CHAPITRE CXX
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pour seigneur, si connue il fist puis1; car il en list roy Sentemour qui lil/. esloit à son fil/. , qui mors estoit. Or avint que le roy de Mien et de Itangala qui moult estoit puissant roys de
* Depuis.
» de Y o lu ig tehaiig de» Yuen. UGoumnNr de
- la province du Yûn nd/i envoya des troupes pour
- la combattre. L'armée du roi de Mien ayant
- été battue, ce roi abandonna plus de cent fort» «.qu’il avait fait construire sur des hauteurs pour « sa défense, et se relira. »
Sous l’année 1282 on lit (k. 98, fol. & v) :
« An printemps, à la deuxième lune, on envoya « le prince du sang (tc/idu-ani/ig) Siang-ta-ou- « eurk ( Siangtaour ) combattre Mien. Dans le * commencement Xâ-tsé-sü-ting (Nacir-ud-din)t
- étant de retour de Mien , avait dit avoir ap-
- pris d’une manière certaine que ce royaume « était plein de richesses et qu’il pouvait être •• conquis. Par suite de cette communication, •• Tai-f>oü fut fait • Ministre de la droite •> ; « Ye-kan-ti-kin fut fait « Ministre rapporteur « ,
- et on ordonna au prinre du sang Siang-ta-cur « de prendre le commandement de l'armée expé-
- ditionnaire pour aller de nouveau comlwdtre « le royaume de Mien. ■
Les mêmes faits sout rapportés dans le Son Thoûng kian kang mou (k. 23, fol. ' v*).
Enfin, à l’année 1783, on Ht (k. 98, fol. 7 v°): « Gette*aimée le prince du sang des Ytten, Siang- « ta-our, et d’autres généraux, prireut d’assaut « la ville fortifiée de Kiàng - théoti (dans le « royaume de Mien). Ils envoyèrent des exprès « pour sommer le roi du royaume de se sou- « mettre. l>?roi du royaume s’y refusa. Ilsseta- « (dirent alors devant Tai-koting, la ville capim taie aussi fortifiée, dont ils s'emparèrent, ainsi « que des troupes de la garnison, et des officiers o du gouvernement. •
Les mêmes faits sont rapportés dans le Son T/ioùng kian kang mou (k. 23, fol. I l v*). Seulement il y est dit de, plus que, par suite de la prise de ces deux principales villes du royaume de Mien, par l’armée mougole, douze tribus des barbares du sud-ouest de la Chine se soumirent.
Les éditeurs chinois du dernier ouvragr cité font sur l’un des paragraphes précédruls (anm-e 1282), sons le titre significatif de Réflexions ins.
trudives (fa mtng ) (*), des réflexions qui ne manquent pas d'une certaine justesse. « U* fils du Ciel,
« disent-ils, punit, mais il ne fait pas la guerre « injustement. Les petits princes vassaux font la « guerre , mais il* n’ont pas le droit de puuir.
■ Pourquoi aller ravager un pays sur un simple •« rapport ? Mien n’avait point commis de fautes. n Ceux qui sont appelé» les « délégués impériaux »
■ (l/iiéii ssè , litt. délégués célestes ou du Ciel), n lorsqu'il* en sont investis, accomplissent h* « mandat impérial (t/tién min g) qui défend l’op- « pression et la violence (kin pâo) tout en pres- « crivantde réprimer les troubles (tchoù lottdn). h On ne doit point , lorsque les troubles ou le* « révolte.* ont cessé, faire usage désarmés...
