CXIX. — (1) On lit dans le j\ L
Tdrikhi Khatdy, ou . « Histoire (sommaire) de la Chine, • par Béiiakéti (public par A. Muller, sous le nom d'Abd-allah Bcidawi, Kranrf., 1695; fol. 1 1 du texte persan, et là de la traductiou latine): « Inter Khataiam et Kara-Gang terrarum ampli « sunt trac tus. Singulæque Rr gibtu suis gaudent. « Ex his omnibus regio est, uki consuetudine re-
■ crpla,f/Vrt/rj anreis thecis m union t. Quasedru-
■ tes removeut. Omnes vero provinciæ ilia* hoc m tempore ll-Kaani suut. »
Le uoui douné par Marc Pol au pays en question : Zardandan , est la traductiou fidèle en langue persane, familière à Marc Pol, des mots chinois K in idti , ■ dents d’or », en per-
san Zar-dandan , servant à qualifier les habitants de celte contrée, par suite de l’usage signalé cidessus par Bénakéti, d’après Raclùd-ed-diu.
On lit dans les Annales Mongoles ( Ynen-sse, k. 61, fol. 26-27) :« Direction du piiotkctiôji
« ET D'kXTBSSIO* des Krt TCIll, [Denis d’or) « ET autres LIEUX. Le territoire qu’elle com- » prenait est situé au sud-ouest de Ta-ti, limité « par le Ldn tfuang kidng; il touche, à l’Est, au « territoire de Mien ; à l’Ouest, au Tou-mân « (barbares indigènes), formant en tout huit tri- « bus, c’est-à-dire: lu les Kin - tc/ii (-dents « d’or ») ; 2° les Pi * (ou « Barbares blancs -) ; « 3® les Pih ; 4® les Gâ Ic/idng ; 5° les Pido « (» chevaux rapides ») ; 6° les Kiai (« porteurs « de vieux habits •); 7° les Khiü-ld; 8* les Pi sou. > Ou remarque dans les historiens des Thàng
■ que les Bari>ares Mang-cbe ( Mang-che Man), « étaient originairement la tribu orientale des « Kiouan, réunie au midi de Young-tchang, et « qui ne demeurait dans aucune ville ni fau- « bourg. Les uns avaient les denu vernies [tsiih
• /c/fi), les autres les avaient dorées ( kin tchî). « C’est pourquoi on avait l’habitude de les âpre peler Bar bar et à dents d'or (■ kin te ht mdn ••). « Depuis la connaissance que l'on en eut sous » les Han (au commencement de notre ère), Ica « Barbares du Sud-Ouest (Si-ndn i) n’entretin- » rent plus de communication avec l’empire du
• milieu. Sous les Thàng s’éleva la famille « Malin g , du Mdntchdo (ou- royaume du Midi-); « leur roi Ut-méou, chercha à détruire ou à « soumettre les nombreuses tribus des Mdn , et « à en enlever les hommes de force, pour peu-
• pler les coutrées du midi, de l’est et du nord
■ de ses états. S’étant emparé de leur territoire, « il s’avança jusqu'à la moulaguc Thsing-chl,
cité si a nom Vocian (3). T .es gens de cesle contrée si ont toutes les dcns b dorées ; c’cst que cliascun a couvertes ses dens d’or; car il font une forme d'or faite en la maniéré de leur denz et cueuvrent * leur denz de celle fourme (4) ; et aussi les denz desseure comme
h Ce mol manque clans le ms. A. Le ms. B. porle : tiens couvertes rfor; le ms C. tiens dorez. — c Ms. B. Le ms. A. porte : trruvent ; et le ms. C. couvrent.
» sur la frontière de Mien. Tous ces territoires r dépendirent alors de Ta-U jusqu'au temps de
* Thwàn ( T/tu'drt chl) où les Pi-i (les ■ Üarba-
■ res blancs •>), et tous les Màn, recouvrèrent « peu à peu leur territoire. C’est pourquoi le r pays fut ensuite occupé successivement par les r Dents tT or (Ain tchi) et tous les Màn. (Voir r aussi Taï thsing i th. tch., k. 322, fol. 14 T.)
