‹ Le livre de Marco PoloChapitre 41 sur 357 · CXIX. — 1 A la guerre. — * Se lève l’accouchée. — J Disent · texte numérisé non relu

CXIX. — 1 A la guerre. — * Se lève l’accouchée. — J Disent

des mûriers ; les femmes au tissage des étoffes. Leurs mœurs, comme on le voit, ont bien changé depuis l'époque de Marc Pol, sous l'influence de la civilisation chiuoise.

(5) On lit dans une Notice sur les Miao-Ue , faite par un voyageur chinois , traduite et pu. bliée dans le Chinese Repository (t. XIV, p. 1 1 4) : - La tribu Lang-tse des Miao, qui habite dans « le territoire de Wei-ning (province de Kouti-

• tcheou, frontière du Ydn-nén) a une coutume « très-singulière. Aussitôt qu’elle a accouché, la « femme s'eu va travailler dans les champs, pré- « pare le riz qu'elle ofTre à sou mari, et allaite

• son enfant. Lorsqu’un mois s’est écoulé , le « mari sort alors pour la première fois. » C'est le même fait observé par Marc Pol, longtemps, avant le voyageur chinois. Cette coutume, quelque bizarre et singulière quelle soit, n'eu a pas moins été signalée comme en usage dans plusieurs contrées, par des auteurs anciens cl modernes. Strabon, entre autres, l’attribue à cet laines populations de l' Espagne : [l'uvaîxe;] ytupYoÿ^riv autai , Ttxovaaf tc ôtaxovoôac toi; àvfipa-jiv, èxÉtvou; àvO’ iaviTwv xaraxXîvaaar £v Tt toï; tpyoi; xoXXâxi; Ttxtoyai xai Xoûooot xai <rx* p- Yavoûor* ànoxXiva-jai npô; ti (5cï6pov. « [Mulie- « res] cuira agros colunt, et cura pepererunt, suo

m foco viros decttmbere jubent, iisque Ulinislrant : « intrrque operandum sarpenumero pariant et « infantes lavant et involvunt ad alveum alicujus « amuis arrimantes. * (Strabon, édit. Didot, p. 137.) Diodore de Sicile fait aussi mention de la même coutume chez les habitants de la Corse : llapaîoÇôva’rov fi’ iorl itap’ aC-Toï; tô yivoiievov xata va; tüv vtxvaiv yevéett;. "Otav ^àp é, ywVi •r^x-ç, xaôrri; p.èv où^ipia yvvexat nzpl Xoytic tv iitip.iXtux, à £ àvr,p aôtti; àvairEoàiv w; VQsiâv Xo/îviTat Taxtâc ^pipa;, ti>; toü omjki- •to; ttûtei xaxoxa^oôvxo;. « Insolrn» apud eos •» qunm maxime est, quod circa lilieroruin para tus accidil. Nam nuilieris enixae nul la in pucr- « perio cura geritur ; sed maritus cjus , velut « léger decumhens et corpus male affcctum ha- « lien», puer perte vice per certos aliquot Mes in a leclo deenmbit. (Diodore de Sicile, édit. Didot, p. 2G2.)

On trouve aussi cette coutume racontée dans la jolie nouvelle du treizième siècle intitulée Ancasiin et Ni Colette, publiée par MM. L. Motand et C. d’Hèricaull, dans la collection Jannet (p. 200 et suiv.) : ■ 11 (Aucassin) prent congié « as marreans, et cil le conmanderent à Diu. « 11 monte sor son ccval s’es pce çninte, s’amie « devant lui, et erra tant qu’il vint el castel.

Il menjuent lotîtes chars crues et cuites, et menjuent ris avec chars cuites selonc leur usage. Il boivent vin que il font de ris, avec espices, moult bon. El leur monnoie est d’or. Et encore despendent aussi les porcelainnes 4. Et si vous di que il donnent .i. pois d’or pour .v. pois d’argent b ; et c’est pour ce qu'il n'ont nulle argentiere 5 a plus de .v. mois de chemin. Et pour ce y viennent li marchant qui leur aportent moult d’argent, et le gaaingnent et changent avec ceste monnoie; et leur donnent .v. pois d’argent pour .t. pois de fin or. Et, en ce, gaaingnent moult les marchans et en traient 6 grant profit de ceste province pour ce change (6).

Ces genz n’ont vdoles1 ne églises, mais aourent " le plus grant de la maison et dient 8 que de cestui sommes nous issus (7). Il n’ont

'• Ms. B. pour .vij. pois; ms. C. pour .v. pois. — * Ms. A. ydres ne yglisrs; ms. C. n'ont nul/rs ydales ne milles Eglises.

* Us font aussi usage de coquillages ou cauris. — 5 Mine (V argent. — 6 Retirent. — 7 Ils adorent. — 8 Disent .

« Il demande ù li Rois rstoit, et on li dist qu'il « gisioit (f enfent.

• E ù est dont se feume?

« Et on li dist qu’eleest en l'ost, et si y a voit

• mené tox ciax du pais. Et Auca&sins l’oï, si li « vint à grand mcrvelle, et vint au palais et des- « cendi entre lui et sa raie, et ele tint son ceval, « et il monta u palais l’espée çainle, et erra tant

• qu’il vint en le canbre ù li Rois gisoit. —

• Or se eante ;

En le cambre entre Aucaulns ,

Li cor toi» et li gentil ;

Il rat venir» duiqt.e an lit A 1er à li Roi» k gitt;

Par livrant lui l'arcatlt.

Si parla ; oH, que din :

— Diva I (an, qwe fala-tu rl F — Dut U Rnia ; J» gU d’an fil.

Quant mes mou aéra rompit*

Et gr tarai bien gaiit.

Dont irai te mette rir.

Si rom mes aneimor fiti ,

Et me grant guerre eabaudlr Encontre me* anémia, iVrt léi-rmi mi-e

• Quant Auca&sins oï ensi le Roi parler, il « prist tox (tous) les dras qui sor lui estaient, ai « les boula aval le canbre. Il vit derrière lui un f hast on. 11 le prist, si tome, si fierl (frappe), si

• le bâti tam que mort le dut avoir. — Ha ! biax

« sire, fait li Rois, que me demandés vos ? Avés n vos le sens dervé (perdu le sens), qui en me « maison me halés?

— m Bar le cuer Dut ! fait Auca&sins, malvais « fixa putain, je vos ocirai se vos ne m'afiés(ju-

■ rex) que jamais bom en vos 1ère d’enfant ne « gerra.

• Il li afie, et quant il li ot afié :

— •< Sire, fuit Aucasins, or me menés là ù vos-

■ Ire femme est en l'ost.

— « Sire, volentiers, fait li Rois. »

(6) Selon la section géographique de l'bistoire de* Han postérieurs, on trouverait de l’or dans toute la partie méridionale de ce pays. Selon d'autres autorités plus récentes, citées dans la Géographie impériale (k. 320, fol. 31), on trouverait du Sable d or dans les eaux du iMn-thsang , lequel sable, étant lavé, donne de l'or. Il fallait qu’à l’époque de Marc Pol, ce métal frit trèsabondant pour que les habitants l’échangeassent contre cinq fois seulement son poids d’argent. Aussi l'affluence des courtiers ou marchands d'or y était nombreuse. Ou trouve aussi le thé dans certaine montague de Young tchang.

(7) Si les habitants de ce pays n’avaient pas de temples à l’époque de Marc Pol, ils avaient

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