‹ Le livre de Marco PoloChapitre 33 sur 357 · CHAPITRE CXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXVI

on en pourroit traire de leans"1, car moult en y a, on en trairoit tant, qu’elles seraient tenues pour trop viles ", et n’en auraient

d Ms. C. laie ns (là). — * Mss. A. B. villes .

les assertions erronées de Klaproth, déjà combattues en 1826 dans le Quarterly oriental Magazine (Calcutta, décembre 1826, p. 179 et suiv.), et plus récemment dans le bel ouvrage du capitaine Yule : Mission to the Court of A va (1 vol. in-4°, 1858, p. 356 et suiv.), qui soutenait que l’Irawady était le même fleuve que le Yarou-dzangbo tc/tou des Tibétains, et le Tà kin chd kiànç , ou « Grand lieuse au\ sables d'or » des Chinois (tandis que les nombreux affluents qui forment son cours prenuent naissance dans les montagnes de Khamti , entre les 27° et 28° de latitude nord et 95° de longitude), on s'explique pourquoi Marc Pol ne parle que d’un grand fleuve qu’il eut à traverser, après dix journées de marche , des frontières du Tilrct , avant de pénétrer dans la province de Catalan, située dans le sud du Yiin-ndn ; et ce fleuve, qu’il

appelle Brins , ne peut être que le 3k jx Sott-k/âtig, là où il traverse le pays des Nou-i, ou Barbares Nou ; le ÿ j| ^ ^ J Lou-kiang, un

peu plus bas, à partir de ces tribus, depuis son entrée dans la province de Ydn-nàn jusqu’à sa sortie (voir Tai thsing i thoung te ht, k. 304 , Carte de ladite province) ; puis ensuite, entrant dans le fxxo (ou Lawas), le pays des nombreuses tribus Karein , il va se perdre dans le golfe de Martaban. l,e nom de Brins (au lieu de Brins , comme on a lu jusqu'ici, le u et le n étant difficiles à distinguer dans les manuscrits gothiques) est le même que le mot Mrath (pron. Mbratz ), qui est le nom générique des fleuves et rivières dans la langue des Birmans, et que l’on prononce aussi daus certaines localités Mrath. Voir A Dictionary of the Barman ianguage, by A. Judson. Calcutta, 1826, sub voce. Il est employé dans le même sens que le mot kiàng en chinois, qui signifie en général fleuve, et spécialement le grand fleuve Yang-tic-kiàng , qui prend sa source dans le Tibet.

Dans le cas dont il s’agit , le mot Brins de Marc Pol ne désigne pas le fleuve Irawady, qui

prend sa source, comme nous l’avons dit, dans les montagues de Khamti, mais un autre plus à l'est, portant dans la langue du pays le nom de Mbratz (ou Brins ) , et traverse aussi le royaume de Mien ou l’empire Birman actuel. (Voir le Ying hoan tchi iio, ou •• Description des États étrangers », par S in, ancien vice-roi du Fo-kien, publié en Chine en 1848, k. 1, fol. 23.) Mais ce fleuve, dont l'cmbouchurc , sur la carte de Siu, porte le nom de .Xou-kiang klieou, » bouches du Xou-kiang, » n’est pas la continuation du Erou (ou Yarou) dsangbo (chou, qui prend sa source dans le Tibet occidental, par 79° 35' de longitude E. et 30° de latitude N., d’après les autorités chinoises citées ; lequel Eiou dsangbo tchou est bien véritablement, contrairement aux assertions de Klaproth ( Mémoires relatifs à t Asie, t. III, p. 370 et suiv.) , daus toute l’étendue du Tibet, et jusqu’à son entrée dans le pays d'Assam, la grande tète du Brahmap ouïra, et non de Y Irawady. Le volume des eaux du premier de ces fleuves, comparé à celui de l’Irawady, en est d’ailleurs une preuve éclatante.