« La quatrième année Hien-isotutg des Yuen « (en 1254), l'armée mongole soumit Ta-fit et « envahit successivement les Barliares blancs « (WW) et les autres l>arbares Màn. Au com- « mencement des années ichoung ton» g (|2G0), r les Tchou yeou , chefs des Dents d'or et de* « Barbares Mânes (Pi-i), envoyèrent chacun « leurs fils à la cour pour y porter de* tributs. « Eu 1201, on y établit une« Direction de paci -
■ fication » pour tout le pays. En 1271, on di- « visa le territoire des Dents d’or (■< Kiti tchi -) « et des Barbares blancs (■ Pé i •) pour en for- « mer deux « Circuits » (loù) . ayant à leur tète « des envoyés, pour maintenir ls paix, l'un de r l'Est , et l'autre de l'Ouest. En 1265, on « changea le - Circuit » de l'Ouest pour en faire le « Circuit • de Bien ning ; le « Circuit de l'Est », r devint le «Circuit de Tchin ken g ». En 1268, « on changea les « Directions de pacification » « (gàn fou), pour en faire des » Directions <f ex- « tension (siotian /oit), et on établit six - Cir-
• cuits », ayant une administration propre. En « 1276, on supprima les deux « Circuits» ayant r chacun uuc Direction tC extension , et ou les r fit rentrer dans la r Direction <f extension des r pays des Dents d’or ( Ktn tchi) et de Ta li. » (V. aussi le Taî thsing i thoung tchi, k. 322 v.)
Le pays des Zardaudan, ou Dents d ' or, est ainsi déterminé d'une manière non douteuse.
(2) La Géographie impériale énumère, dans ce département de Yoùng-tchàng , sept monasnaslères bouddhiques , dont trou, celui de la
« clarté de la Loi » (Fd mïng ssê), celui du « joyau de la Loi - (Fà pào ssê) , et celui des •> bienfaits de rétribution ■ (pào ngdn ssê), furent fondés par la famille régnante des Moüng, au huitième ou neuvième siède de notre ère. Il y a donc beaucoup de bouddhistes ; ce sont ceux que Marc Pol appelle toujours idolâtres, parce qu’ils ont de nombreuses idoles dans leurs temples.
(3) ^jrj^ j~j Yoûng tchàng , chef-lieu du département actuel de ce nom, province du Yün~ nân. Lat. 25° 04' 48" ; long. E., 97° 05' 55". Cette ville portait ce nom dès avant notre ère. Plus anciennemcul c'était le royaume de Gailâo. L'empereur Wou-ti des Han (Ho ans av. J.-C.) en lit le district de Pou wei, dépendant de la principauté de Y-fcbêou. En 58 de notre ère, l'empereur Ming-ti, qui introduisit le bouddhisme de l'Inde en Chine, y établit le gouvernement de la principauté de Young tchang... Au commencement de la dynastie des Thang (618), ce fut le territoire de la principauté Yao tebéou dans le Yün nân. Ensuite ce furent les populations Moüng qui occupèrent ce pays.
(4) On a vu parles détails donnés dans la note 1 , que ce fait singulier est parfaitement constaté. Le passage de l’historien persan Bénakéti, dont l’ouvrage est un abrégé de Rachid-ed-dîn, confirme la particularité, indiquée par Marc Pol, que c'étaient des feuilles ou lamelles d'or mobiles, en forme d'étui, dont les habitants se servaient pour couvrir leurs dents ; ce qui leur avait fait donner le nom de - Dents d'or » (ktn tchi, en chinois, cl Zardandan en persan (de zar « or », et dandàn, « dents »).
La Géographie impériale dit (k. 322, fol. 5 v.) que les habitants de ce pays sont généreux et pleins de droiture ; décents et distingués dans leurs vêtements. Les hommes, ajoutc-l-ellr, se livrent aux travaux du labourage et à la culture
CUAP1TRE CX1X.
celles dessouz. d. Et ce sont les hommes et non pas les femmes * ; car les hommes sont tuit chevaliers selonc leur usage; et ne font riens fors que aler en l’ost et aler chacier et oiscler. I-es dames font toutes les choses, et leur esclaz ' qu’il ont conquesté d’autre part ; et leurs femmes font toutes les besoingnes.
Et quant leurs femmes ont enfanté, si lavent l’enfant et l’enveloppent en draps, et de maintenant se lieve 1 et va faire son service; et le mari entre ou lit et tient l’enfant avec lui et gist ainssi .il. jours ; et touz ceus, amis et pareils, le viennent veoir. fit li font grant joie et grant soulaz. Et ce font il pour ce que il dient 3 que la femme a enduré grant travail ; si est raison que l'homme ‘ sucfïrc aussi sa part (5).
J Ms. B. cl aussi bien les dens de dessoubz comme ceu/x de dessus. — « Ms». A. C. /«mes. — f Ms. C. esclaves. — K Id. le mary.