‹ Le livre de Marco PoloChapitre 47 sur 357 · CHAPITRE CXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXI

Ci dix! de la bataille qui fu entre l’ost et le sénéchal au grant Kaan et le roy

de Mien.

Et quant le chevetaine 1 de l'ost des Tatars sot 1 certainement * que ce roy lui venoit seure à si grant getit, si douta pour ce qu'il n’avoit que .xij.in. (ta, 000) hommes à cheval. Mais, sans faille, il estoit moult vaillant homme d’armes et sages et acostumez d’armes et de bataille et moult bons chevetaine d'ost 3 ; et avoit nom Nescraidin k (1). Il ordeua 0 moult et amonesta bien bien sa gent, et

tt Ms. B. en le régné; ms. C. au régné.

CXXI. — a Ms. C. de certain. — •* Ms. C. Le ms. A. Diescrardtn ; It* ms. Aesc radin.

— c Mss. B. C. ordonna.

1 Préparatifs. — 8 Aucun retard. — î» Aussitôt. — 80 F.n campagne. — *• Sans incidents

qui méritent (T être racontés, — ** Alors. — Camp.

CXXI. — • Chef, capitaine de f armée. — » Sut. — 3 Chef d'armée.

CXXI. — (I) Ce nom du chef de l'année mongole s’écrit en arabe jJl j+c\j JVâçr el din, que l’on prononce ordinairement Aafir eddin (- l'appui , le soutien de la religion ••). L'auteur du Supplément à C Histoire des Mongols de Chine, intitulée Sou Iloûng liait loti, qui donne une Notice sur ce personnage (k. 38,

fol. T), dit que celui qui portait ce nom (qu'il écrit : Aa-su-la-ting, ou Nasreding, en prononçant comme on doit le faire dans la transcription chinoise tics noms exotiques), était d’une terre étrangère, cl qu'il avait assisté avec son père Maho-mouh (Mahmoud) au siège célèbre de Sidngyàng (dont il sera question plus loin, ch; cxly).

bien pourchassa 4 de delTendre son ost et soi; car il avoil moult bonnes genz d’armes o soi'1. Et pour quoi vous eu ferions lonc compte? Sachiez que l'ost des Ta la rs s’en vindrent tuit ensemble .xij.m. à cheval bien montez, au plain de Vocian, à lor anemis*. Et illec les attendoient à la bataille (a). Et ce lirent il par graut sens et par Ixm chevetaine (pie il avoient ; car de jouste 1 ce plain avoit un bois moult grant et moult plain d’arbres. En tel maniéré attendoient, les Tatars, leur anemis* en ce plain.

Or laissons un poi ’ à parler des Tatars, car bien y retournerons prochainement; et parlons de leur anemis*.

*' Ml, B. /il •ec soi; ms. C. avec lui. — • Mas. B. C. leurs ennemis. — f Ms. C. en rosie. — s Mm. B. C. un pou.

•* Prit tous les moyens.

où il s’était acquis beaucoup de gloire. Il avait Ulic grande renommée comme général. On a vu dans le» note» précédentes que ce fut sur son rapport, rédigé uns doute à la suite de celle bataille, que Khoubilaï résolut de faire la conquête de Mien.

(2) Selon les Annales de la dynastie mongole ( Yuen-sse , k. Gl, fol. 26 et iuiv,), la ville de Yoùng-tchàng , le t'ocian de Marc Pol, n’était qu'un chef-lieu de département {fou ) qu'habitait l'ancienne tribu nombreuse des Moûng, répandue encore aujourd’hui dans la partie méridionale <ie la province chinoise du Yùn-ndn, sur les frontières du Tibet, dans l’empire Birman, à Siain, et dans la partie septentrionale de la Corhinrbiue. Les Moûng ou Mou g se sont répandus même jusque dans le Pegou , qui est aujourd’hui une possession anglaise, dont ils forment l'ancienne population, et dans les provinces du Martaban. Us se donnent à eux-mêmes le uoui de Mon ; mais leurs voisins les appellent Talim, " originaires de Ta~fi », dans le Yiïn-tiàn ; ce qui constate pleinement leur identité. Leur langue diffère complètement de celle des Birmans et des Siamois.

Selon (‘autorité chinoise citée (fol. 25), les deux départements de Yoùng-tchàng et de Th en gl chou» y (aujourd’hui Theng-yuc-tchéou, » arrondissement » dépendant de la j réfeclure de Y<’ûng

h tin g), formaient uue colonie militaire ( kiun min ihun lien), composée de 22,105 couples. Les Annales ne disent pas à quelle époque celte colonie fut établie ; mais il est à présumer que ce fut après l’envoi des troupes par Khoubilaï , dans cette province, en 1772 (dont a parlé Mare Pol, dans le rhapitre précédent), pour la protéger contre les incursions du roi de Mien. Ces faits sont d'une concordance surprenante avec le réril de Marc Pol.

La puissante tribu des Moûng de Yoùngtchàng et de l'ancien royaume de Ta-H, que l'on nommait, sous les Thàng , « Royaume du Midi», Afin ichào, a donné des rois à celui de Siam, lesquels rois, du moins, ont pris le titre de ic/tad ou ehéo , pour indiquer leur origine ou leur descendance. En 1257, le gouvernement mongol d'Ogodai établit dans l'ancienne ville fortifiée des Moûng {Moûng cite Iching) de l'arrondissement de Moûng-hoa, un • commandement militaire » de mille hommes ( [tsiên-hou ) qui dépendait du « commandement militaire » de dix mille hommes (ivch hoii) de Ta-H. {Yuen sse, k. 61, fol. 25 v.). Une branche de celle grande tribu, celle des l.o-lo, habitait autrefois dans l'arrondissement de Tchad du Yiin-iiàn ; c’était l’un des dix • arrondissements •• {kien, dans la langue de ces tribus) du royaume des Moûng (lb., fol. 26). Elles se rattachent toutes à celles de Miao-tsc.

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