C'est au fleuve Brins que , selon Marc Pol , finissait la province de Gaindu, après un parcours, pour lui, de dix journées de marche à cheval, depuis son départ du Tibet. Il dut suivre la vallée du Yarou dsangbo, et arriver à l’extrémité orientale du royaume d’Assam (qui devait faire partie de la province de Gaindu), dont les productions naturelles ressemblent beaucoup à celles de la province de Gaindu dont parle notre voyageur ; on recueille de l’or eu quantité dans les nombreux affinent s du Brahma- pou/ra ; le pays produit diverses espèces de grains : le gingembre, etc. On trouve dans ses moutagnes l’animal qui produit le musc ; il est à présumer que les ours, les tigres et les daims de la province de Gaindu se trouvent également dans les moutagnes (lesquels , comme l'animal porte-musc, seraient, pensons-nous, difficiles à rencontrer sous le 23° de latitude, aux bords de l'Irawady, là où Klaproth plaçait le pays de Gaindu f). Mais Par»

aussi comme néant Mais quant il en veulent, si en fait on traire pour lui * à sa volenté tant comme il veult. Mais nul autre n’y porroil 11 traire qui ne fust destruit de maintenant

Encore y a une montaigne en laquelle l’en treuve une maniéré de pierre que l’en appelle turquoise, qui sont moult belles [pierres ’], et en y a grant quantité. Mais le grant sire ne les en laisse traire 3 , fors par son commandement. Et vous di que en ceste province a une coustume telle comme je vous dirai. C’est de leur moulliersJ que il ne tiennent1 pas à vilennie se un forestier4 ou un autre homme les honnisse 5 de leur femmes, ou de leur filles, ou de leur seror', ou d’aucune femme, s’il l'ont en leur maison ; mais ont à grant bien quant l’en gist avec elles. Et dicnt 6 que pour ce, leur fait leurs dieux et leurs idoles mieux ”, et leur donnent des choses temporelles" assez à grant foison. Et pour ce font il si grant largesce de leur famés aus forestiers4 et as antres genz° comme je vous dirai. Car quant il voient que un forestier veult herbergier 7, chascun est desirrant p de recevoir le en son hostel’. Et de maintenant que il est herbergie 8, le seigneur de l'hostel ist hors tautost 9 de l'hostel, et commande que au forestier soit faite sa volenté à

f Ms. C. et ne ï'auldrotent noient (rien).— 8 Ms. A. li. — • h Ms. B. nuis autres n’y /fourraient. — * Ms. C. — i Mss. A. C. moilliers (femmes, de multer). — k Ms. A. treuvent. — 1 Ms. B. serours ; ms. C. suer (sœurs, de soror ). — m Ms. A. leur diex et leur ydres miex. — ° ld. temporiex. — ° Ces derniers mots manquent dans le ms. B. — V Ms. G si liez et joyculx. — *1 Ms. A. os tel.

* Immédiatement , aussitôt. Le Ms. C. porte : du corps. — 3 Extraire. — 4 Etranger. — s Deshonore. — ® Disent. — 7 Loger. — 8 Logé. — 9 Sort aussitôt.

buste que Marc Pol décrit ■ ayant des feuilles « comme le laurier , plus longues toutefois et n plus étroites, dont la fleur est blanche et petite « comme celle du giroflier , » est évidemment l’arbuste à thé, qui croit naturellement dans l’Assam, le long drs rivières ; on l’y a rencontré croissant ainsi dans le haut et bas Assam, et maintenant on y a apporté de Chine des plants de chois, dont la culture a pris, depuis quelques années, une grande extension.

Ainsi la culture du thé a produit dans l'Assam :

En 1840,

5,000 kilogrammes.

En 1841 ,

id.

En 1850,

id.

En 1858,

id.

Et la consommation de ce thé a été, en Angleterre, eu 1800, de Si, 000, 000 de kilogrammes. On a reconnu que la zone culturale du meilleur thé, en Chine et dans l’Assam , était entre le 25° et le 28" parallèles.

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