« Maintenant Mien qui est une presqu'île ma- « rilime, et un petit Etat 1 ►arbitre, dans l’ori- « gine n’avait fait aucun mal. Aller le combattre « et le ravager ne peut pas être considéré comme « un fait glorieux; et, d’un autre côté, se dispen-
* ser de porter la guerre dans un pays ne peut n pus être considéré comme un déshonneur. Chili tsou (khoubilai) crut aux paroles de Xa-tse-sun ting (Mcir-ed-din) ; c’est pour cela qu’il or- « donna qu’une armée serait envoyée dans le
• royaume de Mien. Oh ! ne suffirait- il pas que « les délégués du souverain se bornassent à ar- « complir le mandat impérial dont ils ont été « revêtus , et ue punissent pas sur de simples » rapports ? Mien n’était certainement pas rou-
■ fiable ; il n'avait pas donné lieu à être puni, »
Ces Annales chinoises (qui, si elles étaient
traduites intégralement et sans y ajouter des fleurs de rhétorique comme le P. Mailla cl autre», formeraient plus de vingt volumes in-quarto, en petit texte), sont ainsi remplies à chaque page de pareilles réflexions. Et cependant l’éilition que nous possédons a été publiée ru 1707 , sou» la direction et par l’ordre de l’Empereur Khangdii. On voit par là que l’histoire, en Chine, a plus de
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terre et de trésor et de "en/. ; et cestui n’estoit encore sou/ ' le grant Kaan ; mais puis ne démolira paires de temps que le grant Kaan les conques ta, et li toli l' andeus les royaumes* que je vous ai ci dessus nomme/. Et cest roy de Mien et de Bangala quant il sot 3 que l'ost du grant Kaan esloit à Vocian si dist à soi meismes que il esloit maistre J ; et que, il maistre, tnettroit à mort tout l’ost du grant Kaan ; à ce que jamais n’eust volenté* d’envoier illec son ost.
Si fist' cel rov de maintenant grant appareil de genz et d’armes. Et vous dirai comment il ot^ .ij.m. (2,000) oliffans 5 moult grans; et fist faire sus chascun un chasteau de fust 6 moult bien fait et fort, pour combatre. Et en chascun cbastel avoit jusques à .xij. ou
CXX. — a Ms. B. soubs ; m. C. dessouhz. — b Ms. B. lui tofli. — c Ms. C. Ions les deux royaumes. — ** Id. mestre. — « Ms. B. C. voulente. — f Manque dans le ms. A.
3 Sut. — l Eut. — 5 Éléphants. — 6 l)e lads.
lilHTlè dans ses allures qu'on ne le pense généralement eu Kurope.
Il résulte des passages de l'histoire chinoise, que nous avons traduits ci-dessus, que la guerre et le combat des troupes mongoles avec celles du roi de Mien ou d’Ava, dont parle Marc Pol, doivent $e rapporter à l’invasion que fit le roi de Mien du pays de Yoùng tchàng (Vocian) , k une é|M>que qui n’est point précisée, mais qui est dite être antérieure à la quatorzième année de la période Ichi youan, correspondant à l'année 1277 , et non, comme les commentateurs de Marc Pol l'ont généralement pensé, à l'expédition mongole dans le royaume de Mien , mentionnée par Ganbil et Mailla sous l'année 1283. lui date de 1272, donnée par Marc Pol, peut donc bien ne pas être erronée, d'autant plus que celle date se rapporte, comme il est dit dans le texte, à Y envoi de troupes dans le royaume de Vocian et de C.araïan, pour préserver ce pays des attaques du roi de Mien , et non à Y invasion de Mien par l’armée mongole, qui n’eut lieu, sur les rapports dr K’açir-ed-din, qu’en 1283- Déplus la bataille racontée par Marc Pol eut lieu, comme il le dit, avant l'envoi, dans le pays de Vocian, du petit-fil* de khoubilai-khaAn. Esrntemonr,
qui fut nommé vice-roi de ce pays, en 1280 seulement, comme on l'a vu précédemment (ch. civil, note 1). La date donnée par nos mss. se rapproche donc beaucoup de la date véritable, si elle n’est pas celte date même. Celle de 1282 du texte latin de Gry meus, reproduit par A. Muller, ne peut pas être admise.
C’est donc à tort que les anciens copistes ont donné pour titre à ce chapitre : « Comment le n grant Kaan conquesta les royaumes de Mien « et de Bangala, » lorsqu’il n’est question, dans le texte de Marc Pol, que d'une victoire remportée, dans la province chiuoise de Vocian, ou Y o un g tchang , sur les troupes du roi île Mien et du Bengale. Le titre du même chapitre est plus exact dans l’ancienne version latine de la Société de Géographie qui porte : De pratlio ma g no quod fuit inter Tartaros et regem Mien, et de vidoria Tartarorum. C’est aussi à tort que le texte italien de Ramusio porte à lu fui du récit de la bataille de Yoeian : - Questa giornata « fu causa ehe il Gran Cau acquitté tulle le terre » del re di Bangala, e Mien, e le sottomisc al suo •• Impero. «Cette conquête (de Mien seulement, et non du Bengale] n'eut lieu que plusieurs années après.