première, mais située sur la rive occidentale du Kin-cha-tiong. a Os noms sont pris sur la carte

Il ont un lac là où l'en treuve perles' ; niais le grant Kaanne veult (|ue l’en les en traie, pour ce que s’il en faisoit tant traire 1 comme

c Ms. A. pelles.

CXVl. — * Extraire, pécher.

du Tibet de d’ An ville, et appartiennent : le premier à la province de Sse-tchouan, et le second à relie du Yûn-nàn. De plus, ces villes sont toutes deux situées à l’«f et non à Y ouest des provinces que Marc Pol vient de décrire. L’opinion de Marsden ne repose donc sur aucune espèce de raison. Cela n’a pas empécbé quelques commentateurs de Marc Pol , venus «pria Marsden , de s’approprier sans scrupule cette même opinion, et de la donner comme leur, avec ce ton affirmatif que prend souvent la science d'emprunt.

Italdclli Boni, après beaucoup de raisonnements, se rallie à l’opinion de Marsden , qu'il croit pleinement justifiée (// MiHone , etc., t. II, p. 256-7). Neumann, dans l’édition allemande de Marc Pol, par Bürck (p. 627, sur la note 336 de Ritter), dit que « sous le nom de Kaindu , c’est à-dire: capitale du pays de Kaiu, Marc Pol a décrit cette région montagneuse placée entre le Bengale, l'Arm can et Cassay, habitée par des tribus indigènes nommées Kayn ou Chien. » Enfin klaprotb, dans ses Remarques géographiques sur certaines provinces de la Chine décrites par Marc Pol, dit (Xouv. Journal asiat ., février 1828, p. 109) : « On ne peut méconnaître dans la description du Caindu la partie septentrionale du pajs des Birmans ou d’Ava. La ville de Caindu est celle que les auteurs chinois du temps de la dynastie mongole appelhut Kiang lheou. Elle n’était qu’à dix journées de la frontière sudouest du Yun ndn. Je crois que c’est le Hentha des cartes de l'empire des Birmans , situé par 22° 55' de latitude, près de la gauche de ITrawaddy, et un peu plus éloigné du grand lac lé an do kando. »

On en est à se demander si ces auteurs ont bien lu le voyageur qu'ils commentaient. Marc Pol nous dit, eu terminant son chapitre duTibet, qu’il va quitter cette province pour parler de celle de Caindu. Et il entre immédiatement en matière dans le chapitre suivant, en disant que « Caindu est une prorince vers ponent, et qu’il

« n’y a qu’un roi. » Si, en quittant le Tibet, il avait été obligé de parcourir plusieurs degrés de latitude pour arriver à cette même province, il n'aurait pus manqué de le dire. !)c plus , ou ne comprend pas comment Klaprotb a pu faire faite à Marc Pol une longue pointe jusqu’au milieu de l'empire Birman ou d’Ava, pour y décrire sou royaume de Caindu (lorsque, dans les chapitres suivants, il va nous y conduire pour décrire cc pays en détail), et cela pour nous ramener sur nos pas dans le chapitre qui suit, afin de nous faire connaître des pays situés dans la prorinec actuelle du Y un ndn.

La province de Caindu, cependant, était dans sa main, sous scs yeux. L’extrait qu’il donne du Journal du gouvernement de Calcutta, du 13 février 1827, aurait du le faire changer d'opinion. On y lit ( Mémoires , etc., t. III, p. 411-412) : « Le Dihong est formé par deux branches ; l’une vient de l’est et a sa source dans le pays de Khana Dcba , à peu près sous 94° 40’ de longitude E. et 29* de latitude N. ; elle coule à l'ouest jusqu’à environ 93°, où elle se joiut à la branche occidentale venant de Lassa, et forme le Dihong, appelé aussi dans relieq: Lassa tchombo (rivière de Lassa) , et Kong Kong. Dans son passage à travers les montagnes, elle n'est pas navigable, à cause des nombreux rapides. A peu près par 28° 40' N. et 92° 20' E., il y a un grand lae, que C on dit situé dans le pays des Chendou i il donne naissance à une rivière nommée De-mo-cha, qui coule à l’est. «

Il n’est pas douteux que ce pays des Chendou ne soit la province de Caindu de Marc l’ol , d’autant plus que ce pays réunit toutes les conditions nécessaires pour répondre à la description qu’en fait notre voyageur. Il possède le lac dont il parle; il est sur la ligne directe de la route de U/assa, capitale dti Tibet, à la province du Ytinndnt dans la partie méridionale de laquelle se trouve celle de Curaîan dont il est question dans le chapitre suivant. De plus, en rcjclaut aussi

Page 1